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Jérémie 33 v 14-16 (Alphonse Maillot)
Texte : Jérémie 33/14-16
Genre : Notes homilétiques Auteur : Alphonse MAILLOT Source : Mon âme magnifie le Seigneur — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année C - Avent-Noël-Epiphanie. Mission Intérieure de l’Eglise luthérienne à Paris, 1991 (p. 7-8). 1° dimanche de l’Avent Jérémie 33/14-16 Puis-je encore une fois protester contre le découpage du texte, isolé d’un merveilleux contexte ? Je vous en prie, continuez votre lecture jusqu’au v. 26, si vous voulez comprendre vraiment et pleinement les promesses qui sont faites ici (curieusement absentes du texte grec de Jérémie, mais le livre est en désordre dans la Septante, le texte grec de l’Ancien Testament), et en particulier celle-ci : “Pour que l’homme réussisse à empêcher Dieu de suivre son plan de salut, son alliance avec les hommes, il faudrait que, préalablement, il sache agir sur le grand ordre cosmique que le Seigneur a instauré” ; traduisons : “il faudrait qu’il sache empêcher la terre de tourner”. Autrement dit : rien ni personne n’y feront quoi que ce soit : le nouveau David viendra ; car les promesses de Dieu sont plus sûres et plus intangibles que les lois de la Création elles-mêmes (= la Rédemption est plus importante que la Création). Ici, il faut comprendre que nous sommes très probablement au moment de la chute définitive du dernier roi d’Israël : Sédécias (Tsideqyah = le Seigneur est justice), donc en 587, avec la destruction de Jérusalem et l’exil quasi intégral. Tout est donc perdu ! La promesse même de Dieu est achevée, morte (toute la famille de Sédécias est exterminée sous ses yeux, 2 Rois 25/7). Non !, répond Jérémie qui, après avoir été longtemps un prophète, non pas de malheur mais d’avertissement, devient alors un prophète de la promesse inexorable (si l’on peut dire !) de Dieu. Le Seigneur prépare un nouveau David qui, à la fois, sera légitime et qui pratiquera enfin la justice (tsedâqâh : double jeu de mots, avec Sédécias. “Justice” en hébreu n’a pas qu’un sens juridique, mais parfois un sens cosmique : équilibre, ordre). Et ce n’est plus seulement à un nouveau David qu’il faut nous attendre, mais à un nouvel Israël et une nouvelle Jérusalem ; cette dernière aura pour nom véritable : “Le Seigneur est notre justice” (toujours la même racine). On comparera à la promesse parallèle de Jérémie 23/5-6, où c’est (v. 6) le nouveau David qui s’appellera : “Le Seigneur est notre justice”. On songera tout naturellement au Christ-notre-justice (1 Corinthiens 1/30), et aux chrétiens pour qui, en principe, le Christ est la seule justice possible, mais on n’escamotera pas pour autant l’espérance actuelle des Juifs. Autres textes de la même catégorie
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