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Jean 14 v 15-21



Textes : Jean 14/15-21 ; Actes 1/8
Genre : Prédication
Auteur : André COURTIAL
Source : Méditations radiodiffusées. FPF, 03.06.2001.



"Vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous et vous serez mes témoins…". Voilà un ordre de marche clair et précis ! Dernière parole de Jésus à ses disciples, on peut la comprendre comme les dernières paroles d’un chef à son commando avant de le parachuter en territoire ennemi. Mais cette parole prend encore plus de relief quand on la remet dans son contexte.

A ceux des siens qui sont préoccupés de savoir quand le royaume va venir pour Israël, Jésus répond : "Ne vous occupez pas de cela, ce n’est pas à vous de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité ; ce qui vous appartient, c’est d’être mes témoins, non seulement en Israël mais jusqu’aux extrémités de la terre". Une fois Jésus monté au ciel, l’heure n’est plus à la contemplation béate et stérile, ni au découragement, ni davantage à la spéculation. Elle est à la mission : "Vous serez mes témoins", et pour cela vous allez recevoir une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous. Et Dieu a tenu Parole.

Mais témoins de quoi ? Nous sommes tous convaincus de la nécessité d’être témoins.
Mais que faut-il entendre par là ?
Il suffit de parcourir quelques pages du livre des Actes pour s’apercevoir que les disciples étaient avant tout témoins de la résurrection. "C’est ce Jésus que Dieu a ressuscité, nous en sommes tous témoins". Voilà ce qui peut nous surprendre, nous qui considérons d’abord, à la suite de Paul, le témoignage à rendre au Christ crucifié.
Pourquoi cet accent mis sur la résurrection dans la proclamation des apôtres ?
Parce que la résurrection est l’élément décisif de la bonne nouvelle : plus que l’enseignement de Jésus, plus que ses miracles et sa mort, c’est la résurrection qui atteste qu’il est le Christ. En effet, d’autres hommes ont enseigné, opéré des miracles ou payé de leur vie leur engagement ; aucun n’est revenu du séjour des morts. La résurrection de Jésus est sans analogie. Paul reconnaît, lui aussi, l’importance capitale de la résurrection lorsqu’il affirme que Jésus a été "déclaré Fils de Dieu avec puissance, selon l’Esprit de sainteté, par sa résurrection d’entre les morts".
Les apôtres sont des témoins au sens propre du terme : ils ont vu Jésus ressuscité. Ils en rendent témoignage.
Mais nous, le pouvons-nous ?
Si nous sommes dans l’impossibilité d’être jamais témoins de la résurrection, en revanche nous sommes appelés à être témoins du ressuscité par la puissance du Saint-Esprit.

Qu’il me soit permis de rappeler deux conditions requises de tout témoignage :
Pour qu’il y ait témoignage, il faut que le témoin ait vu, ou vécu, quelque chose. C’est le minimum que l’on attend de lui. Posons-nous honnêtement la question : qu’avons-nous vu de l’action du ressuscité dans nos vies ou dans nos Eglises ? Le connaissons-nous vraiment, ainsi que la puissance de sa résurrection ? S’il nous faut répondre par la négative, nous ne sommes pas encore des témoins du ressuscité, mais de simples perroquets du témoignage apostolique, et nous avons donc besoin d’une action de l’Esprit de Dieu dans nos vies.
Pour être crédibles, il faut qu’il ait convergence entre notre dire et notre vécu.

Faut-il donc être parfaits pour être témoins ? Je ne le pense pas. Non, car on ne témoignerait plus jamais ! Et même si tous les chrétiens parvenaient à s’entendre, même s’ils parvenaient à vivre pleinement ce qu’ils prêchent, leur témoignage serait encore insuffisant pour convaincre le monde.

"Vous êtes témoins de ces choses. Et voici, a dit Jésus, j’enverrai sur vous ce que mon Père a promis. Mais vous, restez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la puissance d’en-haut" (Luc 24/48-49).

Les disciples ne pouvaient pas être témoins sans avoir été préalablement revêtus d’une puissance qui seule donnerait à leur message toute sa force de persuasion : la puissance d’en-haut, c’est-à-dire la puissance du Saint-Esprit. Car c’est le Saint-Esprit qui convainc.

MUSIQUE : Orgue J.S. Bach par B. Foccroulle – RIC 032013 – plage 5

"Quand sera venu le Consolateur, que je vous enverrai de la part du Père, l’esprit de vérité qui vient du Père, il rendra témoignage de moi et, vous aussi, vous rendrez témoignage, parce que vous êtes avec moi dès le commencement" (Jean 15/26s).

Lorsque Pierre fait allusion au témoignage du Saint-Esprit, que faut-il entendre par là ?
Sans doute le "témoignage intérieur du Saint-Esprit", selon la formule classique, c’est-à-dire l’œuvre de conviction intérieure. Mais je crois qu’il indique autre chose. Si nous prenons garde au contexte, nous sommes amenés à parler du témoignage extérieur du Saint-Esprit. Nous lisons, en effet, dans le même chapitre : "Beaucoup de miracles et de prodiges se faisaient au milieu du peuple par les mains des apôtres".
N’avons-nous pas complètement évacué cette dimension pratique du témoignage du Saint-Esprit ? Pour rendre témoignage à Jésus, le Saint-Esprit ne se contente pas de toucher la pure intériorité, il désire également se manifester dans la vie concrète de son peuple.

Alors faut-il une nouvelle Pentecôte ?
La question peut effectivement se poser.
Jésus nous dit-il aujourd’hui encore : "Restez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus de la puissance d’en haut" ?
Devrions-nous aussi attendre jusqu’à ce qu’il nous ait donné son Esprit ? Je ne le pense pas.
Le Seigneur a donné son Esprit à "l’Eglise lors de la Pentecôte" et, au moment où nous entrons par la foi dans le corps de Christ, l’Esprit nous est donné. "Si quelqu’un n’a pas l’Esprit du Christ, il ne lui appartient pas" (Romains 8/9).
Gardons-nous cependant de considérer nos relations avec Dieu comme quelque chose "d’automatique". Si nous confessons le Saint-Esprit comme une personne, nous ne pourrons nous satisfaire de l’avoir reçu une fois dans le passé, pas plus que nous ne pouvons décréter qu’une fois le contrat de mariage signé, nous n’avons nul besoin, entre époux, de nous voir, de nous écouter, de nous aimer.
Le témoignage du Saint-Esprit ne va pas accompagner notre témoignage de façon mécanique en raison d’un "contrat" passé il y a longtemps. Si nous n’avons plus à attendre le Saint-Esprit déjà reçu, nous avons à nous attendre à Lui. C’est pourquoi la prière est appelée à jouer un rôle capital dans notre témoignage. Mais, là encore, attention : prions non seulement pour que les non-croyants soient touchés, mais pour que notre témoignage soit plein d’assurance, pour qu’il soit accompagné du témoignage intérieur et extérieur du Saint-Esprit. Telle est d’ailleurs la prière bouleversante de la première communauté chrétienne. Ces hommes et ces femmes ne se sont pas reposés sur leur expérience, pourtant récente, de la Pentecôte.
Comment pourrions-nous nous reposer sur nos maigres ressources ? Elevons nos voix avec eux et disons : "Et maintenant, Seigneur, donne à tes serviteurs d’annoncer ta parole avec une pleine assurance, par le nom de ton saint serviteur Jésus". Et Dieu tient parole.




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