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Jacques 2 v 14-26 J-D Wohlfahrt
Jq 2/14-26 dimanche missionnaire
Vous voyez que l'homme est justifié par les œuvres. Dépêchons-nous de prêcher sur ce texte puisque dimanche prochain nous serons à coup sûr amenés à réentendre l'affirmation centrale de la Réformation, à savoir que le salut est dû à la foi seule. Certains me diront que la bIble n'est pas à une contradiction près… Hé oui, voilà Jacques, disons tout de suite que Luther n'aimait pas ce texte qu'il traitait d'Epître de paille! Jacques donc, que la tradition dit frère de Jésus, qui serait classé aujourd'hui parmi les super conservateurs peut-être même parmi les conservateurs frileux, Jacques donc qui nous dit que la foi sans les œuvres, c'est pas vraiment ça, pire: c'est le chemin de la mort voire déjà même la mort. Remarquez bien qu'il ne dit pas que les œuvres sont la foi, ni que les œuvres font la foi ou tiennent lieu de foi mais il dit tout à fait clairement qu'il y a complémentarité, conséquence logique, lien indiscutable et indispensable de l'un à l'autre. Pas de foi sans œuvre et pas d'œuvre valable aux yeux de Dieu qui ne soit dictée et soutenue par la foi. Or la grande redécouverte des réformateurs, basée sur des textes bibliques indiscutables, était bien que la foi seule sauve. Nous ne saurions revenir sur ce principe, base de toute théologie réformée. La question qui se pose à nous aujourd'hui n'est pas de savoir si foi ou si œuvres, la question est de définir l'un par rapport à l'autre, l'un dans son rapport à l'autre. Et comme nous célébrons aujourd'hui un "culte missionnaire", j'aimerais évoquer les missionnaires comme hommes et femmes ayant pleinement œuvré pour le royaume de Dieu. La mission est à n'en pas douter œuvre d'hommes et de femmes convaincus, prêts à affronter des difficultés sans nom pour proclamer, dans des conditions souvent périlleuses, la parole de Dieu, la parole qui fait vivre et donne un sens à toute vie. Je ne pense pas tant aux missionnaires modernes dont la voie est toute tracée par les générations qui les ont précédés, qui trouvent à leur arrivée des structures d'accueil sinon optimales mais toujours satisfaisantes, qui sont accueillis avec joie et reconnaissance alors que ceux qui, au XIX°, débarquait dans un pays où tout était inconnu donc danger potentiel, devait d'abord se faire accepter par une population qui n'avait le plus souvent jamais vu un blanc ni n'en avait entendu parler. Ils étaient partis, poussés par la foi, non pas pour se gagner le paradis ou l'entrée dans la vie éternelle mais dans la confiance en Dieu qui veut qu'aucun, qu'aucune ne se perde. Or vivre loin de Dieu, loin de Christ c'est se perdre. Il n'y a rien à ajouter sinon qu'ils furent nombreux à laisser leur vie dans l'aventure. Au fait voilà déjà qui nous permet d'affiner la notion d'œuvres. Les missionnaires partis au Rwanda ou ailleurs en Afrique, en Asie ou en Amérique du Sud, ne sont pas partis pour assurer leur salut éternel mais pour le salut éternel d'hommes et de femmes qui n'avaient pas eu l'infinie chance d'entendre parler de Dieu Père, Fils et St Esprit. L'œuvre dont il est question est donc œuvre de Dieu et non œuvre du missionnaire. Le missionnaire est envoyé de Dieu, envoyé par Dieu. Se sachant aimé de Dieu il reconnaît en tout autre un enfant de Dieu aimé tout autant, un frère, son prochain, avec qui il veut partager l'amour de Dieu. Il a répondu à l'appel pour le bien et pour le salut de son prochain même lointain et différent. Œuvre de Dieu ou œuvre humaine, c'est toute la question. C'est dans la finalité que réside la différence. La conception de l'œuvre selon l'épître de Jacques n'est donc pas contradictoire avec le 'la foi seule sauve' de l'apôtre Paul qui écrivait, lui, à des hommes et des femmes qui, en bons juifs, pratiquaient l'aumône, l'hospitalité, l'entraide etc, et qui, et c'est là le problème, s'appuyaient sur cette pratique pour justifier une véritable exigence du salut "je donne, Dieu doit me donner"; Dieu doit me rendre l'équivalent. Et même s'ils ne le disaient pas aussi crûment ils n'en pensaient pas moins. L'œuvre était devenu un placement comme pour cette personne qui me disait récemment: "Monsieur le Pasteur, j'ai fait tellement de bien dans ma vie que le Seigneur, etc…". Non, ça ne marche pas comme ça. Ce n'est pas pour… que nous agissons, mais parce que…Parce qu'aimés nous pouvons aimer, parce que sauvés nous voulons partager cette grande nouvelle. Et là chers amis, nous nous retrouvons confrontés à nous-mêmes car devant ce texte de Jacques nous ne pouvons pas simplement ouvrir notre parapluie et laisser la parole mouiller les autres, ceux du dehors, c'est bien nous qui sommes visés quand nous pensons: "Dieu me le rendra" ou, "si je ne fais pas ceci ou cela, Dieu me punira". Il serait si facile et si commode de laisser s'installer une spiritualité populaire réduisant l'enseignement de l'apôtre Jacques à un comportement, à des actes, à des gestes que pourrait justifier le simple désir de vivre en harmonie avec son voisin, à une attitude donc simplement humaine. Il serait si facile et si commode de réduire l'enseignement de l'apôtre Paul à sa plus sèche lecture: moi je crois, j'ai la foi, la foi sauve… et tant pis pour les autres. Des excuses pour ne pas bouger, pour ne pas aider celui, celle qui est dans le besoin, on en trouve bien facilement. Sentant le danger d'interprétations minimalistes, de l'enseignement de Paul Jacques nous dit en substance que nul ne sera sauvé parce qu'il aura fait le bien autour de soi, parce qu'il aura tendu la main au désespéré ou qu'il se réclame de la Foi. Sera sauvé celui qui fait le bien, qui tend la main au désespéré au nom de Dieu, qui le fait parce qu'il est convaincu d'être lui-même sauvé par la grâce de Dieu et bénéficiaire de tant de biens de Dieu. Autrement dit celui ou celle qui aura d'abord accepté, pleinement accepté l'œuvre de Dieu en lui. Jacques s'adresse bel et bien à une paroisse, à une église, à des chrétiens et des chrétiennes, à des frères et des sœurs dans la foi. Pas moyen donc pour nous de nous déroger. Pour nous non plus la foi ne doit pas se résumer à une adhésion intellectuelle, elle veut être le point de départ d'une transformation de notre être profond par l'Esprit. Nous ouvrir à l'autre, nous rendre attentifs aux besoins de l'autre et disposés à soutenir, à aider, à donner car, et cela plusieurs d'entre nous ont pu le vérifier dans leur vie, ce que nous donnons ainsi ne nous manque pas parce que le Seigneur veille. Et si ce ne sont que cinq pains et deux poissons, Dieu peut, avec ce don, nourrir 5000 personnes. jdwohlfahrt, St Léonard, le 26/10/2003 Autres textes de la même catégorie
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