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Jean 06 v 60-69 Albrecht Knoch
Texte : Jean 6/60-69
Genre : Prédication Auteur : Albrecht KNOCH Source : Prédication du 27.08.2000, trouvée sur le site de la Paroisse du Mont Vaudois à Héricourt. Il faut choisir, frères et sœurs, il faut choisir avec qui on fait route, il faut choisir entre de fausses croyances et la vraie foi. Dans les deux passages bibliques que nous venons d’entendre, le message est clair : Il faut choisir Dieu, il faut opter pour la vie avec Dieu ; sinon, c’est perdu. Mais ce choix, il est donné par Dieu : "Personne ne peut venir à moi si cela ne lui est donné par le Père", dit le Christ. I. En notre société d’aujourd’hui, nous le vivons tous les jours à bien des niveaux, même les plus simples, il faut choisir : au magasin, il faut choisir entre cinq sortes différentes de yaourt, et chacune des sortes nous promet – par le biais de la publicité – davantage la vie bonne qu’une autre. Les jeunes, beaucoup plus qu’il y a une ou deux générations, doivent choisir leur formation – quitte à se retrouver au chômage, s’ils ont mal choisi. On ne reprend plus automatiquement le métier du père ou de la mère, comme il était courant à Héricourt, où les jeunes allaient quasi automatiquement entrer dans la même usine que leurs parents. Quant à la vie spirituelle aussi, en notre société, l’église n’est plus la seule à proposer une interprétation de la vie et de la mort. D’autres groupes et tendances sont là pour expliquer l’univers, à leur manière et, là encore, il faut choisir. Cette mutation de notre vie, beaucoup en ressentent plutôt l’embarras du choix, et moins l’ouverture énorme que cette évolution représente. Aujourd’hui, il faut choisir, il faut se choisir, son appartenance, son identité, elle ne nous est plus donnée quasi automatiquement comme dans le temps. II. Dans l’évangile, il s’agit aussi d’un choix pour une vie nouvelle, un choix pour la construction de sa vie, pour la construction de son identité, mais ici, par rapport à Dieu et ainsi par rapport aux humains, avec qui nous vivons. Comme à Sichem, où tous les membres du peuple d’Israël sont invités à choisir Dieu, pour confirmer leur appartenance au Dieu vivant. Comme à Sichem, Jésus vient pour – et voilà une première différence – lui-même opérer une séparation entre ceux qui lui appartiennent ou non. Parce que Jésus-Christ vient dans l’univers, déjà le discernement est mis en route. Parce que Jésus-Christ dit clairement et ouvertement qui il est, une séparation se fait. Oui, ce n’est pas tout le monde qui veut écouter et qui peut entendre ce que Jésus dit : "Cette parole est rude ! Qui peut l'écouter ?", disent ils. Pour certains, c’est trop dur de l’accepter : « le pain descendu du ciel », ce serait cet homme que nous voyons ? Lui, il veut être le pain de vie ? Mais la difficulté s’accentue : « Si le Fils de l'homme monte là où il était auparavant... » : cette montée vers Dieu, elle ne se fait pas dans la gloire et la fête ; cette montée vers Dieu, elle passe par le calvaire ! C’est cette réalité de l’incarnation de Dieu en Christ que peu voudraient admettre ; ce sont les attentes déçues qui font que beaucoup se détournent de Jésus. III. Les autres, eux, ils ne veulent pas s’en aller, les autres, ils ont compris : Il n’y a pas d’autre vers qui on pourrait aller. "Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as des paroles de vie éternelle". Toi, tu es celui qui vient de la part de Dieu, au nom du Seigneur ; en toi la vie de Dieu se fait entendre ; toi, tu ouvres une nouvelle vie à ceux qui entendent cette parole. Ceux qui disent cela, ceux qui font le choix de rester aux côtés de Jésus, qui confessent leur foi, ils ne le font pas d’eux-mêmes. Non, cela leur est donné par Dieu. Voici la deuxième différence avec les choix que nous pouvons faire dans la vie pratique. Car croire que Jésus est le pain descendu du ciel qui se donne à manger, croire que Jésus est celui qui découvre pour nous le visage de Dieu, croire que Jésus retournera dans la vie de Dieu en passant par la mort sur la croix, cela ne vient pas de nous-mêmes. Pierre et les disciples mettent toute leur confiance en Jésus, en personne d’autre, et surtout, ils ne mettent pas leur confiance en eux-mêmes, mais en celui qui les a choisis. Ils attendent tout de Dieu qui, lui, donne de pouvoir venir au Christ, venir à sa suite. IV. Tout d’un coup, le mouvement du choix se trouve inversé : ce n’est pas nous qui choisissons Dieu, mais c’est lui qui nous choisit. « Personne ne peut venir à moi si cela ne lui est donné par le Père ». Alors, si toi tu es parmi ceux et celles qui continuent à faire route avec Jésus, ne crois pas que c’est toi qui en soit responsable ! Par rapport aux choix dont j’ai parlé au début que, dans la vie quotidienne, nous n’arrêtons de faire, avec Dieu, c’est différent. Il s’agit d’abord de se laisser choisir. Il s’agit de se laisser entraîner par l’amour de Dieu, pour ensuite répondre par la confession de foi, en paroles et en actes. En se laissant choisir, Dieu construit en nous notre identité, il nous donne une appartenance Car Dieu a fait son choix de faire avec nous, comme il a choisi de faire avec les disciples ; il fait avec notre courage comme avec notre lâcheté, avec notre dynamique comme avec notre fatigue, avec notre largeur comme avec notre étroitesse. Oui, il nous choisit pour nous associer à son œuvre, pour appeler d’autres à suivre le Christ, et pour nous donner la vie. Amen. Autres textes de la même catégorie
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