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Josué 5, v. 10 à 12 2 Corinthiens 5, v. 14 à 6, v. 2 Luc 15, v. 1 à 3 & v. 11à 32Dimanche 21 mars 2004 Pasteur Éric TROCMÉ, Caen (14) Textes : Josué 5, v. 10 à 12 2 Corinthiens 5, v. 14 à 6, v. 2 Luc 15, v. 1 à 3 & v. 11à 32 4e dimanche du Carême Notes bibliques 1/ Quelques remarques - La revue Lire et dire, études exégétiques en vue de la prédication (Case postale 68, CH Lausanne 21) dans son numéro 1 de 2004, propose une étude, en vue du temps de la Passion, de ce même texte (Luc 15/11-32, la parabole du père viscérophagique, commentée par le pasteur p. Genton). Cette revue propose également plusieurs pistes de prédications. On s’y reportera (ou s’y abonnera) avec profit. De ce commentaire, nous tirons quelques remarques bibliques stimulantes au regard d’un texte particulièrement connu : - 15/12. (donne-moi la part de bien, et le père leur partagea son avoir, TOB). Le grec emploie deux mots : le premier « le bien » renvoie à la notion de capital, de biens fonciers, patrimoniaux ou numéraires, le second désigne des « moyens de vivre » plus essentiels. Le passage d’un mot à l’autre est un déplacement de la sphère juridique à la sphère existentielle et théologique. - 15/17 (rentrant en lui-même) : l’expression induit l’idée d’une préparation à la conversion, d’un retour vers Dieu. - 15/19 : « Je ne suis plus digne d’être ton fils ». L’homme n’est pas fils de Dieu de manière naturelle. - Avoir pitié : le verbe à l’origine signifiait « manger les entrailles des victimes sacrifiées ». Il est utilisé parcimonieusement dans le Nouveau Testament. Chez Luc, Jésus, le samaritain et ici le père, en sont les sujets. Jésus éprouve ce fort sentiment de déchirement, soit devant la foule lorsqu’elle est désemparée, soit devant le sort d’une personne qu’il va guérir ou exorciser. Pour éviter d’utiliser des verbes comme « avoir ou éprouver de la pitié », « éprouver de la commisération » et se mettre au risque d’introduire des valeurs moralisantes, précise le pasteur Philippe Genton, je propose l’usage d’un néologisme : le père « se dévore les entrailles », il fait donc de la « viscérophagie ». Pasteur à Caen, j’aime également assez la traduction « pris aux tripes » … A ces quelques remarques, ajoutons-en quelques-unes : - Un contexte bien particulier encadre Luc 15 : les pharisiens et les scribes trouvent que le maître a de bien mauvaises fréquentations (Luc 15/1-2), il accueille les pécheurs et mange avec eux. Trois paraboles suivent où revient comme un leitmotiv les mots « perdu et retrouvé », avec chaque fois une graduation : un sur cent, un sur dix, un sur deux. Objectifs : amener ces auditeurs murmurants à se réjouir des retrouvailles avec ce qui était perdu, à découvrir le vrai visage du père. - Les intertitres ajoutés dans les diverses traductions de la Bible induisent des manières de comprendre les passages : « le fils prodigue », « la parabole du fils retrouvé », etc. Alphonse Maillot notait que le titre le plus approprié pour cette parabole devrait être « le père aimant ». La parabole révèle en effet que le fin mot sur Dieu est qu’il est un Père aimant (cf. le Notre Père), que son projet est que ses enfants apprennent à vivre comme des frères différents, membres d’une même famille, aimés d’un même amour. - La parabole ne se termine pas. Elle reste suspendue à la décision du frère aîné (va-t-il ou non rejoindre la fête, accueillir son frère ?), elle attend la conversion du fils cadet (le frère aîné parle de son frère en disant à son père : « ton fils que voici » ; le fils cadet ne fait pas même mention de son frère). En filigrane, elle laisse à entendre que tant que les deux frères ne seront pas réconciliés, le père restera là, en attente, sortant, espérant contre toute espérance. 2/ Pistes pour une prédication. - Beaucoup de membres des Églises ont tendance à se montrer extrêmement critiques à l’égard des « distancés » qui prennent contact à l’occasion des baptêmes, des mariages, des enterrements. Ils leur reprochent de prendre l’Église pour un prestataire de services, de ne faire appel à Dieu que lorsqu’ils en ont besoin, de sacrifier au rite en se dispensant de la foi. Ce type d’appréciation nécessiterait un affinement et bien des pasteurs trouveraient à y redire. Mais plutôt que de se lancer dans une défense des fils prodigues, effectivement parfois motivés par des raisons aussi peu spirituelles que celles du cadet de la parabole, pourquoi ne pas faire l’éloge des fils aînés, pas forcément toujours très avenants, ni très imaginatifs pour organiser des fêtes entre amis, mais qui permettent à l’exploitation de perdurer, au fils cadet de trouver un lieu auquel se raccrocher ? Pourquoi ne pas saisir l’occasion pour dire merci à tous ceux qui font tellement partie des meubles que l’on en finit par considérer que ce qu’ils font est normal ? - Citons également ces lignes qui pourront en inspirer certains. Elles sont tirées du livre de Odon Vallet « L’Évangile des païens, une lecture laïque de l’Évangile de Luc », éd. Albin Michel : « Les familles monoparentales n’existaient guère au temps du Christ et il faudrait à nos livres saints une autre parabole pour dire : « Mon père que voilà était mort et il est revenu à la vie, il était perdu et il est retrouvé ». Le christianisme est, par essence, la religion du père, du « Notre Père ». Le judaïsme est plutôt la religion des patriarches, tout comme l’islam. Le christianisme ayant foi en un Dieu qui engendre un Fils, il souffre des pères qui ne donnent pas à leurs enfants le pain quotidien (la pension alimentaire), ne leur pardonnent pas leurs offenses (les écarts de conduite) et les laissent succomber à la tentation (faute des repères du père). Il reste que cette parabole de l’enfant prodigue est lue et commentée à la messe devant des assemblées de « fidèles » plus proches du fils aîné que du fils cadet, de par leur âge et par leurs actes. Il serait injuste de les culpabiliser de leur fidélité et d’oublier les vertus de la piété filiale qui est, pour Confucius, le salut de la Chine ». (…) - Pour la proposition de prédication, j’ai opté pour une présentation plus « collective », axée sur la question du vivre ensemble, et redevable pour beaucoup du livre de Michel Bertrand « Une Église avec les autres », éd. Réveil publications. Prédication 3/ Proposition de prédication Prononcée pour la première fois dans le contexte bien particulier du conflit de Jésus avec les Pharisiens et les tenants d’une volonté de Dieu lourde, rigide, ennuyeuse et déconnectée du réel, les paraboles sont venues par la suite rencontrer d’autres contextes pour à nouveau les stimuler, les provoquer, leur offrir des directions et des actions possibles. Ainsi, dans les années 80, l’Évangile de Luc se rédige-t-il dans le cadre de communautés missionnaires composées de personnes qui sont d’origine extrêmement diverse, juives, païennes, émigrées, esclaves … Les habitudes alimentaires et vestimentaires divergent, les riches côtoient les pauvres, et la question qui se pose est celle du vivre ensemble. Comment vivre ensemble ? Comment mettre en place ce qui sera un jour l’une des devises de la République : la fraternité ? Vingt siècles après la question reste posée et c’est le premier point que nous permet d’aborder la parabole, en mettant en scène deux frères, deux personnages dans lesquels il nous est facile de nous projeter. Ce mot de « frère » est important, essentiel. Il a été impulsé par la première Église pour désigner les relations nouvelles qui s’instauraient et permettaient de franchir les barrières et les séparations. Le mot, utilisé 345 fois dans le Nouveau Testament, désigne ainsi l’Église comme une grande famille où se retrouvent ceux qui viennent de tous les horizons, de toutes les séparations, de toutes les religions. Tous sont pareillement frères et sœurs, car tous peuvent appeler Dieu « Père ». L’Église va être cette grande famille concrète à l’intérieur de laquelle des hommes et des femmes qui viennent de partout se reconnaissent adoptés par un Dieu Père, sans que quiconque puisse revendiquer un statut de fils légitime. Mais la fraternité est loin de s’y vivre de manière idyllique, car l’Église, tout comme la société, se compose de personnes différentes. La Bible ne cesse d’ailleurs de nous raconter les histoires de frères et de sœurs qui se sont battus, affrontés. La fraternité, si elle est un don est une vocation est aussi un vouloir, une volonté. On devient frère, non parce que l’on se ressemble, mais par opposition, par combat, par souci de maintenir la communion. Dans la parabole, la fraternité est comme en attente. Rien n’est joué et l’on ne sait comment l’histoire va se parachever. Le fils aîné n’a rien à se reprocher côté professionnel. Familialement parlant, il n’a pas laissé tomber son père. Mais il est là, buté contre son père, endurci contre son frère, avec sa rancune, son amertume, son refus d’entrer dans la fête. Il y a en effet quelque injustice à accueillir avec de tels débordements celui qui a tout dilapidé. Ce qui est bonne nouvelle pour son frère ne l’est pas forcément pour lui. Il peut rester dehors, ressasser sa rancune. Il peut aussi réfléchir, s’habiller et rejoindre la fête. Les histoires de réconciliation sont rares dans la Bible, comme elles sont rares dans la vie. Ce qui n’empêche pas les Églises de participer, avec d’autres, à la recherche de valeurs susceptibles de façonner un nouveau vivre ensemble, une fraternité nouvelle. Mais si les Églises ont à manifester concrètement le vivre ensemble dans les relations œcuméniques, interreligieuses, en encourageant leurs membres à une action citoyenne, c’est au politique qu’il appartient de le mettre en œuvre. C’est pourquoi, nous ne saurions prendre le parti du discrédit qui aujourd’hui accable le politique et constitue une grave menace pour la démocratie. L’Église n’a pas de programme à offrir, mais il lui est possible de réhabiliter la mission politique, d’y travailler comme citoyen. Car face aux passions, aux attentes et aux peurs, c’est la politique qui peut seule construire durablement un vivre ensemble renouvelé qui nous fasse passer « de la peur de l’autre à la peur pour l’autre ». Et c’est là le second point où nous conduit la parabole, en nous invitant cette fois-ci à nous projeter dans le père. Le père au milieu de ses deux fils, le père qui sort et prend les coups. Le père qui s’avance pour parler au fils aîné, lui faire découvrir le semblable et le ressemblant au travers du différent, du dissemblable. Le père qui tente d’ouvrir le fils sage et sérieux au fils cadet, au frère plus petit. Ce frère, il est parti tenter une aventure habituelle à une époque où les difficultés étaient grandes et où il n’était pas rare d’aller tenter sa chance ailleurs, au loin. Là, il rencontre l’échec, la famine, la misère et ce manque lui fait faire un retour sur lui-même. Certes, sa déchéance ne le conduit pas à faire preuve d’une haute élévation spirituelle, « les serviteurs ont à manger et moins je n’ai rien », mais il se met en marche, il se met debout. Il part vers un endroit où manifestement, personne ne lui dira « bienvenue ». Mais l’impossible arrive. Le père, qui est resté dans son domaine, un domaine où chacun peut entrer et sortir à sa guise, court à sa rencontre. Le premier, il le reconnaît, le premier, il l’embrasse. Le père est fou de joie. Il dépasse l’indifférence humaine à reconnaître que l’autre souffre, à entendre sa plainte et à la faire entendre à d’autres. Les chrétiens ne sont en tous les cas pas les seuls à éprouver de la compassion ou de la pitié, mais à la suite de ce père, ils ont ce rôle essentiel qui consiste à rappeler que chaque être est aussi précieux qui soi-même ou que ce que l’on a de plus cher au monde. Les personnes qui dans les Églises locales sont engagées dans le travail d’accueil des réfugiés, de la lutte contre la torture, de la libération pour les malades alcooliques, de la visite, ou d’autres engagements savent bien que l’idéalisme peut être un handicap et conduire à de rudes désillusions. Mais ils ont cette mission de maintenir sans cesse ouverte cette capacité d’être indigné, pris aux tripes, face au malheur. Ils ont cette vocation de protester chaque fois qu’ils découvrent que l’on n’a pas donné sa chance à quelqu’un, ils ont ce rôle de rappeler que les institutions comme l’école, la santé ou la justice sont des lieux où l’on donne sa chance à chacun. Que chacun puisse se révéler, car on ne sait jamais tout de quelqu’un, la parabole nous le rappelle. Les chrétiens ne sauraient cependant donner des leçons péremptoires au politique, rêver d’exercer à nouveau le pouvoir et manifester leur puissance dans la société. La Parole de Dieu qui donne au chrétien la liberté de parler ne prétend pas être infaillible, ni s’imposer à tous de manière autoritaire. Ceci nous conduit au troisième point : la parabole dite du « fils prodigue » appartient au programme de français de l’éducation nationale. Elle est étudiée de manière tout à fait profane dans les établissements scolaires, c’est-à-dire dans un cadre laïque. Rappelons que nombre de protestants ont participé de manière convaincue à l’émergence de la laïcité pour deux raisons fondamentales. La première historique : la laïcité était libératrice de l’emprise d’un catholicisme dominant et intransigeant qui prétendait régenter la société. La seconde théologique : la Bible elle-même témoigne d’une laïcisation de l’univers. Seul Dieu est saint et il se révèle à nous par sa Parole. Chacun est appelé à répondre et les réponses données dans la foi ne sauraient s’imposer à tous. Le monde échappe à l’emprise de la religion. Il appartient donc aux chrétiens de refuser toute forme d’hégémonie d’une religion ou d’une Église sur la société. Aucune ne peut se poser en autorité morale ultime, aucune n’a les clés de la culture ou de la civilisation. Mais il leur appartient également d’être vigilants à l’égard de toutes les formes de religieux qui viendraient habiter l’espace laïque, découper par exemple le monde entre mauvais et bons. Dès ses débuts, le christianisme a mené combat contre la sacralisation du pouvoir et il fut pour cela considéré comme un athéisme. Toutefois, si le protestantisme est historiquement attaché à la laïcité, cela ne va pas sans poser de problème au croyant. Car s’il ne prétend pas imposer à tous ce qu’il reçoit dans la foi, ceci concerne néanmoins sa vie tout entière. La portée de la Parole de Dieu n’est pas réduite au seul domaine privé. Il y a ainsi une tension irréductible entre l’exigence laïque et une compréhension croyante du monde à laquelle le croyant ne saurait renoncer. Entre religion et société, il n’y a ni confusion ni séparation et la parole des chrétiens est légitime pour autant qu’elle n’entend pas gouverner la société, mais y exprimer une vigilance chrétienne. Et c’est là le quatrième point auquel nous sommes conduits. Un sondage datant d’octobre 2001, réalisé par la Sofres et le journal La Croix, révélait qu’à peine 8% des français lisaient la Bible et que 54% estimaient qu’il s’agit là d’un livre dépassé, en décalage avec le monde moderne. Même si la Bible ne s’est jamais autant vendue, si jamais elle n’a été aussi traduite, elle devient au fil des années un livre révéré, mais considéré comme une pièce de musée. C’est pourquoi, face à un tel défi, les Églises ne sauraient se dérober à cette responsabilité première qui est la vocation même de l’Église : annoncer l’Évangile du Père aimant, tout en sachant que l’annonce de cet Évangile se heurte aux interrogations surgies de l’existence lorsqu’elle s’affronte à l’énigme du mal, aux déchirures de la fraternité, à la maladie et à la mort. Grâce à Dieu, cette parabole retenue par la mémoire populaire, a fini par se poser dans un des Évangiles. Connue généralement sous le nom de parabole « du fils prodigue ou du fils retrouvé », il faudrait bien plutôt l’intituler « parabole du Père aimant », ce Père dont le dynamisme créateur ne vise qu’un seul objectif : que ses enfants vivent ensemble comme des frères et des sœurs dans une même famille. Cette bonne nouvelle d’un Dieu de tendresse et de compassion, nous voulons continuer à la transmettre, à la vivre, car elle conduit à la fraternité, à la citoyenneté, au débat, au respect et à la vigilance. Chacun y a sa place et sa responsabilité. C’est pourquoi dans notre intercession, nous nommons les autorités. 4/ Des textes liturgiques a/ Alain Combes (in « Sketches, Saynètes et Dialogues », éd. Réveil) propose un chœur parlé pour 9 voix reprenant une partie de la parabole. Ce chœur parlé nécessite trois groupes de trois choristes, 1,2,3 (les 3 voix du fils), côté jardin (le côté jardin est le côté droit du point de vue du choriste sur scène), 7,8,9 (les 3 voix du père et du narrateur) au centre, 4,5,6 (les voix négatives), côté cour. 7 Un homme a deux fils 8 Le plus jeune dit à son père : 1 Père donne-moi ma part d’héritage 2 donne-moi 1 donne-moi 2 donne-moi 9 Alors le père partage ses richesses entre ses deux fils 7 Quelques jours après, le plus jeune vend tout ce qu’il a reçu et il part avec l’argent dans un pays éloigné 8 Là, il se conduit mal et dépense tout ! 1 (avec gourmandise) J’ai faim ! 2 J’ai soif ! 3 Je veux tout ! 1 Je prends tout ! 2 Je dépense tout ! 1 Je peux tout ! 3 (il crie) Tout ! Tout de suite ! 1,2,3 JE SUIS LI ………………BRE ! (les trois ensemble avec effet de chute sur la voyelle « i ») Un temps 9 Quand il a tout dépensé, une grande famine arrive dans le pays et le fils commence à manquer de tout. 8 De tout ! 7 Il va travailler … 8 Travailler chez un habitant du pays 9 Cet homme l’envoie dans les champs garder les cochons 7 Le fils aimerait manger la nourriture des cochons, mais personne ne lui en donne … (ce qui suit est dit lentement, avec tristesse. Le volume va diminuendo) 1 J’ai faim … 2 J’ai soif … 3 Je n’ai plus rien … 1 Plus de force … 2 J’ai faim … 1 Soif … 3 Faim … 2 Soif … 7 Alors, le fils se met à réfléchir … 3 Je vais retourner chez mon père 2 Je vais lui dire : « Père, j’ai péché contre Dieu et contre toi » 1 Alors, il me répondra : « Tu n’as que ce que tu mérites ! » 3 JE répondrai : « Oui, je ne mérite plus d’être appelé ton fils » 2 Sûrement, il se mettra en colère 1 Me punira de ma faute 2 Me chassera 1 Je lui dirai : « prends-moi au moins comme l’un de tes ouvriers ! » (Ici, on change de style de jeu. Les choristes 4,5,6 s’avancent. Ils sont les « voix négatives » qui vont jouer la scène suivante avec moquerie et dérision) 4 (lyrique) Il part pour retourner chez son père … 5 Il arrive près de son père … 6 Le fils dit : (en gémissant) J’ai faim 6 Le père répond : 4 (grandiloquent) Tu n’as que ce que tu mérites ! 5 Pitié … 4 Tu n’as que ce que tu mérites ! 5 Pitié … 4 Tu n’as que ce que tu mérites ! 5 Pitié … 4 Dehors ! (7,8,9 se replacent au centre en faisant taire les voix négatives qui vont s’immobiliser au fond) 7 Il part pour retourner chez son père … 8 Le fils est encore loin … 9 Mais son père le voit … 8 Il court à sa rencontre … 7 Il le serre contre lui … 9 Il l’embrasse ! (un temps) 1 Père, j’ai péché contre Dieu et contre toi … 2 Je ne mérite plus … 3 D’être appelé ton fils … (un temps) 7 Vite ! Apportez le plus beau vêtement et habillez mon fils 8 Mettez-lui une bague au doigt et des sandales aux pieds ! 9 Amenez le veau gras, tuez-le et préparez-le ! 8 Mangeons et faisons la fête ! 7 Oui, mon fils qui est là, était mort et il est revenu à la vie 9 Il était perdu … 7 Et il est retrouvé 9 Il était mort … 8 Il est revenu à la Vie 9 A la vie ! b/ Deux déclarations du pardon (Antoine Nouis, in La galette et la cruche, tome 3, éd. Réveil Publications) Dieu parle de toi Dieu est un berger qui recherche une brebis Il escalade les falaises et traverse les champs. Il fouille les grottes et appelle dans les ravins. Le nom qu’il appelle, c’est le tien. Dieu est une femme qui recherche une pièce de monnaie. Il parcourt la maison et déplace les meubles. Il soulève les tapis et débarrasse les étagères. Il se couche tard et se lève tôt. La pièce qu’il cherche, c’est toi. Dieu est un père qui attend son enfant. Ses yeux sont grands ouverts pour scruter l’horizon. Il ne se lasse pas d’attendre. Quand son enfant revient, Il est touché de compassion, Il court à sa rencontre et l’embrasse. L’enfant qu’il attend, c’est toi. C’est de toi qu’il parle quand il dit : Mon enfant était mort, il est revenu à la vie ; il était perdu et il est retrouvé. Longtemps, Dieu t’a cherché, Longtemps il t’a attendu. Aujourd’hui, il t’a trouvé, son pardon est ton salut. Dieu est père Quand le fils prodigue retourne vers son père après la longue errance, il lui dit : Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils, Accepte-moi comme un de tes serviteurs. Le père ouvre ses bras, accueille l’enfant qu’il a tant attendu, et lui répond : Tu n’es pas mon serviteur, tu es mon fils bien-aimé. Dieu est un père qui accueille et qui pardonne. Aujourd’hui, il nous redit ce qu’il n’a cessé de répéter depuis le jour de notre baptême : Je t’ai appelé par ton nom depuis le commencement de ton histoire. Je t’ai formé des profondeurs de la terre et t’ai tissé dans le sein de ta mère. J’ai gravé ton nom dans la paume de ma main. Je te garde une infinie tendresse et je prends soin de toi. J’ai mis en toi toute ma joie. c/ Une liturgie de sainte cène (Antoine Nouis, La galette et la cruche, tome 1, éd. Réveil Publications) Le fils prodigue Un homme avait deux fils. L’aîné était économe et consciencieux. Le cadet était insouciant et joyeux. Un jour, le second va voir le père et lui demande sa part d’héritage. Il prend ce qui lui revient et part faire un grand voyage. Il dépense tout son argent en menant une vie facile. L’aîné, lui, reste à la maison. Il travaille aux côtés de son père, il le sert fidèlement. Le soir il ne sort pas pour ne pas dépenser d’argent. Les deux frères vont rencontrer la limite de leur attitude ; Pour le cadet, c’est le moment où, ayant épuisé son héritage, il est obligé de faire un travail infamant. Il décide alors de retourner auprès de son père, de lui demander pardon et de rester à ses côtés comme un simple serviteur. Pour l’aîné, c’est le moment où il voit son frère rentrer et où il comprend qu’il est accueilli à nouveau comme fils alors qu’il n’était plus rien. Il est en colère, il est malade de jalousie, il boude et refuse d’entrer chez son père. Les deux frères se retrouveront-ils ? L’histoire ne le dit pas. Il y en a un qui le veut de toutes ses forces, c’est le père. Quand le cadet rentre à la maison, il l’attend, il l’accueille, il se réjouit et demande aux autres de se réjouir avec lui, il prépare une fête. Quand l’aîné refuse de rentrer, il sort et va jusqu’à lui, il l’écoute, il le réconforte, il lui explique, il l’invite à participer à la fête. Le lieu de la réconciliation, il est là, c’est le repas que le père a préparé. Cantique Parmi nous, certains ressemblent plutôt au frère aîné. Ils sont fidèles et consciencieux. Ils sont dans l’Église depuis toujours. Ils y travaillent avec courage et persévérance. D’autres ressemblent plus au frère cadet. Ils sont plus insouciants et joyeux. Parfois, ils ont fait un long voyage avant de retrouver la maison du père. Mais n’y a-t-il pas en chacun de nous un peu des deux frères ? Le repas de la réconciliation est aussi une invitation aux retrouvailles entre l’aîné et le cadet qui se partagent notre maison. Institution Pendant qu’ils étaient à table, Jésus prit du pain ; et après avoir rendu grâces, il le rompit et le leur donna en disant : « Ceci est mon corps, qui est donné pour vous ; faites ceci en mémoire de moi ». De même il prit la coupe, après le repas, et la leur donna en disant : « Cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang, qui est répandu pour vous ». Prions : Comme le frère cadet lorsqu’il se retrouve dans un pays lointain, sans argent et sans ami … Comme le frère aîné lorsque chez lui, il se heurte à sa colère et à sa jalousie … Nous voulons Seigneur rentrer en nous-mêmes et écouter la vérité de notre vie. Silence Nous voici devant toi avec toutes les contradictions de nos choix et les limites de notre foi. Nous voici devant toi tels que nous sommes, sans masque et sans maquillage. Aie pitié de nous. Aujourd’hui, tu nous invites au repas. Que dans ce pain et dans ce vin que nous allons partager, nous puissions recevoir la grâce et le pardon de ton Fils Jésus-Christ, mort et ressuscité. Que ce repas nous annonce la bonne nouvelle de la réconciliation et des retrouvailles de ton royaume. Invitation Comme le père attend le fils cadet et court à sa rencontre pour l’embrasser quand il le voit revenir, comme le père attend le fils aîné et sort à sa rencontre pour l’inviter quand il ne veut pas entrer, Dieu est un Père qui nous invite aujourd’hui au repas de sa grâce. Que vous soyez le cadet, que vous soyez l’aîné ou que vous soyez les deux, venez maintenant car tout est prêt. Action de grâces Pour ton invitation malgré nos errances et nos réticences, nous te louons. Pour ta patience en face de nos lenteurs et de nos aigreurs, nous te louons. Pour ta grâce au-delà de nos fuites et de nos faillites, nous te louons. Loué sois-tu parce que tu es un Père qui attend, qui accueille et qui invite. Loué sois-tu parce que dans ce repas, tu nous montres un amour qui n’a pas de limites. Autres textes de la même catégorie
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