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Jean 21 v 1-14 Fabrice Benoit
Texte : Jean 21/1-14
Genre : Prédication Auteur : Fabrice BENOIT Source : Prédication pour le 25.04.2004 à Rombas (57). Dans la liturgie de louange du culte, vous avez pu constater que j’ai utilisé le chapitre 1 de l’évangile de Jean. Je lui ai d’ailleurs redonné sa vraie vocation, car il ne faut pas oublier que des nombreux passages de la Bible, et notamment des évangiles, sont avant tout des textes de liturgie que les premiers chrétiens lisaient au cours de leurs célébrations. La parenthèse historique étant terminée, j’ai envie de poser une question toute simple à ce texte du chapitre 21 : "C’est tout ? Pas de cieux ouverts, pas de Jésus qui monte au ciel comme une fusée ? Pas d’apocalypse, pas de menaces contre les incroyants, pas de tremblement de terre ni d’anges aux épées flamboyantes ? Le christianisme, ce n’est qu’une partie de pêche entre amis avec un barbecue sur la plage ?". Voilà les questions naïves qu’un de nos contemporains pourrait poser. Dans une société de spectacle, de médias où il faut un "scoop" à tout prix pour faire passer un message, voilà ce que propose l’évangile le plus spiritualiste jamais écrit. Car l’évangile de Jean a la réputation d’être un évangile uniquement spirituel, très difficile à comprendre et à interpréter. Pourtant, cela commençait bien avec le fameux chapitre 1, le "prologue" de Jean, où nous retournons jusqu’au commencement du monde. Je laisse à nos frères des églises orthodoxes le soin de vous expliquer tout ce qu’il faut savoir sur "le Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles, Dieu venu de Dieu, lumière issue de la lumière, vrai Dieu issu du vrai Dieu, engendré et non créé, d’une même substance que le Père", comme le proclame le symbole de Nicée-Constantinople. Même après 6 années de théologie, j’ai du mal à comprendre. Et c’est là que je me tourne vers l’évangile de Jean et sa complexité apparente. Car, à travers l’histoire de Pierre et du disciple bien-aimé, je retrouve ma vie de foi. Comme Pierre, j’ai renié ma foi plus souvent que 3 fois ; je me suis tu, alors que j’aurais dû crier ; comme lui, en tant que pasteur, je suis tenté, en voyant l’état actuel de l’église, de tout laisser tomber et de retrouver mon ancien métier. Car les évangiles, ce ne sont pas des histoires pieuses pour les enfants ; c’est un miroir que nous tend Dieu et où nous sommes inviter à venir voir notre reflet d’homme et de femme avec nos faiblesses, nos lâchetés, mais aussi avec nos grandeurs, nos élans de générosité et d’amour qui ont du mal à prendre forme. Et, en ce début du troisième millénaire, je suis comme ces braves pêcheurs de Galilée qui ont cru à une grande aventure qui devait bouleverser le monde, mais qui sont découragés et démoralisés. Mais voici que leur apparaît celui en qui ils ont cru et espéré au delà de toute espérance. N’en déplaise aux metteurs en scène de cinéma ou de dessins animés, il n’apparaît pas sur un nuage, entouré d’une grande lumière, avec des anges jouant de la trompette. Il apparaît comme un homme tout simple, comme l’homme qu’il a toujours été, comme l’ami fidèle qui les a toujours accompagné. Bien sûr, la première réaction des disciples est la peur. D’autant plus que l’auteur de l’évangile prend bien soin de nous donner leur nom ; ce ne sont pas les 12 disciples classiques. On retrouve quelques noms de disciples du début de l’évangile : Nathanaël par exemple, mélangé à d’autres qui sont anonymes : le cercle étroit des 12 premiers disciples a déjà éclaté. Et tous seront appelés à reconnaître Jésus-Christ, mort et ressuscité. Par un clin d’œil, Jean nous rappelle les autres évangiles avec ce récit de pêche miraculeuse, qui normalement commence le ministère de Jésus et l’appel des disciples. Pour la foi chrétienne, n’est-ce pas quand on croit que tout est terminé, fini, qu’au contraire tout commence vraiment ? Normalement, tout devait s’achever le jour de la crucifixion et de la mort de Jésus, mais la foi chrétienne authentique naît devant le tombeau vide et le matin de Pâques. La mort a été vaincue, l’amour est plus fort que la mort ; tout est possible désormais pour ceux qui croient : faire une pêche miraculeuse de 153 poissons exactement. Je vous fais grâce des explications mathématiques de Saint Augustin sur le caractère triangulaire du nombre 153, pour retenir l’explication classique de Saint Jérôme : les scientifiques de l’époque pensaient qu’il existait, en tout et pour tout, 153 espèces de poissons. Ce nombre serait donc le symbole de la totalité des hommes. De plus, ce filet bien garni ne se déchire pas, ce qui n’est pas sans rappeler la tunique sans couture du Christ qu’il ne faut pas déchirer au pied de la croix : l’église du Christ est une, et elle est appelé à rassembler tous les hommes. Ce chapitre 21, qui peut sembler banal à première vue, est donc bien un récit de reconnaissance et de vocation : les disciples sont invités, comme à la fin de l’évangile de Matthieu, à parcourir l’ensemble de la terre. On me dira : "Mais comment faire ? Nous n’avons pas de moyens pour le faire". Pourtant, en même pas 3 lignes, Jean nous montre que l’Eglise a beaucoup de signes à sa disposition : le baptême et la Cène. Pierre n’hésite pas à se jeter à l’eau, à passer par la mort symbolique du baptême pour renaître plein de vigueur pour tirer à lui tout seul un filet plein de 153 poissons ! Et, comme d’habitude dans les évangiles, tout se termine et tout commence par un repas. Quelle religion, en dehors du christianisme, peut nous montrer un Dieu qui non seulement lave les pieds de ses disciples en signe d’humilité, mais leur prépare aussi un petit déjeuner et le partage avec eux, assis sur le sable ?... Tout alors devient possible : Jésus pardonne son triple reniement à Pierre et le confirme dans son ministère d’apôtre. Et, en conclusion, je voudrais dire que, grâce à cet épisode de l’évangile de Jean, j’ai redécouvert le visage simple et vrai du christianisme ; ici, nous sommes en plein air, loin des dogmes et des fumées d’encens de la tradition. Nous découvrons un visage du Christ profondément humain, et en même temps pleinement divin, qui réussit à redonner espoir et courage à une poignée d’humbles pêcheurs de Galilée qui vont réussir à transmettre un message d’amour et d’espoir qui enflamme le monde depuis 2 000 ans. Nous ne valons pas mieux qu’eux, et pourtant nous sommes appelés, nous aussi, vers la rive où nous attend le Fils de Dieu, comme un ami attend ses compagnons partis au loin. Je ne sais pas à quoi ressemblera la vie éternelle promise par Dieu, mais j’espère qu’elle aura la simplicité de cet épisode du petit déjeuner au bord de la plage ! Amen. Autres textes de la même catégorie
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Cultes contemporains
Jean 21 v 1-19 Alphonse Maillot