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Josué 24 (David Mitrani)
Texte : Josué 24
Genre : Prédication Auteur : David MITRANI Source : Prédication pour le 27.08.2000 à Jarnac (17). "Israël servit l'Eternel pendant toute la vie de Josué et pendant toute la vie des anciens qui survécurent à Josué et qui connaissaient toute l'œuvre que l'Eternel avait faite en faveur d'Israël". Mais, comme vous le savez aussi, ça n'a pas duré plus longtemps que ça ! La phrase elle-même le laisse supposer, et il n'y a qu'à tourner la page et commencer le livre des Juges pour s'en rendre compte… Et après ? C'était il y a 32 siècles au bas mot… Oui, mais cette désobéissance, elle, a duré, elle a duré au point qu'il a fallu des rois et des prophètes, qu'il a fallu l'Exil à Babylone, qu'il a fallu… qu'il a fallu le Christ ! Longue patience de Dieu malgré les imprécations du vieux Josué, puisque, après tout, Dieu a tenu bon, là où Israël a lâché. Mais pourquoi parler de cela aujourd'hui, après plusieurs prédications sur l'évangélisation ? A cause de la liste de "Parole pour tous" ? On n'en est pas esclave, vous le savez bien ! Mais pourquoi ne pas parler un peu de ceux qui ont à évangéliser, je veux dire vous et moi ? Pourquoi ne pas parler de ce petit bout de l'Israël d'aujourd'hui que nous constituons ici, auditeurs d'une parole qui nous désigne, nous aussi, comme bénéficiaires de l'action de Dieu et moyens pour que cette action soit connue, reçue et reconnue ? Ne sommes-nous pas la descendance spirituelle d'Abraham, que même les païens appellent "le père des croyants" ? N'avons-nous pas été libérés de l'esclavage du péché et de la mort ? Tel était bien l'esprit des exhortations de Josué à ceux qui étaient entrés dans la Terre Promise. Oui ou non, sommes-nous de ces gens ? Car ce que Dieu a fait, il l'a fait. Ceci ne se discute pas. On a beau entendre sur les ondes, encore aujourd'hui, des chansons qui fustigent ceux qui ont des certitudes, tant pis pour nous, soyons idiots peut-être, mais ceci ne saurait être remis en question. C'est une réalité qui nous est extérieure, qui nous dépasse, qui n'a rien à voir avec nous : l'œuvre de salut de Dieu a été accomplie une fois pour toutes, et c'est la mort et la résurrection de Jésus-Christ. La sortie d'Egypte, comme la sortie de Babylone à d'autres époques, n'en était que la préfiguration. C'est vrai, c'est fait, cela existe qu'on le veuille ou non, qu'on y croie ou pas. La question que pose Josué à son peuple, à chaque famille, à chaque membre de ce peuple, c'est de savoir si cette réalité extérieure ne serait pas aussi (en plus !) un peu intérieure ; si ce salut, par hasard (!), n'aurait pas eu lieu non seulement avant ou devant nous, mais surtout pour nous. Bref, êtes-vous concernés par ce salut, êtes-vous concernés par ce que Dieu a fait, et qu'il a fait pour vous ? Etes-vous concernés aujourd'hui par ce salut qui a eu lieu hier ? Le peuple d'Israël est là, devant Josué. Il proteste, bien sûr. S'il est là, c'est qu'il sait bien tout cela, qu'il y croit, qu'il le confesse comme vrai. Naturellement, vous qui venez au culte, comme quelques autres qui ne peuvent pas y venir mais qui s'y associent de cœur, oui, vous aussi, vous confessez la foi chrétienne. Votre présence, vos chants, le disent, le "Symbole des apôtres" que nous redirons encore une fois ensemble tout à l'heure le proclame lui aussi. Le mot d'ordre de Josué est le nôtre depuis toujours : "Moi et ma maison, nous servirons l'Eternel"… Mais Josué nous met en garde, nous. Pas ceux qui ne viennent plus : ils ne viennent plus ! Pas les anciens, ceux d'autrefois qui sont morts avec gloire ou sans gloire. Pas les enfants, ceux de demain, qui ne savent que ce que nous leur disons, et nous ne leur disons rien, et ils rejettent souvent le peu que nous leur disons : mais demain sera demain… C'est donc nous, les vivants d'aujourd'hui, les présents d'aujourd'hui, que Josué interpelle. "Maintenant, dit-il, craignez l'Eternel". Et il parle d'"ôte[r] les dieux"… Quels dieux ? Nous sommes là, devant Josué. Nous savons qu'il n'y a de Dieu que Dieu, et que c'est celui de notre libération et de notre vie éternelle. L'exhortation nous pousse donc à nous examiner à nouveau nous-mêmes. Si dieux à ôter il y a, c'est donc que nous adorons des dieux à notre insu… ? ! Il faut faire le ménage. Il faut faire le ménage devant notre porte avant d'aller le faire devant celle des autres, qui pourraient bien alors se moquer de nous et nous renvoyer vers nos incohérences. Josué nous aide : le but d'une exhortation prophétique n'est pas de condamner les pécheurs, mais de les amener à reconnaître le péché pour ce qu'il est et à s'en débarrasser ! Josué nous aide en distinguant parmi les dieux en question deux sortes de dieux : ceux d'avant et ceux de maintenant. Je m'explique, ou plutôt Josué lui-même : il y a les dieux de l'Egypte, ou plutôt ceux d'au-delà du fleuve, ceux de Babylone, puisqu'à travers Abraham il parle aussi par-dessus les siècles à ses lecteurs du temps du retour de l'Exil ; et puis il y a les dieux des Amoréens au milieu desquels "nous résidons". Ne cherchez pas là un parallèle quelconque avec les Israéliens et les Palestiniens d'aujourd'hui ; c'est de nous ici qu'il s'agit, et pas d'eux là-bas. Je ne ferai pas de leçon d'histoire : d'où nous venons comme peuple protestant, nous le savons tous, ou nous croyons le savoir, car le catholicisme d'aujourd'hui n'a plus rien à voir avec celui du XVI° siècle… Les images trompeuses de Dieu et de la religion que nous avons alors rejetées, les faux dieux de Babylone et les veaux d'or de l'Egypte, le catholicisme en a lui-même rejeté beaucoup, et parfois dès cette époque-là. Bref, je ne crois pas que la question soit là. Mais, comme individu, chacun de nous a son propre passé, dans lequel il n'y a pas de raison qu'il n'y ait pas diverses sortes d'idoles, de mensonges, de divinités perverses qui lient trop fort leurs esclaves pour que nous ayons pu en être si facilement débarrassés. Chacun de nous a sa propre Egypte, chacun de nous a gardé de Babylone ce qu'il pensait en être le meilleur, ou au contraire ce qu'il savait en être le pire. Nous avons des chaînes que nous aimons à force d'en ressentir le contact, il y en a sans doute qui nous dégoûtent et qui pourtant traînent encore là. Chacun sait bien quels sont les dieux d'au-delà du fleuve qu'il adore toujours… Si vous ne le voyez plus pour vous-mêmes, à force de vivre avec, alors oui, écoutez Josué, et faites un peu le tri. En vous rappelant que Dieu est Sauveur, et que ces chaînes, c'est lui qui les enlève, car vous, vous n'en avez pas plus la force aujourd'hui qu'hier ! "Ce ne fut ni par ton épée ni par ton arc", rappelait Josué… Il n'est pas question dans le discours de Josué de culpabiliser, de montrer du doigt ou je ne sais quoi. C'est un appel à la liberté ! C'est vrai, de même, en ce qui concerne quelque chose de plus pernicieux, de moins visible, de plus honorable… Il s'agit des dieux des Amoréens. Israël entrait dans une société qui lui préexistait, qu'il n'a pas bouleversée en profondeur, dont il s'est politiquement rendu maître en plus de deux siècles, et qui l'a durablement influencé. Israël est devenu cananéen ! Les grands rois tels David ou Josias, les prophètes d'Israël ou de Juda, ont bien tenté la résistance, mais en vain. Israël a fini, comme tout le monde, par se faire un dieu à son image… Quelle est la religion, la vraie, de nos compatriotes, de notre société ? Quelles sont ses valeurs, que nous croyons chrétiennes, alors que ce sont elles qui transforment notre Evangile ? Voilà le travail d'élucidation, le tri, la mise au point, que Josué nous appelle aussi à faire. Ne pas appeler "Evangile" ou "christianisme" la "pensée unique" d'une société, comme on dit aujourd'hui, ou son "idéologie dominante", comme on disait quand j'étais petit ! Parce que, ne vous y trompez pas : c'est au nom de cette pensée étrangère à l'Evangile que vous triez, que nous trions, entre les pages de l'Evangile ! Nous ne gardons que ce qui va dans le sens de ce que tout le monde croit : étonnez-vous, après cela, de ne plus intéresser personne… ! Même le feuillet de "Parole pour tous" d'aujourd'hui le fait sans aucun complexe… Nous laissons les dieux des Amoréens nous dicter notre religion, c'est-à-dire nos croyances les plus profondes, les convictions qui fondent nos comportements, notre psychologie, notre vie de famille, notre manière de nous regarder dans la glace ou de croiser les autres dans la rue… Ignorez-vous que nous vivons au pays de Canaan ? Ne soyons pas des Cananéens, ou alors assumons-le, comme la plupart des gens de nos familles et de notre entourage ! Mais non. Nous savons bien qui est celui qui nous a fait quitter le monde du péché et de la mort. Nous savons bien qui nous a permis de vivre la "glorieuse liberté des enfants de Dieu" (Romains 8/21) dans ce pays et ce temps qui n'ont aucune idée de ce que ça peut bien être. Nous sommes à Jésus-Christ. Nous ne sommes pas à Baal ou à Moloch, nous ne sommes pas les enfants ou les suppôts des dieux qui tuent et qui avilissent, qui promeuvent l'individu, l'Etat ou l'économie à la place de Dieu, à la place du vrai Dieu. Dieu n'a qu'une seule place : c'est la croix de Jésus-Christ. Les faux dieux sont morts, même ceux que nous adorons comme s'ils étaient des avatars du Dieu vivant. C'est au nom de l'Evangile, avec la force de l'Evangile, avec l'Esprit qui parle dans la lettre de l'Evangile, que nous sommes vainqueurs du monde. C'est l'Evangile le critère du monde, ce n'est pas l'inverse. C'est l'Evangile qui juge, "et voici le jugement : la lumière est venue dans le monde…" (Jean 3/19). Choisirons-nous les ténèbres ? Oserai-je traduire Josué et dire ainsi : "Moi et mon Eglise, nous servirons l'Eternel" ? Amen ! Cantiques : * Psaume 68 Que Dieu se montre * NCTC 264 = ARC 245 Remplis d’amour Autres textes de la même catégorie
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