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Jean 21 v 1-14 - Alphonse Maillot
Texte : Jean 21/1-14
Genre : Prédication Auteur : Alphonse MAILLOT Source : Je vais à la pêche… Les Cahiers de Réveil, 1965 (p. 99-108). Je vais à la pêche ...Simon Pierre, Thomas appelé Didyme, Nathanaël de Cana en Galilée, les fils de Zébédée et deux autres des disciples étaient ensemble. Pierre leur dit : « Je vais à la pêche ! ». Ils lui dirent : « Nous y allons aussi avec toi... ». Et de cette nuit-là, ils ne prirent rien. Le matin venu, Jésus se trouva sur le rivage, mais néanmoins les disciples ne savaient pas que c'était Jésus ! Jésus leur dit : « Enfants, vous n'auriez rien à manger ? ». Ils lui répondirent : « Rien ». Alors il leur dit : « Jetez le filet du côté droit de la barque et vous trouverez ». Ils le jetèrent donc, et ils ne pouvaient plus le retirer à cause de la grande quantité de poissons. Alors le disciple que Jésus aimait dit à Pierre : « C'est le Seigneur... ». (Quand ils furent sur le rivage...) Jésus s'approcha, prit du pain et le leur donna... Après qu'ils eurent mangé... Jésus dit à Pierre : « Simon, fils de Jona, m'aimes-tu plus que ceux-ci ? » Il lui répondit : « Oui, Seigneur, tu sais que je t'aime ! ». Jésus lui dit : « Pais mes agneaux ». (Jean 21/1-14) Nous sommes quelques jours après Pâques ! Jésus-Christ est ressuscité ! Le doute n'est plus possible pour les apôtres ! Les saintes femmes l'ont vu, les disciples l'ont vu, Thomas a mis sa main dans ses plaies. Et maintenant les disciples sont là... ensemble ! Je ne vous demanderai pas de vous mettre à leur place, ou, pour parler comme au XX° siècle, de vous mettre dans « leur peau » ! Car, frères, vous êtes, nous sommes semblables à eux. Oh ! certes, vous pouvez bien me dire, et vous ne manquerez pas de me le dire, qu'à vous, comme à moi, le Christ n'est pas apparu, corporellement, visiblement, que nous n'avons pas été gratifiés d'une de ces visions qu'un des derniers papes a eu la chance de recevoir, ainsi que nos journaux nous l'ont fait savoir par des articles très documentés, voire même des dessins qui, entre nous, vous décourageraient d'être chrétiens... (Ce sermon est ancien). Mais nous avons tout aussi bien que cette vision, et surtout tout aussi certain. Il y a ce jour de Pâques qui revient depuis deux mille ans, sans une ride, sans la moindre fatigue, aussi beau, aussi frais, aussi vivant qu'aux premiers jours. Il y a ce message de Pâques, aussi assuré, aussi troublant, aussi vivifiant qu'aux premiers jours. Il y a cette Table, où le Christ crucifié et ressuscité s'approche de nous et se donne à nous, comme hier. Tout cela nous témoigne avec une étrange ténacité qu'il est vivant, et, comme il nous l'a promis, qu'il est avec nous jusqu'à la fin du monde… Je le sais, frères, le message de la Résurrection vous réjouit. Vous pressentez qu'il est votre unique chance, vous pressentez que si Christ n'est pas ressuscité, votre foi est vaine, tout est vain, tout est encore et pour toujours dans le péché. Vous fêtez Pâques dans la joie. Le sermon que vous y entendez vous réconforte. Vous reprenez courage pour vivre. Et vous voudriez que tous les jours fussent Pâques. Mais voilà, le jour de Pâques disparaît. Le lendemain, c'est encore un jour férié : il donne encore l'impression que tout est changé dans nos vies, que tout est encore irisé d'une lumière nouvelle. C'est encore un jour d'espérance. Puis c'est le mardi de Pâques, puis bientôt la semaine qui suit Pâques. Et le temps, ce temps invincible, insaisissable, a repris le dessus. La vie éternelle se trouve comme absorbée par la vie temporelle. Les jours qui passent s'égrènent et nous entraînent, nous ramènent à la vie normale, qui reprend ses droits. C'est le travail à l'usine, au bureau, à la campagne, à l'école, et la joie s'estompe. Elle demeure quelques jours encore ; on garde quelques jours encore cette bouleversante nouvelle. Mais le travail presse. Le repos signifie toujours retard, et avec chaque jour qui passe, il ne reste bientôt plus rien, plus rien qu'une nostalgie pascale. Nous sommes redevenus les mêmes esclaves du même travail, des mêmes craintes, des mêmes soucis jusqu'aux Pâques prochaines. -o- Mais, voyez-vous, nous ne sommes pas les premiers à qui cela arrive. Les disciples eux-mêmes furent un moment comme nous. « Simon Pierre, Thomas, Nathanaël, les fils de Zébédée et deux autres des disciples étaient ensemble... ». Ils ont assisté à la plus bouleversante des choses, à l'événement le plus prodigieux, au renversement du monde, à la grande Victoire. Quelques jours après, ils se retrouvent ensemble. On sent très bien que pendant deux jours, trois jours, ils n'ont parlé que de cela. Puis maintenant, ils n'ont plus rien à se dire ; l'extraordinaire n'est déjà plus qu'un souvenir. Ils sont là, heureux certes, mais déjà désemparés, déjà ne sachant plus que faire, ne sachant plus que dire, ne sachant plus où aller. « Et Simon Pierre leur dit : Je vais à la pêche ». Simon Pierre est le premier à retrouver la terre. La vie ordinaire a repris ses droits. Le travail (car pour Simon Pierre, c'était son gagne-pain, et non pas une distraction comme pour certains, quoique le travail, dirait Pascal, puisse être un « divertissement » pour oublier l'Eternel), le travail donc, l'appelle. Il faut bien vivre, n'est-ce pas ? Et mardi, ou mercredi, vous avez dit : « Je vais à la pêche », c'est-à-dire : « Je vais travailler ». Ne croyez pas que j'estime que Simon Pierre commette une faute en s'acheminant vers sa barque et ses filets, et que vous commettiez une faute en reprenant le chemin de l'usine, du bureau ou des champs. Loin de là ! Ce n'est pas parce que Jésus est ressuscité que le blé poussera sans semailles, ou s'engrangera sans moisson, que la farine se fera sans meunier, le pain sans boulanger, que les usines marcheront sans ouvrier, les trains iront sans mécanicien, ou que les enfants s'instruiront sans professeur. Non ! ce retour au travail est normal. Je dirai même que quiconque s'est trouvé face à la grande Nouvelle de la Résurrection, aura plus de joie encore à faire son travail, aura plus de joie à retrouver le chemin qui mène à la barque et aux filets. -o- Mais parce que je vous connais quelque peu, frères, et que je me connais, je crois savoir ce qui s'est passé dans la tête de Simon Pierre et ce qui est moins normal dans sa volonté de se rendre à la pêche. Le brave Pierre s'est dit : « Il est ressuscité ». Et il n'a été que joie (même si son reniement lui trottait quelque part dans le crâne ou le cervelet, et lui vrillait cette joie si grande), il n'a été qu'espérance. Puis cela lui a semblé tellement inouï, tellement incroyable, que deux ou trois jours après, il se demande s'il n'a pas rêvé, s'il n'a pas été trompé par une illusion, ou bercé par une espérance trompeuse. Mais surtout, il s'est dit : « Après tout, qu'y a-t-il de changé ? Rien dans le fond ! Les hommes sont pareils, la vie est pareille. Je veux bien que Jésus-Christ soit ressuscité, mais ça ne change actuellement rien pour moi. Ça signifie peut-être que je ressusciterai un jour, mais, en attendant, je suis toujours Simon Pierre. Dans le fond, la Résurrection, ça concerne les morts, mais ça n'a rien à voir avec les vivants. Quant à moi, hélas ! je suis toujours sur cette terre. Il faut reprendre le travail ; retournons à la pêche ». -o- « Et ses compagnons lui dirent : Nous allons aussi avec toi ! ». Ensemble parfait, ensemble touchant ! C'est à croire qu'ils n'attendaient que cela, cette phrase de Pierre qui les délivre. Qu'ils sont contents que Pierre l'ait dite, qu'ils sont contents de retrouver quelque chose à faire, et de se mettre dans le sillage de Pierre ! Pour eux aussi, Jésus-Christ est bien ressuscité. Eux aussi l'ont vu et touché. Mais il a disparu ; alors la vie reprend comme s'il était mort. Je pense, frères, que vous vous reconnaissez, n'est-ce pas ? On vit trois cent soixante-trois jours comme s'il était mort. Comme les disciples, vous n'arrivez pas à bloquer la joie, à retenir la joie. Vous n'arrivez pas à ne vivre que de cette joie. Il faut vivre de pain aussi, n'est-ce pas ? ou de poisson. Répétons-le, les disciples ont bien raison en retournant à leur travail, et vous avez bien raison en retournant au vôtre. Mais tout est dans le pourquoi de ce retour, dans sa manière, dans sa « couleur ». Où les disciples ont tort, et où les hommes ont tort, vous le verrez tout à l'heure, c'est de croire que la Résurrection ne dure qu'un jour, ne les concerne, ne vous concerne qu'un jour, ne les réjouit et ne vous réjouit qu'un jour, deux au maximum, de croire que dans l'année, il y a Pâques, et trois cent soixante-quatre autres jours, sans qu'aucune communication soit possible entre ces deux parties de l'année. -o- Mais Jésus va leur apprendre qu'il y a une communication. « Ils sortirent, montèrent dans une barque et, de toute cette nuit, ils ne prirent rien ». Et le train-train quotidien reprend et, comme souvent, ça commence mal. Les disciples ne prennent rien. N'allez pas croire qu'il n'y ait qu'à la pêche qu'on soit bredouille. Pour beaucoup, les journées qui suivent Pâques sont souvent ingrates : mauvaises affaires, mauvais salaires, journées où, malgré le travail, malgré des veilles entières, rien ne rend et rien ne rentre. La vie ingrate se venge, elle efface les joies, ronge et dévore la Joie. On ne prend rien, on s'acharne, on espère et toujours rien, ou si peu qu'il ne vaut guère la peine d'en parler. Et vite Pâques est oublié ; le Christ ressuscité est enterré sous les soucis ou les craintes, sous les « rien » que chaque jour apporte. Nos braves disciples ne devaient plus songer qu'à leur pêche, à ces insaisissables poissons, ne plus songer qu'à leur gagne-pain. Et ils ont faim. Tout cela, s'ils ont encore le temps de penser, doit les confirmer dans leur conviction que la Résurrection du Christ n'a rien changé dans le monde, que c'est bien toujours le monde où on ne prend rien, où, surtout, on ne garde rien, pas même la vie. S'il vous arrive de songer au sermon de Pâques, quelques jours après, ne vous dites-vous pas, à peu de choses près, la même chose quand vous faites le bilan de vos affaires, ou de votre vie ? « Le matin étant venu, Jésus se trouva sur le rivage, mais les disciples ne savaient certes pas que c'était Jésus ». Car Jésus est toujours là quand les hommes peinent, quand les hommes s'acharnent à ne rien prendre. Il regarde. Malheureusement, on n'a pas le temps de le reconnaître. On pense à autre chose, on a tellement de travail, de soucis, et ça marche si mal, que Jésus-Christ passe inaperçu. Je suis certain que beaucoup parmi vous me diraient que, de toute l'année, ils ne l'ont pas vu, pas aperçu. Quand je vous le disais que nous étions trop pressés pour le voir, trop occupés pour le reconnaître, trop absorbés pour l'entendre, car, croyez-le bien, il a été souvent tout près de vous, vous regardant peiner, vous regardant ne rien prendre, vous regardant avoir faim de ce qui fait vivre éternellement, et ne demandant qu'à vous aider, qu'à vous nourrir. Mais vous n'avez pas souvent voulu de lui. Pourtant il s'est offert, sans cesse, et il est revenu à la charge, et vous, vous n'avez pas même su que c'était lui. Pourtant il a parlé et, comme aux disciples, il vous a dit : « Enfants, n'auriez-vous rien à manger ? Ils lui répondirent : Non ». Il sait bien quel est leur souci, quelle est leur peine. Il sait bien que leur grande joie d'hier est déjà toute vieille, déjà mordue, rongée par le gagne-pain, par le travail. Il sait bien qu'ils n'ont rien pris et que leur grande espérance est déjà toute effrangée, minée, mitée, dévorée par le désespoir. Fraternellement il les questionne. Oh ! qui pourra dire l'immense bonté, l'immense paix de cette question, par laquelle Jésus entre en plein milieu de leur souci, de leur désespoir ? Mais ne l'entendez-vous pas maintenant, ne l'entendrez-vous pas dans quelques jours quand, au milieu de vos difficultés, de vos peines, de vos pêches stériles, de vos travaux, il vous demandera : « Enfants, avez-vous ce que vous désirez, votre faim est-elle calmée ? ». Comme les disciples, vous répondrez le « Non » fatidique. Le « Non » de l'insatisfaction humaine devant un monde qui paraît se moquer de vos efforts et de vos veilles, qui paraît se moquer de vos travaux, de vos peines, devant un travail qui ne vous est pas rémunéré, une vie qui vous échappe. Le « Non », le terrible « Non » de la stérilité humaine, le « Non » effrayant que bien des hommes disent sur leur lit de mort, en contemplant le grand filet vide que, jour et nuit, ils ont jeté puis relevé et qui, à la fin, ne leur a rien laissé. -o- « Alors il leur dit : Jetez le filet du côté droit de la barque, et vous trouverez. Ils le jetèrent donc, et ils ne pouvaient plus le retirer à cause de la grande quantité de poissons... ». Et c'est le miracle ! La pêche miraculeuse, mais aussi c'est sans doute la dernière pêche des disciples, en tant que travail, car Jésus-Christ a autre chose pour eux, une autre pêche. En effet, si Jésus-Christ est ressuscité, s'il apparaît aux disciples près de la mer de Tibériade, ce n'est pas simplement pour leur remplir leur filet. C'est pour leur rappeler le jour qu'ils ont oublié, le jour où il leur a dit : « Je vous ferai pêcheurs d'hommes ! ». Cette pêche-ci est bien finie. Une autre les attend, une autre barque bien aussi dangereuse puisque c'est l'Eglise, d'autres filets bien aussi difficiles à manier puisque c'est la prédication, d'autres poissons bien aussi délicats ou capricieux, ou épineux, puisque ce sont les hommes qui les attendent. A ce moment-là, Jésus leur annonce que son Royaume est semblable aux autres choses de ce monde ; il leur annonce qu'il y aura des matins, des aurores où, sur un seul coup de filet jeté à droite de la barque, on ramènera cent cinquante-trois grands poissons. Dieu veuille qu'il en soit ainsi, ce matin. -o- « Alors le disciple que Jésus aimait, dit : C'est le Seigneur !... Lorsqu'ils furent descendus à terre, Jésus s'approcha, prit du pain, le leur donna. Après qu'ils eurent mangé, Jésus dit à Simon Pierre : Simon, fils de Jona, m’aimes-tu ? Il lui répondit : Seigneur, tu sais que je t'aime. Jésus lui dit : Pais mes agneaux ! ». Vous avez compris ce qui se passe. Jésus célèbre la Cène et constitue son Eglise. Le Christ ressuscité ne disparaît point comme cela, emportant avec lui notre joie, notre vie et notre espérance. Si, quelques jours après, son Ascension le dérobe à nos regards, il n'en reste pas moins vivant sur cette terre, venant sans cesse à notre rencontre par le sacrement et par son Eglise. Voilà pourquoi, frères, la majorité d'entre vous n'aura souvent qu'une joie pascale si éphémère. Même fidèles, vous oubliez souvent l'Eglise et le sacrement de la Cène. Pourtant, chaque dimanche, Jésus vous attend, vivant sur le rivage, et de là il vous parle : « Enfants, n'auriez-vous rien à manger ? » et vous dites « Non ». Mais vous croyez que ça va changer et ne faites plus attention à ce qu'il dit, à ce vrai repas qu'il a préparé. Vous laissez souvent filer le dimanche, vous oubliez de jeter le filet du bon côté, de descendre sur le rivage où, paisible, le Christ vous attend pour vous rendre vos forces, vous renouveler votre joie, pour vous rendre la vie et l'espérance. Ne savez-vous donc pas que Jésus-Christ est vivant dans son Eglise, qu'il l'a constituée pour vous, pour que votre joie (de Pâques) demeure ? Pour que les soucis, les travaux ne vous la dérobent pas ? Il vous a donné l'Eglise pour que sans cesse vous reveniez y prendre vie, sa vie, parce qu'il connaît la vôtre, son âpreté, sa difficulté, pour que toute l'année vous alliez avec la joie de Pâques, la joie de Dieu au cœur, pour qu'elle pénètre tout ce que vous êtes et tout ce que vous faites, pour qu'elle vous suive, fidèle, immuable, au bureau, à l'école, à l'usine. Oui, pour tout cela, il vous a laissé l'Eglise, la Parole, le sacrement. Et il vous y attend. -o- Comprenez bien qu'il ne vous reproche nullement de reprendre votre travail ou de l'aimer. S'il a appelé les disciples à un autre travail et s'il le fait pour quelques jeunes parmi vous, il ne le fait pas pour tous. Non, il vous exhorte seulement à cette heure à ne pas reprendre les chemins du désespoir, les chemins des filets vides, les chemins où la joie meurt, et non pas demeure. Aujourd'hui, il vous dit, il vous crie : « Enfants, revenez, j'ai à manger pour vous. Enfants, j'ai de la joie pour vous. Venez, revenez, jetez votre filet par ici, venez, revenez dans ce temple, et je vous promets que vous garderez la vie. Vous aurez un filet plein de joie, plein à craquer, avec les cent cinquante-trois grands poissons de la joie ». Mais surtout, frères, n'allez pas croire qu'il y ait dans mon esprit la moindre sévérité, qu'il y ait dans mes paroles le moindre reproche ou encore la plus petite amertume. Mais je vous vois là tous prêts à la joie, tous un pied sur le rivage de la vie, et je vois ce Temple, je vois cette Table où Jésus-Christ se donne. Je l'entends vous appeler : « Enfants, enfants, je suis vivant ». Je sais que chaque dimanche il longe vos rues, traverse vos carrefours, monte vos étages, visite vos maisons, et alors vous appelle tous : « Enfants, enfants ». Saurez-vous résister à son appel, auriez-vous trouvé en dehors de lui quelque chose de vrai à manger ? Auriez-vous le courage de vous laisser dérober votre joie de Pâques, votre joie éternelle, en résistant au grand appel de l'amour et de la vie ? Voudriez-vous encore vivre comme si Jésus-Christ n'était pas ressuscité ? Cela vous serait encore possible ? Vous est-il encore possible de repartir vers une vie au soir de laquelle on se retrouve avec un grand filet vide, avec le grand et terrible et triste « Non » de celui qui n'a rien su prendre, rien su garder ? Sauriez-vous, chaque dimanche, choisir la tristesse au lieu de la joie, la peur au lieu de l'espérance, la mort au lieu de la vie ? Non ! ça n'est plus possible, n'est-ce pas ? Ça n'est plus possible quand on sait qu'il est là, vivant, dans son Eglise, qu'il y parle et qu'il s'y donne, et la joie et la certitude et la vie avec lui. Aujourd'hui encore, Jésus-Christ jette le grand filet de la miséricorde, le grand filet du Salut, et il nous tient. Il veut nous amener au rivage de la Vie éternelle. Le filet est plein à craquer. Ah ! ne permettez point, lorsque je devrai me présenter avec le filet qu'il m'a confié ce matin, que ce filet soit vide. Il m'a dit de le jeter et je l'ai jeté. Aidez-moi maintenant à le tirer et je vous promets à tous la joie. Elle sera notre joie, celle d'arriver ensemble, sans qu'il en manque un seul parmi nous, au rivage où le Christ nous attend et nous a préparé le grand festin de la vie éternelle, le festin de la charité. Autres textes de la même catégorie
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