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Jacques 5/7-10 Alphonse Maillot
Texte : Jacques 5/7-10
Genre : Notes homilétiques Auteur : Alphonse MAILLOT Source : Voici l’homme — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année A (Avent-Noël-Epiphanie jusqu’au Carême non compris). Mission intérieure de l’Eglise Evangélique luthérienne, s.d. (p. 28-30). 3° dimanche de l’Avent Jacques 5/7-10 Je me permets tout d'abord de recommander pour les lectures concernant cette épître, le remarquable commentaire de François Vouga (L'épître de Saint Jacques ; Commentaires du Nouveau Testament XIIIa, Labor & Fides, 1984) ; tout comme lui d'ailleurs, j'hésiterais à traduire le verbe du v. 7 par "attendre" ou "être patient", non seulement parce que la patience est trop souvent comprise comme une vertu passive, une résignation, mais parce que, littéralement, c'est : "Avoir un grand coeur", un "grand courage" ; je traduirais : "Faites preuve et de coeur et de courage" (même si ces deux mots ont en français même origine), cf. d'ailleurs au v. 8 l'expression parallèle : "Affermissez vos cœurs !" ou : "Fortifiez votre courage" (cf. aussi le début de l'épître). Ceci laisse bien supposer que, le Seigneur tardant (ici, je ne suis plus tout à fait d'accord avec F. Vouga), bien des chrétiens de l'époque (la lettre de Jacques est une sorte de circulaire) se laissent aller au moins à la morosité ; d'autant plus que les temps (et les autorités civiles, mais aussi les "possédants" : cf. 5/1-6) sont difficiles. Jacques veut éviter que les chrétiens tombent, soit dans une passivité résignée (envers les événements), soit dans une amertume agressive (envers les autorités), soit dans la jalousie (envers la "bourgeoisie", parfois chrétienne, qui semble déjà installée, cf. plus haut : 5/1-6). Cette attente chrétienne doit être forte, courageuse, tout d'abord parce que le Seigneur, non seulement est tout près (v. 8), mais parce qu'il va paraître (nous avons ici le mot "Parousie" : v. 7). Que le Seigneur soit proche est, ici encore, compris, osons dire : de manière spatiale (il est proche de nous, il est même au milieu de nous, mais nous ne le voyons pas ; cf. fin du v. 9). Cependant si cette "solide espérance" (le mot n'y est pas, mais c'est bien de cela qu'il s'agit) doit être forte, c'est parce que le temps d'une vraie récolte viendra (cf. encore Romains 8/19-25) ; ce monde (et a fortiori l'Eglise ainsi que les chrétiens) a été ensemencé ; il n'est pas une irréalité stérile dont rien de bon ne peut sortir et qui serait seulement destinée à la destruction pure et simple. S'il en était ainsi, le Seigneur aurait déjà tout révélé ; mais heureusement il n'en est pas ainsi, et il faut que le monde, fertilisé par les pluies ("près d'accoucher", précise Paul en Romains 8), qui ne viendront qu'en leur temps, aille jusqu'à la récolte. La patience chrétienne n'est donc pas creuse, ni seulement agressive, ou simple attente du jugement, mais c'est la certitude "paysanne" : a) qu'au bout il y a la moisson ; b) qu'entre temps, toute impatience ou toute intervention (cf. Matthieu 13/28-30) inopportune, serait pour le moins dommageable au plan de salut de Dieu. Et très logiquement, Jacques demande aux chrétiens de ne pas anticiper sur la récolte mûre (et le tri qu'elle comportera, cf. toujours Matthieu 13), en triant dès maintenant, en jugeant dans l'Eglise entre les bons chrétiens (son clan) et les mauvais (les autres !) (v. 9). C'est Dieu seul qui jugera. En attendant, faisons comme certains personnages de l'Ancien Testament qui ont montré leur endurance au mal (qu'on cherchait à leur faire) et leur ténacité dans l'annonce de la parole. Et Jacques cite alors (au v. 11) Job, ce qui pose plus de problèmes que cela n'en résout. Car, en fait, il y a au moins deux Job : celui du Prologue ainsi que de l'Epilogue, et celui de la querelle avec les amis/ennemis, mais déjà on privilégiait le "Job" du Prologue. |
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Matthieu 11 v 2-11