|
Liturgies
Notes bibliques ou théologiques
Prédications
Cantiques
|
Accueil |
Envoyer à un ami |
Version imprimable |
Augmenter la taille du texte |
Diminuer la taille du texte
Josué 5 v 10-12 (J. Alberto SOGGIN)
Texte : Josué 5/10-12
Genre : Commentaire Auteur : J. Alberto SOGGIN Source : Josué. Commentaire de l’Ancien Testament, Va. Delachaux et Niestlé, 1970 (p.60-62). La célébration de la Pâque à Gilgal (5/10-12) 10 Et les Israélites campèrent à Gilgal et célébrèrent la Pâque LE 14° JOUR DU [premier] MOIS, le soir, dans les steppes de Jéricho. 11 Et ils mangèrent des produits du sol [dès le lendemain de la Pâque], des azymes et de l'orge grillée, TOUT CE JOUR-LÀ. 12 Le jour suivant (ou : ce jour-là), après qu'ils eurent mangé des produits du sol, la manne cessa : il n'y en eut plus pour les Israélites ; mais, cette même année, ils purent manger du produit de la terre de Canaan. Dans le contexte liturgique actuel, la pratique du rite de la circoncision sur tous les incirconcis avant la célébration de la Pâque est parfaitement logique : dans Exode 12 également, la circoncision était présupposée chez tous les participants (v. 44). La qualité de membre de l'Alliance, dont la circoncision est le signe extérieur corporel qui en fait foi devant tous, est donc la condition sine qua non pour participer à la solennité israélite de la Pâque, un peu comme le baptême est, dans l'Eglise chrétienne, la condition pour participer à l'eucharistie. Les deux célébrations rappellent toutes deux, d'ailleurs, parmi les hauts faits passés de Dieu, la libération advenue. v. 10 — Le 14° jour du premier mois (c'est-à-dire le mois de 'Abîb/Nîsan = mars-avril, dans le comput de printemps) est la première pleine lune de l'année ; la Pâque a toujours été célébrée à cette date, même si la spécification n'en apparaît qu'à partir du Deutéronome (chapitre 16) et pas dans les sources les plus anciennes « Yahviste-Elohiste ». Notre passage se trouve dans un contexte deutéronomiste et nous avons vu antérieurement (cf. 4/19) que les données chronologiques des chapitres 3-5 appartiennent probablement à cette source et ne sont pas primitives : c'est, en effet, la rédaction deutéronomiste qui fait précéder la célébration de la Pâque d'une semaine préparatoire (3/2-4). La mention de la date et la combinaison de la Pâque et des Azymes, problématique à cause de l'état du texte, ne permettent pas de dater notre récit d'une époque récente, même si on en admet la rédaction deutéronomiste (cf. Kraus et de Vaux, contre Kutsch et Fohrer). C'est ici la seule fois, en dehors de l'œuvre de centralisation du culte effectuée par Josias, que nous assistons à une célébration publique de la fête, et le récit de la réforme de Josias ne manque pas de le faire remarquer, 2 Rois 23/21ss, cf. Deutéronome 16/1ss ; il n'y a aucun doute, en effet, selon Kraus, que la référence de 2 Rois 23 à l'époque des Juges doit son existence à une fête publique célébrée à Gilgal jusqu'à l'époque des Juges et puis abandonnée pour des raisons que nous ignorons, ou bien reniée par la théologie orthodoxe à cause des éléments impurs qui s'y étaient introduits. Nous maintenons donc l'ancienneté de la cérémonie tout en reconnaissant la rédaction tardive du passage. Il n'est pas nécessaire, par ailleurs, de considérer, avec Noth, la date elle-même comme deutéronomiste, puisque rien ne nous permet de supposer que la Pâque ait jamais été célébrée à une date différente. La mention des « steppes de Jéricho » semble rappeler l'usage de célébrer la fête en dehors du sanctuaire, ce qui va dans le sens de ce qui a été affirmé plus haut. Cet usage est clairement attesté dès Exode 5 où nous avons la demande adressée par Moïse à Pharaon de laisser le peuple aller célébrer une fête « au désert » ; mis à part le difficile problème de savoir laquelle des deux traditions est la plus ancienne (tout semble montrer que c'est la nôtre), il s'agit probablement d'une célébration du changement de pâturage au printemps, de la « transhumance » (Rost), souvenir de l'époque nomade chez une population sédentarisée, et que la fête de la Pâque a ensuite complètement englobé. Dans le cadre du sanctuaire de Gilgal, cet aspect archaïque de la fête a donc sans doute été longtemps conservé et, aujourd'hui encore, les Samaritains ont coutume de fêter la Pâque en campant sur le Garizim aux abords du lieu saint, en dehors de leurs habitations de Naplouse. v. 11 — La fête pastorale est réunie à la célébration agraire des premiers produits de la moisson par la consommation des azymes et d'orge grillée, la mention du qalûy restant ici un cas unique. L'enchaînement des événements n'est cependant pas très clair, textuellement parlant : dans le texte massorétique les azymes, etc… sont pour la Pâque, et les mets courants pour les jours suivants ; pour la Septante, au contraire, les azymes, etc… sont les produits du sol ; le texte massorétique nous transmet probablement un usage antique, attesté seulement localement, et se distinguant de la pratique courante reflétée par la Septante. La combinaison Pâque-Azymes est, du reste, très ancienne, même si elle n'a pas toujours existé ; elle apparaît déjà dans les passages « Yahvistes » d'Exode 12, mais elle est secondaire par rapport aux fêtes elles-mêmes. Ici, nous avons encore conscience de l'ancienne distinction, alors qu'en Exode 12 «Yahviste », les deux rites sont déjà rattachés à l'histoire sainte de l'exode, puisqu'on nous dit que les azymes et l'orge appartiennent aux « produits du sol », c'est-à-dire qu'ils sont des prémices de la Terre Sainte, premier élément de la réalisation de la promesse divine. L'orge grillée est sans doute une caractéristique propre à Gilgal. Hertzberg fait observer : « Le semi-nomade devient paysan, mais le Dieu qui a fait en sorte qu'il le devînt demeure le même ». v. 12 — Le don de la manne cesse automatiquement avec la possibilité de s'approvisionner de manière autonome dans le pays. Ce signe tangible de la providence divine (Exode 16) n'a plus de raison d'être désormais, et nous sommes passés d'une période de l'histoire sainte à une autre. Au lieu de l'aide miraculeuse dans le désert survient le miracle, d'autant plus grand qu'il est toujours à nouveau expérimenté par l'Israélite croyant (cf. Osée 2), de la récolte dès le printemps. Libre des craintes qui assujettissaient le Cananéen à cause de la faiblesse et de l'inconstance de ses dieux, l'Israélite, quand il ne se laisse pas entraîner au syncrétisme mais décide de s'appuyer sur sa tradition propre, peut regarder sereinement devant lui, sans diviniser la nature et sans la craindre. Dans la prédication deutéronomiste également, cette célébration de la première Pâque en Terre Sainte était une source de réconfort et d'espérance : tout à Gilgal témoignait de la fidélité de Dieu aux anciennes promesses, et le Deutéronomiste pouvait aussi se réclamer de cette fidélité dans sa prédication. Autres textes de la même catégorie
|
Inscription à la newsletter
Sondage
|
Cultes contemporains
Apocalypse 7 v 9-12 Jean-Daniel Wohlfahrt