|
|
Accueil |
Envoyer à un ami |
Version imprimable |
Augmenter la taille du texte |
Diminuer la taille du texte
Jean 10/1-11 Albert BERRUS
Texte : Jean 10/1-11
Genre : Prédication Auteur : Albert BERRUS Source : Prédication, Nîmes (Grand Temple). Frères et sœurs, pourquoi les écoles bibliques ? Pourquoi les catéchismes ? Pourquoi le culte ? N’est-il pas suffisant de connaître l’histoire de son temps pour bien agir ? N’est-il pas suffisant de connaître la science actuelle pour bien s’en servir ? N’est-il pas suffisant de bien organiser ses journées, de bien conduire sa vie ? D’abord, les études ; le catéchisme après… D’abord le travail ; l’Evangile après… D’abord la vie ; le culte et la prière après… Ainsi, ce que l’Eglise offre est un supplément, et un bon supplément. Puisque nous sommes ici aujourd'hui, nous croyons qu’il vaut la peine de connaître Jésus-Christ. Et, chers amis, nous aimerions que cette manière de penser soit juste ; cela nous arrangerait bien ! Mais Jésus n’est pas un supplément d’existence ; il est la VIE ! Jésus n’est pas un ornement, il est le fondement. Et l’école biblique, le catéchisme, le culte, sont sans cesse là pour nous le rappeler en nous posant continuellement la question : Qui est Jésus-Christ pour toi ? Qu’est-il devenu dans ta vie ? Aujourd’hui, il se présente à nous comme le Bon Berger. Qu’allons-nous en faire ? En effet, avons-nous encore besoin de berger ? C’était peut-être bon pour le premier siècle, mais aujourd’hui, l’homme est sorti de l’enfance, il est majeur rapidement. Il est impossible de comparer les parents et les enfants de ce siècle à des brebis plus ou moins dociles ! Cette comparaison ne tient plus… Croyez-moi, en parlant ainsi, nous passons à côté de ce que Jésus veut dire. La brebis, c’est l’animal qui ne sait pas trouver son chemin : elle n’a pas le sens de l’orientation. Elle n’est pas le chien qui se retrouve, ni le taureau qui regagne sa prairie. Le problème important pour elle, c’est d’être conduite au pâturage. Et n’est-ce pas le problème des hommes de notre temps ? Ils n’ont pas besoin d’accumuler plus de bagages ; ils en ont plein la tête, plein les mains, mais où aller avec tous ces bagages ? Tout mon savoir, tout mon savoir-faire, qu’en faire ? C’est le problème du chemin : où aller ? Pourquoi vivre ? Voilà qui est essentiel. C’est pourquoi, quand nous sommes déprimés, nous sommes en train de perdre notre raison de vivre ; et quand nous sommes joyeux, nous sommes dans l’espérance. Continuellement, nous avons besoin d’avoir un but à nos journées, à notre vie. Et souvent, ce sont des hommes qui nous donnent ce but : combien suivent des “leaders”, qu’ils soient philosophes ou politiciens, ou bien encore des idoles de la chanson ; ce sont des chefs de file. Soyons sans illusion : nous avons tous besoin d’un berger. Les foules sont toujours à sa recherche, quand elles ne croient pas l’avoir trouvé. Et Jésus le sait. Et devant tous les nombreux bergers, il ose dire : Je suis le Bon Berger. Je ne suis pas un berger parmi d’autres, je suis l’unique. Et même, il va plus loin : tous les autres bergers ne sont que des mercenaires. Vous me direz : il est méprisant pour les autres. Je ne le pense pas : il est clairvoyant, il est lucide et réaliste. Il sait que c’est souvent le profit, la gloire, le désir d’être d’avant-garde, qui animent tous les bergers que l’on peut rencontrer parmi les hommes. D’ailleurs, il suffit de voir ce qui se passe à l’heure du danger. Le mercenaire prend la fuite lorsqu’il voit venir le loup, tandis que le vrai berger donne sa vie pour ses brebis. En effet, le don de soi est le signe du bon berger. Si Jésus s’est accrédité aux yeux de ses disciples, c’est bien parce qu’il s’est donné. Si nous regardons à lui vingt siècles après, c’est bien parce qu’il n’a pas pris la fuite ; mieux, il a ouvert le chemin. Le bon berger passe devant, il reçoit les coups. Il n’est pas celui qui tire les ficelles par derrière et s’esquive au moment difficile ; non, Jésus n’abandonne pas, même quand tous l’abandonnent. Il ne lance pas ses troupes en avant, tout en restant à l’arrière-garde ; au contraire, il laisse partir ses troupes et reste seul dans l’affrontement de Gethsémané. Jésus passe devant, il démasque l’ennemi. C’est pourquoi nous avons envie de suivre Jésus : il n’est ni un poltron ni un profiteur. Plus encore, il respecte la liberté de ses disciples : il ne les contraint pas à suivre s’ils lâchent ; et il les reprend ensuite. C’est extraordinaire : il pratique le pardon et fait vivre le recommencement. Jésus n’envoûte personne (au contraire des sectes et des gourous) : il laisse toujours libre de suivre ou de s’arrêter. Il laisse libre de regarder ailleurs : il n’inculque pas ses idées, il éduque notre liberté. Certes, il montre où est la vraie nourriture, il y conduit. Mais ensuite, il laisse chaque brebis prendre ce qu’elle veut dans le pâturage. Jésus ne nous fabrique aucune pâtée conditionnée. Il nous rend également participant. Car, en fait, il est conducteur du troupeau, mais aussi agneau dans le troupeau. Il nous montre Dieu tel qu’il est, et l’homme tel qu’il est appelé à être. Et cela, dans une relation d’amour, une relation vivante : Je connais mes brebis et elles me connaissent. Avec lui, la brebis n’est pas un objet, plus ou moins docile ; elle n’est pas un numéro. Elle est une personne connue par son nom. Nous avons été baptisés au nom de Jésus : ce jour-là, nous avons été appelés par notre nom. Jésus connaît chacun en particulier, avec sa mission spécifique, et il veut que nous agissions de même à son égard. Alors, il peut ajouter : Mes brebis connaissent ma voix; elles ne suivront pas un étranger. C’est bien cela que nous voulons provoquer par l’école biblique, le culte ou le catéchisme : que la voix de Jésus soit connue et reconnue entre mille. Que l’on sache où il parle et où il est silencieux. Là où on l’imite et où on falsifie sa voix et là où on l’écoute. Mes brebis ensemble discerneront mes appels, et cela dans la mesure où elles vivront près de moi. En effet, c’est dans la mesure où l’on vit près de quelqu’un qu’on le reconnaît au timbre de sa voix, à ses pas, à ses gestes,… Quand Jésus est ainsi connu, il n’y a plus rien à craindre. C’est pourquoi les premiers disciples ont pu facilement discerner dans quels écrits la voix de Jésus les atteignait, et là où ils ne l’entendaient pas ; c’est ainsi qu’ils ont choisi les 27 livres du Nouveau Testament. Et, vingt siècles après, on constate encore qu’ils ne se sont pas trompés. Essayons donc de bien discerner la voix de Jésus à travers les pages de l’Evangile, pour bien discerner ce qu’il nous demande aujourd’hui. Ecoutons-le avec les autres chrétiens, car c’est ensemble que l’on évite les erreurs. C’est pourquoi il est important de rester ensemble, de rester dans l’Eglise, qui est le rassemblement du peuple de Dieu. C’est là que les fils reconnaissent la voix du Père, et que les frères comprennent la voix du Frère unique. En parlant ainsi, bien entendu, il convient de ne rien figer. Nous savons très bien que la voix des parents est perçue différemment selon les moments et les âges. On n’entend pas la voix de ses parents ou de ses amis de la même manière, quand on est révolté, indifférent ou enthousiaste. Le dialogue est différent à 8 ans, à 12 ans, à 15 ans, à 25 ans. Et il est vrai aussi qu’il y a le dialogue de la foi de l‘enfance, de l’adolescence, de la maturité et de l’expérience, celui de la révolte, celui de la somnolence et celui du réveil. Mais la voix qui nous aime reste toujours la voix qui nous aime. Il est bon que la famille de l’Eglise, avec ses divers âges, ses diverses situations, reçoive réunie la voix et la Parole de son Seigneur. Il y a là un réel enrichissement. Mais, direz-vous, qu’est-ce qui prouve qu’on est devant le Christ et non devant un étranger ? Devant le Christ, on reste toujours libre. On peut écouter sans suivre ; on peut être auditeur sans être disciple. Et souvent, nous usons, nous abusons de cette liberté… C’est le signe du vrai troupeau. Mes brebis m’écoutent et ensuite elles me suivent dans un acte libre d’amour. Là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté, parce que c’est Jésus, le Fils de Dieu, qui est notre Bon Berger. Marchons à son écoute et à sa suite ! Amen. Autres textes de la même catégorie
|
Inscription à la newsletter
|
Cultes contemporains
Jean 10/1-21 Bettina Cottin