|
Liturgies
Notes bibliques ou théologiques
Prédications
Cantiques
|
Accueil |
Envoyer à un ami |
Version imprimable |
Augmenter la taille du texte |
Diminuer la taille du texte
Jacques 2 v 1-9 Louis HONNAY
Texte : Jacques 2/1-9
Genre : Prédication Auteur : Louis HONNAY Source : Prédication pour le 08.09.1985. Ne pas mépriser les pauvres, ne pas accorder aux riches un honneur disproportionné : nous pourrions résumer par cette courte phrase les recommandations de Jacques sur la manière de nous conduire les uns envers les autres. Notre comportement obéit à certains principes, à certaines règles. Ces principes et ces règles sont parfois conscients et nous pouvons les formuler clairement. D’autres fois, ils restent inconscients et nous aurions du mal à dire pourquoi nous faisons telle ou telle chose de telle façon. Mais, formulés ou pas, il arrive que nos principes se confrontent à la volonté de Dieu. Et nous nous apercevons que ce qui nous fait agir ne s’accorde pas toujours avec cette volonté. Il y a conflit entre les deux. -o- C’est vrai dans ce cas particulier de nos relations avec les riches et les pauvres. Jacques fait ressortir ce fait que les vues de Dieu ne sont pas les nôtres. Il s’accorde ici avec toute la Bible et notamment l’Ancien Testament. Dieu choisit Israël pour se révéler et pour faire alliance avec lui. Et pourtant, Israël n’est qu’un tout petit peuple. Sa civilisation est à peu près la même que celle des autres populations sémites qui l’entourent. Il n’apporte rien d’original dans le domaine de l’art ou de l’architecture. Il ne produit pas d’œuvres remarquables comme ses voisins, l’Egypte ou la Mésopotamie. Il n’a pas d’influence politique. Mais c’est pourtant à lui que Dieu s’attache. De ce peuple pauvre, il fait un peuple riche en foi. Et il le restera, malgré ses infidélités, car il saura chaque fois se reconvertir et revenir à son Dieu. Dans l’Ancien Testament, on voit que Dieu aime les pauvres et qu’il les protège. Les cinq premiers livres de la Bible — ce qu’on appelle en hébreu la Torah — contiennent de nombreuses recommandations sur le respect qu’on doit aux pauvres. On doit leur procurer de quoi se nourrir. On doit leur donner leur part de gâteau au moment des fêtes. Les juges ne doivent pas les défavoriser dans les procès. Les prophètes dénoncent souvent les mauvais traitements que les riches font subir aux pauvres et protestent contre les injustices que les pauvres ont à supporter. Partout on trouve un parti-pris en faveur des pauvres. Jacques continue dans le même sens. Il déclare que Dieu choisit ceux qui sont pauvres dans le monde. Souvent l’Eglise est une Eglise de pauvres, ce sont des gens pauvres matériellement qui forment parfois les communautés les plus vivantes et les plus actives. Ils sont pauvres en argent, mais ils sont riches en foi. La foi la plus réelle et la plus vraie se rencontre souvent parmi les moins fortunés. Ce sont encore eux qui entrent dans le Royaume de Dieu, c’est-à-dire qui acceptent le plus volontiers l’autorité de Dieu sur leur vie. Les paroles de Jacques rejoignent certaines paroles de Jésus. Par exemple, quand Jésus critique les théologiens riches qui se font payer cher leurs conseils spirituels, tandis qu’il admire une femme pauvre et veuve qui glisse deux petites pièces dans le tronc à offrandes. Les évangiles de Marc et de Luc racontent cette double scène en insistant sur l’amour de Jésus pour les pauvres. Quand on dit que Dieu choisit les pauvres, c’est vrai dans la mesure où ils se laissent choisir. Les riches disposent de tout, ils possèdent des richesses matérielles, ils sont riches en relations sociales ; souvent, ce sont eux qui ont la chance de poursuivre des études coûteuses et d’arriver à de hautes situations. Ils se suffisent à eux-mêmes. Ils ne dépendent pas des autres. Ils croient pouvoir se passer de Dieu, ils n’ont pas besoin de lui. Alors Dieu les laisse à leur sort. Il ne prend personne de force, chacun est libre d’accepter ou de refuser sa grâce. -o- Qu’il existe des riches et des pauvres, c’est un fait. Et c’est sans doute un fait inévitable. On ne peut pas supprimer ces deux catégories de personnes. Cela tient à de multiples raisons. Les uns ont plus de chance que d’autres, ou bien ils ont un savoir-faire qui leur permet de gagner davantage d’argent, ou bien ils ont fait un gros héritage. C’est ainsi dans toute société. Aucune révolution ne pourra l’empêcher. Chacun trouvera toujours un plus pauvre ou un plus riche que lui. Plus riche ou plus pauvre en argent ou en intelligence ou en habileté manuelle ou en n’importe quoi d’autre. On n’y peut rien, il faut accepter ce fait. Mais alors, comment nous comporter les uns envers les autres ? Ici, nous retrouvons les exhortations de Jacques. Le comportement presque instinctif consiste à honorer le riche aux dépens du pauvre. On lui témoigne davantage de respect, on lui réserve une meilleure place, on est plus poli avec lui. Mais, en fait, que respecte-t-on chez le riche ? Est-ce sa personne ? Elle n’a pourtant pas plus de valeur que celle du pauvre. N’est-ce pas plutôt que nous sommes éblouis par la richesse ? C’est elle, en réalité, qui nous attire et que nous convoitons. Tandis que le pauvre ne mérite que notre mépris. Nous regardons volontiers de haut les gens du Tiers-Monde, maigres, sans vêtements décents et qui n’ont pas belle allure. Nous avons de la peine à accepter la présence des étrangers chez nous et nous ne voulons pas les fréquenter. Nous rejetons ces vagabonds qui parcourent les routes avec un sac sur le dos et un manteau plus qu’usé. Le pire, c’est ce que Jacques réprouve sévèrement. C’est quand cette pratique s’introduit parmi les chrétiens, quand on établit des différences entre les membres d’une communauté ou entre des gens de l’extérieur. Quand nous mesurons notre amour et notre respect selon que quelqu’un est plus ou moins riche ou plus ou moins pauvre, Jacques estime insupportable cette différence de comportement, qui vise à favoriser encore plus le riche et à humilier encore plus le pauvre. La dépravation de notre foi peut aller encore plus loin. Elle est allée beaucoup plus loin au cours de l’histoire. On n’a pas toujours su résister à la tentation de faire de Dieu le Dieu des riches, celui qui bénit les grandes fortunes et les grands trains de vie. On a fait de Dieu le protecteur des riches, celui qui soutient les principes moraux qui dictent le respect des riches et le mépris des pauvres. On l’a invoqué pour approuver un comportement faussé. Ou bien pour soutenir des régimes capitalistes, où la grande industrie et le grand commerce écrasent le prolétariat. Dieu, dans la pensée de certains, c’est celui qui garantit les privilèges. La grande question, dans ce domaine-là, c’est donc de savoir sur quoi nous allons régler notre comportement. Allons-nous obéir aux principes d’un monde qui obéit à la loi du plus fort et du plus riche, c’est-à-dire d’un monde qui rejette les pauvres, quels qu’ils soient ? Ou bien allons-nous opérer une conversion complète et calquer notre comportement sur celui de Dieu ? Ce qui risque, bien sûr, de renverser notre morale. Mais tant pis pour la morale, si elle se révèle fausse et anti-évangélique. Car la grande ligne de conduite que Jacques nous rappelle avec force, c’est ceci : “Tu aimeras ton prochain comme toi-même”. Il appelle ce commandement “la loi royale”. C’est la loi royale parce que la principale, celle qui commande à toutes les autres. Tous les autres commandements ne font que détailler celui-là et ils s’y ramènent. -o- Il n’y a donc pas lieu d’opérer des distinctions selon les signes extérieurs de richesse ou de pauvreté. Pour reprendre les termes de Jacques, il ne faut pas regarder si quelqu’un porte une chevalière d’or au doigt pour le mettre à la place d’honneur, ni si un autre rentre avec des vêtements sales pour le prier de s’asseoir discrètement à l’écart. La loi de l’amour, qui implique un égal respect pour tous, entraîne de nouvelles relations entre les personnes. Il ne s’agit plus de me demander si tel ou tel est supérieur ou inférieur à moi en fortune, en intelligence ou en force physique. Il s’agit de voir en lui celui que Dieu aime et qu’il appelle au même pardon que moi et à la même vie que moi. Si l’amour modifie les relations inter-personnelles, il modifie aussi les relations sociales. L’ordre social cesse de se fonder sur des rapports économiques entre possédants et prolétaires, donc sur des rapports de force. Il se fonde sur des relations d’égal à égal et même davantage : sur le respect des pauvres en tout genre, traités sur le même pied que les riches. Et voici mise en chantier une révolution pacifique, à laquelle nous sommes tous appelés à travailler. Amen ! Cantiques proposés : * Psaume 113/1 à 4 Vous qui servez le Seigneur * LP 345/1 à 3 O Seigneur, ô Sauveur ! ou ARC 457/1 & 2 Tu nous aimas, ô bon berger * ARC 608/1 à 3 Ta volonté, Seigneur (attention : même air que ARC 457 !) ou ARC 525/1 à 4 Tu nous aimes, Seigneur ou Carnet CAR 635/1 à 3 Appelés par l’amour Autres textes de la même catégorie
|
Inscription à la newsletter
Sondage
|
Cultes contemporains
Jacques 5/7-8 Anne Epting