|
Liturgies
Notes bibliques ou théologiques
Prédications
Cantiques
|
Accueil | Envoyer à un ami | Version imprimable | Augmenter la taille du texte | Diminuer la taille du texte Jean10/1-11 Alphonse Maillot
Texte : Jean10/1-11
Genre : Notes homilétiques Auteur : Alphonse MAILLOT Source : Qui a péché… ? — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année A (Carême – Semaine sainte – Temps de Pâques – Ascension – Pentecôte - Trinité). Mission intérieure de l’Eglise Evangélique luthérienne, 1993 (p. 109-113). 3° dimanche après Pâques ou 4° dimanche de Pâques Jean 10/1-10 (lire v. 11) Ici, il est curieux que l'on nous prive de la lecture du v. 11, où enfin, après les deux sections : v. 1-5 et 6-10, arrive l'affirmation-clef : "C'est moi (seul) qui suis le bon Berger". Quant au texte lui-même, on peut tout d'abord hésiter sur son "auditoire" : Jésus (cf. Lectionnaire catholique) parle-t-il, comme semble l'indiquer le texte qui précède, aux pharisiens aveugles ? Ou s'adresse-t-il à tous, et à ses disciples en particulier ? Cf. ici le v. 6. Je penche vers cette dernière hypothèse où Jésus dirait à ceux qui auront à "administrer" l'Eglise : "Prenez garde à ne pas ressembler à nombre de bergers de l’Ancien Testament" (on relira Ezéchiel 34, Jérémie 23/1-4, 25/34-36, etc…). Les rois étaient (à peu près partout) assimilés à des bergers, mais cela signifiait surtout qu'ils devaient prendre soin de tout le troupeau, non seulement pour le guider et pour le nourrir, mais essentiellement pour faire régner une vraie justice (accompagnée de miséricorde) entre tous les membres du troupeau. Et si là on peut, un bref instant, songer (cf. TOB) aux pharisiens et aux scribes qui, au lieu de guider et de nourrir tous les membres, toutes les brebis, avaient plutôt tendance à en abandonner et à "en sacrifier" une bonne partie (cf. Matthieu 23 au début), on hésite cependant à penser à eux en ce qui concerne le reproche précis qui est fait à ceux qui se sont introduits dans la bergerie par escalade ou par effraction. Ce sont des gens qui sont prêts à employer n'importe quelle méthode, même illégale, pour satisfaire leur soif de pouvoir spirituel. Tous les moyens leur sont bons (v. 1). Cela fait-il allusion aux usurpateurs (de jadis) ou actuels (mais, dans ce cas, de qui s'agit-il ?). La question devient redoutable, surtout quand on relie cela au v. 8 : "Tous ceux qui sont venus avant moi, sont tous des voleurs et des brigands". Bien entendu, la TOB s'empresse de dire qu'il ne peut s'agir des prophètes de l'Ancien Testament, et le grand commentaire de la Synopse de la Bible de Jérusalem exhorte plus modestement à "ne pas trop presser (sic !) le texte !". Et si ce texte se voulait énigmatique pour nous permettre de rester tous sur le qui-vive ? Vais-je prêcher comme un voleur (de brebis) et un malfaiteur introduit par effraction dans la vie des brebis, ou comme un berger dé-préoccupé de lui-même, mais qui veut nourrir, apaiser, diriger (v. 10) ? En tout cas, voici une question en suspens. Notons une autre difficulté : y a-t-il, aux v. 2-3, confusion entre celui qui entre par la porte (donc sans se dissimuler) et celui qui ouvre la porte, comme il y aura, au v. 9, confusion entre le berger et la porte ? Je crois que oui : Jésus est le berger et celui qui ouvre la porte, et la porte elle-même = le seul moyen d'accéder à la bergerie et donc aussi bien aux brebis qu'au berger. Comme il sera "le Chemin (qui mène à la Vérité), la Vérité (qui mène à la Vie) et cette Vie elle-même" (14/6). C'est pourquoi ces deux "paraboles" (qui sont plus des allégories que de réelles paraboles) sont autant enchevêtrées. Jésus est celui qui nous mène jusqu'à la porte, il est celui qui ouvre la porte, il est encore la porte elle-même, et la seule de la bergerie, et il est le seul berger : berger qui donne la vie en abondance, et qui même, se dessaisira de sa vie pour que cela soit possible (v. 15). On notera, au v. 10, le verbe : perdre (plutôt que "détruire" : Lectionnaire catholique). De même qu'aux v. 3 et 5, le fait que les brebis reconnaissent (à sa douceur, à sa familiarité, à ...?) la voix du seul Berger. Saurez-vous, non seulement la faire entendre, mais aussi la faire reconnaître ? "Plan" de prédication Ce dimanche je serais fort embarrassé dans mes choix, mais je crois que je me rabattrais quand même sur Jean 10, même si mon "titre" de pasteur (retraité... ouf !) me mettrait dans l'embarras ; en effet, ne serais-je pas (ne suis-je pas ?) un de ces mercenaires ou de ces brigands dénoncés par cette "parabole" ? Même s'il est vrai que Jésus semble avoir oublié de mentionner qu'il arrive à ses brebis d'être... fantasques comme des... chèvres (c'est parfois le moins qu'on puisse dire !). Cependant le récit insiste fortement sur un lien que Jésus instaure entre la porte et le berger. Jésus est la seule porte. En cette époque (comme d'ailleurs en beaucoup d'autres qui l'ont précédée), beaucoup de chrétiens, sans renier que Jésus soit une porte qui permette d'entrer dans le "Royaume", pensent qu'il existe d'autres portes pour accéder à Dieu. Beaucoup aimeraient y accéder par eux-mêmes, ou par effraction ou par une porte dérobée, réservée à des initiés. Jésus (tout comme Jean 1/18) affirme qu'il n'y a pas de porte autre que lui, pas même d'entrée de secours. On insistera pour dénoncer ici les christianismes ésotériques qui prétendent qu'il faut un guide (le leur) pour arriver au vrai Berger. Ensuite Jésus est non seulement la porte, mais le seul berger qui y mène ; on étudiera les différentes fonctions du berger : guide, protecteur, nourricier (cf. Psaume 23), etc…, pour voir comment le Crucifié les assume. C'est ici qu'on situera la fonction de "pasteur" qui n'est que celui qui, tant bien que mal, essaie de guider par sa parole les "brebis" (sic !) vers le seul Berger qui, lui, les mènera à la seule porte. Mais attention à ne pas se transformer en chien de berger, et à ne pas usurper la tâche du Bon Berger. Mais qu'est-ce que mener à Jésus-Christ ? C'est apprendre aux brebis à le connaître dans ce qu'il a dit et fait ; ainsi alors quand il leur parlera lui-même, elles connaîtront sa voix (10/4). |
Dans ce dossier
|
Cultes contemporains