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Jérémie 17 v 5-8 (Alphonse Maillot)
Textes : Jérémie 17/5-8
Genre : Notes homilétiques Auteur : Alphonse MAILLOT Source : Mon âme magnifie le Seigneur — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année C – Avent-Noël-Epiphanie. Mission Intérieure de l’Eglise Evangélique Luthérienne, 1991 (p. 101-102). 6° dimanche ordinaire Jérémie 17/5-8 Nous voici devant une sorte de Psaume organisé autour du schéma (inverse de celui de Luc 6) : malédiction (v. 5-6), puis bénédiction (v. 7-8). Si la malédiction est (relativement) fréquente chez Jérémie, la bénédiction l'est beaucoup moins. D'ailleurs, nous sommes loin du style habituel, personnel et tourmenté de Jérémie. Rien n'empêche qu'il ait utilisé un Psaume qui préexistait (nous y reviendrons avec le Psaume 1 pour la bénédiction). Il semble fréquent que les prophètes, tout comme Paul plus tard (par exemple en Philippiens 2/6-11), aient utilisé la liturgie que les Israélites chantaient pour la leur renvoyer, comme pour bien montrer qu'à Jérusalem on ne mettait pas en pratique dans la vie courante ce qu'on venait de chanter dans le Temple (cf. certaines phrases de nos cantiques qui montrent encore la dichotomie entre le chant et la réalité moins idyllique... je vous laisse le soin d'en trouver). La malédiction : elle est, au v. 8c, difficile à traduire ; littéralement : "Qui place, la chair, son bras" = probablement "qui fait reposer son bras (ses œuvres ou sa force) sur la chair", celle-ci désignant le plus souvent la faiblesse humaine. Ce qui signifie en clair : qui a confiance en ses propres œuvres (ou forces), tout comme est dénoncé (au v. 8b) celui dont l'assurance est placée en lui-même, ou qui compte sur les hommes (je ne vois pas la nécessité de traduire comme la TOB par "mortel") pour s'en sortir. Cela doit viser la population de Jérusalem qui, investie, pense s'en sortir avec son armée (ou celle du Pharaon). Au v. 6, traduire : "arbuste misérable ou rabougri". Ce v. 6 montre ce qui attend ceux qui ont cru pouvoir se fier en eux-mêmes en délaissant le Seigneur, c'est-à-dire ici "les paroles que le Seigneur leur adressait par son prophète" ; ils vont être refoulés au désert inhabitable. Leur exil terrible sera la démonstration de la vérité de la malédiction. La bénédiction : (ce n'est pas une Béatitude, comme au Psaume 1/1 par exemple ; le psautier commence par une béatitude qui éclaire tout le recueil, on l'oublie trop souvent). Elle commence (à part le premier mot) exactement comme la malédiction ; au premier vers simplement, au lieu de "se confier en un homme", il y a "se confier dans le Seigneur". On remarquera bien que cette bénédiction pour ceux dont le Seigneur est la seule assurance et la seule certitude, ne promet pas aux "bénis" d'échapper à l'exil, mais de devenir comme des arbres qui ne souffriront ni de la sécheresse ni de la chaleur. Ces arbres seront toujours verts et donneront constamment des fruits ; lire ici Psaume 1/3, qui, lui, fait la même promesse à ceux qui observent la Torah avec vigilance. Comme ils se confient dans le Seigneur, les autres hommes pourront se confier en eux. Autres textes de la même catégorie
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