|
Liturgies
Notes bibliques ou théologiques
Prédications
Cantiques
|
Accueil |
Envoyer à un ami |
Version imprimable |
Augmenter la taille du texte |
Diminuer la taille du texte
Jacques 5/7-20 David MITRANI
Texte : Jacques 5/7-20
Genre : Prédication Auteur : David MITRANI Source : Prédication pour le 28.09.2003 à Châteauneuf & Jarnac (16). "Le Seigneur vient !". Chers amis, cette annonce nous met mal à l'aise, vous le savez bien. Ça fait "évangélique", et puis, au fond, nous n'y croyons pas trop, nous ne savons pas ce que ça veut dire. Faut-il espérer la venue du Seigneur ? Serait-ce alors que celle que nous raconte le Nouveau Testament n'a pas suffi ? !… Ou bien n'était-ce qu'un intermède dans une vision du monde, une histoire, qui reste fondamentalement liée à l'Ancien Testament ? Viendra alors, à la fin des temps, le Juge suprême qui rendra à chacun selon ses œuvres. Gare aux pécheurs… que nous sommes, n'est-ce pas ? ! A moins que nous n'ayons ici que l'espérance hors du monde que nous reprochent les matérialistes de tout poil. Faisons profil bas en ce monde de misère, ne nous révoltons pas, ne changeons rien, car nous aurons tout ce jour-là, le jour où le Seigneur viendra… Combien de chants d'esclaves de par le monde n'ont-ils pas chanté cette attente, cette espérance que ce qui fait mal ici et maintenant aura disparu là-bas ce jour-là ?… Patientons donc, comme l'écrit Jacques dans son épître. Frères et sœurs, ces deux visions procèdent de la même conception, elles ne changent que par le regard qu'elles portent sur nous-mêmes. Sommes-nous des méchants ? Alors il nous faut craindre la colère à venir… demain ! Sommes-nous de pauvres victimes ? Alors il nous faut l'espérer… demain ! Dans les deux cas, c'est la colère qui vient. Dans les deux cas, elle vient demain, et en attendant rien ne change. Dans les deux cas, notre présent n'est pas concerné, voilà ce qui nous gêne avec ce thème, et là nous avons raison, car l'Evangile concerne le présent. L'Evangile concerne le présent… L'Evangile concerne ma vie de tous les jours… Eh bien, écrit le frère du Seigneur, l'espérance chrétienne concerne donc bel et bien le présent, et singulièrement ma vie quotidienne, et notablement notre vie communautaire, notre vie d'Eglise. L'espérance chrétienne ne concerne nullement ce qui se passe après la mort, mais bien ce qui se passe avant. L'espérance chrétienne, c'est pour aujourd'hui. Qu'est-ce que ça change aujourd'hui, dans ma vie et entre nous, que le Seigneur vienne bientôt ? Dans notre texte, il est question d'un émerveillement. Oh, pas un enchantement : notre vie n'est pas détachée du réel, ce n'est pas une question de mythologie ! Un émerveillement. Oui, le réel va changer, le réel est en train de changer. L'image de la récolte n'est pas anodine, l'auteur aurait pu prendre celle aussi de la grossesse. Quelque chose de neuf va venir, qui est en train de se préparer. Ça ne va pas surgir comme ça, de rien, par miracle. Le travail se fait, et il y faut le temps, le temps de la patience, la nôtre, dit Jacques, mais aussi celle de Dieu, dira Pierre dans une de ses épîtres à lui (2 Pierre 3/9). Mais qui dit patience ne dit pas "rien faire". Qui dit patience dit changement de comportement. Qui dit patience à l'égard de Dieu dit donc patience à l'égard des autres et de soi-même. Sinon, c'est que je me prends pour Dieu, condamnant les autres lorsque je suis fort, bon et pieux, ou bien me condamnant moi-même lorsque je suis faible, méchant et pécheur. Mais, fort ou faible, c'est cette attitude-ci qui me fait pécheur, justement ! Me mettre à la place de Dieu, puisque lui ne fait rien, puisque lui ne vient pas, puisque lui ne viendra pas et m'a donné tout pouvoir… Non. Il vient bientôt, et ce pouvoir n'est donc pas mien. Je ne suis qu'à ma place. Pas encore condamné. Et pas en situation de condamner qui que ce soit ! Je ne suis qu'à ma place, mais celle-ci n'est plus un lieu de jouissance ou de révolte, un lieu d'angoisse ou de découragement. Ma place est désormais un lieu de patience, parce que mon Seigneur vient bientôt. Mais regardez qui donc Jacques a pris comme exemples de patience dans la Bible : les prophètes, et Job ! J'avoue que ce ne sont pas ces personnages-ci qui me seraient venus à l'idée en matière de patience. Les prophètes, ils disent et parfois vivent la révolte. Celle de Dieu contre le péché et la désobéissance, certes. Mais parfois aussi la révolte contre Dieu. Et ça, c'est Job aussi. Alors, Job patient, Job émerveillé ? En tout cas, Job "résistant dans l'épreuve". Job, qui à cause de Dieu se révolte contre Dieu. Ou, pour dire autrement, Job qui en appelle à Dieu contre la souffrance, le mal et la mort. Voilà la patience de celui qui sait que "son rédempteur est vivant, et qu’il se lèvera le dernier sur la terre" (Job 19/25). Job patient, parce qu'il attend. Job heureux ? Job tout entier tendu vers un bonheur qu'il ne voit pas, dont toutes ses tripes lui crient qu'il n'existe pas. Job tourné vers Dieu. Emerveillement. L'être humain qui sait que son Seigneur vient, est tourné vers lui. Lorsque je n'attends personne, je suis moi-même l'objet de mes soins, de mon attention. Quand bien même je tournerais ma vie vers les autres (cf. 1 Corinthiens 13/1-3), c'est encore moi-même qui y serais important, et mon engagement serait le critère de ma vie, mon engagement, et non pas ceux pour qui je m'engagerais… On peut être altruiste par dépit ou par égoïsme, donc. Mais celui qui attend, c'est l'autre qui donne sens à sa vie. Mes amis, quel est le sens de notre existence, à chacun ? Nous sommes partagés. Nous attendons le Seigneur, certes, même si nous ne le disons pas avec ces mots. Mais aussi, comme il n'est pas là, il faut bien s'occuper du reste… Aujourd'hui, à travers Jacques, il nous repose la question : c'est oui ou c'est non ? "Dites simplement oui quand c’est oui, et non quand c’est non !". Ne soyez pas calculateurs, par défi ou par nécessité. Mais soyez émerveillés, dites oui ! Voilà à quoi Jacques nous invite, voilà à quoi la perspective, l'attente, de la venue du Seigneur, nous invite. Dites oui au Seigneur, dites oui à Dieu, vraiment, dans la vie de tous les jours. Chers amis, les exemples que donne saint Jacques sont insupportables pour qui n'attend pas le Seigneur. Mais il précise bien : "parmi vous". Car parmi nous, oui, il y en a qui souffrent, il y en a qui sont heureux, il y en a qui sont malades, il y a même des Anciens, responsables de l'Eglise. Jacques n'écrit pas pour des païens, pour des gens sans espérance, pour des hommes et des femmes perdus, prisonniers du hasard et de la nécessité. Il écrit pour nous, nous à qui il vient de dire d'être émerveillés de la venue prochaine du Seigneur ! Nous, prophètes. Et que fait un prophète dans la souffrance, pour témoigner que Dieu vient ? Il prie ! Et que fait un prophète dans le bonheur, pour témoigner que Dieu vient ? Il loue ! Un prophète n'est pas un héros. Dans la souffrance, il n'arrive pas à ignorer celle-ci. Dans le bonheur, il n'arrive pas à mépriser celui-ci. Souffrant ou heureux, simplement, difficilement sans doute, il se tourne vers Dieu, pour Dieu. Sa souffrance ou son bonheur témoigne ainsi de Dieu et y trouve sens, et lui, le prophète, il en est libre, car il les offre à Dieu pour son service. Quant à celui qui est malade, comme à ceux qui dirigent l'Eglise, eux aussi témoignent de cette attente de Dieu, de cette espérance irrationnelle non pas que Dieu guérira, mais que Dieu sauvera ; non pas que Dieu empêchera de tomber, mais que Dieu relèvera. Dieu vient, et le présent est transformé par l'attente. Emerveillement de ce qui n'est pas encore visible, mais qui déjà travaille. Emerveillement non pas de ce que Dieu guérit les corps, mais de ce que Dieu pardonne les péchés, c'est-à-dire guérit les personnes tout entières ! Déjà l'entourage de Jésus ne comprenait pas cela. Vaut-il mieux guérir le corps ou pardonner les péchés ? Si c'est moi qui compte, alors, Seigneur, guéris mon corps, mon cœur et ma tête. Mais si c'est toi qui comptes, Seigneur, fais de moi ton enfant, et cela me suffit ! Voilà où est la différence. L'important n'est ni mon état de santé ni mon compte en banque ni ma capacité à faire ceci ou cela. L'important – si le Seigneur vient – c'est que mon péché va m'être enlevé, pardonné, lui qui empoisonne mon existence. Emerveillement et prière. C'est la même chose. "Priez les uns pour les autres afin d’être guéris", dit l'auteur de l'épître. Car aucun n'est à l'abri de se perdre, et nous avons tous besoin que les autres, les autres parmi nous, nos frères, nos sœurs, soient forts et se tiennent debout, afin de pouvoir nous relever lorsque nous tombons. Si nous n'attendons pas la venue du Seigneur, que chacun marche donc sur sa propre route, et s'il tombe, qu'il se relève seul, ou bien qu'il reste à terre, que m'importe ! Je me débrouille moi-même tout seul… Mais si le Seigneur vient, allez, mon frère, ma sœur, allez, relève-toi, relève-moi, allons-y ensemble ! Emerveillement, prière et résurrection. Le Seigneur vient, et il "va pardonner beaucoup de péchés". Frères et sœurs, je ne sais pas si vous en avez clairement conscience, mais cette annonce vaut plus que tout au monde. Elle vaut la peine, oui, que Dieu passe avant toute autre priorité dans notre vie. Dieu. Pas l'Eglise forcément, pas un retrait du monde en tout cas. Dieu, qui vient dans le monde. Dieu, qui vient me relever, me transformer, me faire vivre, aujourd'hui, dans ma souffrance ou mon bonheur, dans ma maladie ou mes responsabilités. Dieu en premier, puisque Dieu s'approche. Dieu vient bientôt. Ne vous demandez pas où ni quand. Où, c'est chez vous. Et peu importe quand : tenez-vous prêts à l'accueillir, simplement, comme l'ami qui s'invite et dont la venue oriente tout votre présent. "Amen. Viens, Seigneur, Jésus" (Apocalypse 22/20). Cantiques : * NCTC 188 = ARC 456 Tu vins, Jésus * NCTC 279 = ARC 616 Confie à Dieu ta route |
Inscription à la newsletter
Sondage
|
Cultes contemporains
Matthieu 11 v 2-11