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Jérémie 33 v 14-16 (C. Jaquin)
Culte du dimanche 30 novembre 2003
*** Premier dimanche de temps de l’Avent Jérémie 33, 14-16 1 Thessaloniciens 3, 9-13 Luc 19, 28-40 **************************************************************** Introduction Nous sommes le premier dimanche de l’Avent, porte d’entrée de la nouvelle année liturgique, porte par où va se faire l’humble venue du fils de Dieu en notre terre. L’évangile que nous avons écouter parler justement de l’entrée de Jésus dans Jérusalem .Nous savons qu’ Il entre précisément par le portique royal de la cité, mais sur le dos d’un simple ânon, comme un pauvre. La porte de sortie de l’année liturgique écoulée, que nous célébrions dimanche dernier , est la grandiose récapitulation de l’histoire du salut et l ‘annonce de l’avènement de la Royauté du Christ. Nous célébrions la fête du Christ-Roi . Aujourd’hui, il nous est dit de quelle humilité, de quelle pauvreté même, est revêtue cette royauté. A Noël, les conditions de naissance et d’enfance de Jésus continueront de nous interpeller par ses signes de royauté et d’humilité. Dès ce premier dimanche de l’Avent , nous commençons l’attente de Noël. A Noël , nous proclamons, avec tous les chrétiens, que notre Sauveur est venu pour nous. Cette annonce devrait être le cœur de notre réjouissance à Noël, elle seule devrait mettre notre cœur en fête. Mais cette annonce est-elle vraiment au hit-parade de nos espérances aujourd’hui, même pour nous chrétiens ? Il y eut un sondage, il y a quelque temps, auprès d’un échantillon de population de toute classe et de tout âge, mais se déclarant chrétienne. Ce sondage consistait à demander ce dont il savaient peur dans la vie. Les réponses classaient en tête : la violence et les conflits sous toute ses formes et tout près derrière : la maladie, puis la perte d’emploi. A la question :- quel est votre lieu de sécurité, de refuge contre ces dangers ? il était répondu avec une importante majorité : la famille. Si ce sondage auprès des chrétiens au temps de nos arrière grands parents, il y aurait sans doute été question de la peur de ne pas entrer dans la vie éternelle, au paradis , la peur de l’enfer, du poids de leur faute ; ces préoccupations étaient alors très fortes . Aujourd’hui, le chrétien ne craint pas autant que nos grands parents le jugement dernier, et le bilan de sa vie devant Dieu. Sa préoccupation, c’ est d’être préservés des dangers de l’existence que sont les conflits de toutes sortes, la maladie et son train de souffrance physique ou morale, la précarité et ses effets sur les moyens d’existence. Et le lieu où il reçoit le secours , le réconfort et les forces , c’est la famille. Les valeurs du bonheur de l’existence sur cette terre ont pris le devant de la scène , même pour les chrétiens. Le danger pour lui ne se situe pas dans l’au delà , mais bien concrètement dans la vie . Sa préoccupation concernant son existence n’est apparemment pas d’ordre spirituelle, mais bien enracinée dans notre humanité. Son aspiration est de vivre heureux dès cette terre, avec la famille pour pilier. L’ importance de Noël est due à la grande fête de famille qu’elle occasionne. La préoccupation première de l’homme moderne croyant n’est donc pas d’être sauver, sinon des menaces dont parle ce sondage ; l’homme moderne n’est pas vraiment dans l’attente du salut comme les chrétiens des générations passées soucieux d’éviter l’enfer . Non, aujourd’hui, la grande peur du chrétien moderne n’est pas de perdre sa vie éternelle ! On peut essayer de comprendre les raisons de cette évolution au fil des générations. Cela est du , en grande partie au fait que les Eglises ont fait connaître et lire les évangiles en les éclairant de la révélation d’un Dieu d’amour bien plus rassurant que le Dieu juge qui est pourtant, aussi la vérité de Dieu. Le jugement de Dieu, l’horreur du péché et du mal sont passés très largement au second plan . En conséquence, l’annonce de la venue du Sauveur a perdu sa force de libération des consciences, sa puissance de soulagement des âmes. La venue du Sauveur pour le chrétien d’aujourd’hui , c’est surtout celle du Seigneur vivant qui transforme la vie de ceux qui veulent bien l’accueillir, qui donne une joie et une force nouvelles dans l’existence, oriente et nourrit le sens de la vie. On ne parle presque plus du jugement, des péchés que le Seigneur est venu racheter, de la prise de conscience de nos fautes. On ne parle plus d’examiner sa conduite selon la loi de Dieu, selon l’obéissance à ses commandements ; on n’énumère plus les préceptes de conduites qui forgeaient les consciences chrétiennes (« très protestantes » ou »très catholiques » ) avec droitures et austérité. Pourtant , on lit Paul, et tout à l’heure , nous avons reçu son exhortation à la bonne conduite du chrétien .Mais le langage a changé, le projecteur de l’Eglise illumine plutôt l’icône du Christ miséricordieux , plutôt que l’icône du jugement dernier. Bien –sûr, cet éclairage nouveau est vrai, et nous avons souvent prêché dans ce sens . Mais Noël , est la venue du Sauveur. Cela veut bien dire que, par lui, nous échappons à la condamnation, que, par lui, nos fautes seront effacées (par sa croix et sa victoire sur la mort), que nos connivences avec le mal, nos liens avec les forces de la mort seront brisées. Il faut bien que l’on se le disent, que l’on oublie pas cette réalité qui fut l’essentiel des préoccupations des chrétiens depuis le temps du Christ jusqu’à il y a peu . Pour ces chrétiens –là, l’annonce de la venue du Sauveur était véritablement leur plus grande joie, accueillie avec ferveur et reconnaissance !. Autant le dire : aujourd’hui la promesse du Salut en Jésus-Christ n’est pas le cadeau attendu avec ferveur au matin de Noël. Le cadeau espéré de la part du Seigneur qui vient, c’est bien-souvent le bonheur de se voir réunis et de vivre ensemble des heures de fête où sont oubliées toutes les peurs des dangers de la vie : divisions guerres, maladie , la précarité, où l’on partage la même espérance de la paix dans le monde, et entre les hommes, où l’on espère « une trêve de Noël « comme on dit. Mais Dieu, dans sa grande bonté , répond au chrétien d’aujourd’hui qui a plus besoin de réconciliation avec ses frères que tout autre chose. Là est le mystère de l’amour de Dieu à Noël. Si l’on doit chercher les signes de Dieu pour les temps de Noël, aujourd’hui , c’est ceux de la paix, de la réconciliation dans les familles , de la trêve que représente Noël dans les conflits de toutes sortes. Bien des familles à cette occasion, font alors de grands pas dans la paix et le rapprochement . Nombre de chrétiens trouvent à noël la force pour vivre autre chose que les conflits quotidiens, que les peurs du lendemains. Il est étonnant de constater combien de familles trouvent alors la force d’oublier les soucis et les peurs, mais aussi les rancunes et les différents, en laissent de côté les peines pour réussir la fête ensemble et vivre en paix les uns avec les autres. N’y a-t-il pas une grâce de Noël donnée aux familles par le Seigneur lui-même ? Alors, Dieu se trompe-t-il en croyant nous rendre heureux en nous donnant son Fils Jésus –Christ le Sauveur ,alors que nous cherchons la tranquillité d’un monde sans violence , plus juste et plus fraternel ? Ne voyez vous pas que s’accomplit alors la promesse de Dieu le concernant : « Quand le moment sera venu, je ferai naître un vrai descendant de David…et on dira : le Seigneur est notre justice ! » (= il nous rétablie justes devant lui, réconciliés avec lui ) « Je réaliserai mes promesses de bonheur pour mon peuple :il vivra ainsi tranquille, dans la justice et le droit»(Jérémie 33) Dieu ne se trompe pas en offrant Jésus –Christ en réponse aux aspirations du cœur des hommes d’aujourd’hui, plus soucieux à Noël de la paix sur cette terre que de la libération de leurs fautes. Dieu nous connaît et il sait ce dont nous avons besoin. Il sait que Jésus-Christ est bien le remède à toutes ces inquiétudes de notre vie. La sécurité, la paix et le bonheur sont promis dès cette terre dans les Ecritures. Et La grâce de paix qui se vit à Noël vient de lui. Pasteur C.J.R. Amen Autres textes de la même catégorie
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