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Jacques 1 v 17-27 (Alphonse Maillot)



Texte : Jacques 1/17-27
Genre : Notes homilétiques
Auteur : Alphonse MAILLOT
Source : …Ecoutez ! — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année B (quatre dimanches de la fin de l’été). Mission intérieure de l’Eglise Evangélique luthérienne, 1994 (p. 8-9).



22° dimanche ordinaire

Jacques 1/17 … 27

Je renverrai auparavant à deux lectures :
a) celle du commentaire de François Vouga (CNT-XIIIa, Delachaux & Niestlé) ;
b) aux sermons que Kierkegaard a consacrés à Jacques 1/17-22 et qu'a traduits une vraie théologienne : Nelly Viallaneix (Kierkegaard : Hâte-toi d'écouter, Aubier-Montaigne, 1970), qui rappelle au passage un des très nombreux textes que Kierkegaard a consacrés à l'oreille : "Tout aboutit à l'oreille..." (p. 20 : se souvenir alors du Deutéronome). On méditera en particulier le premier de ces sermons (p. 95-125 ; les pages impaires... seulement !).

L'épître de Jacques ne tente guère souvent les prédicateurs protestants, sauf quand ils ont l'esprit pamphlétaire (cf. Louis Simon), ce qui, en cette époque molle d'une Eglise frileuse, n'est pourtant pas une mauvaise chose.

Cependant, ce n'est pas avec le texte du jour que nous pourrons affûter notre plume ni aciduler notre salive, surtout qu'on nous prive de l'ironique v. 19, ou du décisif v. 20 (qu'au passage j'essaie d'écouter : ce ne sont pas mes "rages" exégétiques qui accompliront le dessein biblique de Dieu).

Mais il ne faudrait surtout pas oublier le début de notre texte, en nous hypnotisant sur les recommandations finales qui, sans ce début, nous ramènent à la "morale" que déjà nous avons essayé d'écarter du texte du Deutéronome.

Rien de bien ni de parfait ne peut être accompli par nous, si ce n'est pas d'abord une grâce venue intégralement d'en haut, du Père, seule lumière et seule origine (v. 10-18) ; et seul à ne pas être soumis aux avatars, aux changements, aux sautes d'humeur (cf. la révélation de YHWH à Moïse avec le fameux : "Je suis qui je serai" d'Exode 3/14, qui, rappelons-le, = "Je serai toujours le même à l'égard de mon peuple" = "Je l'aimerai toujours autant... que j'ai aimé ses Pères"). Il s'agit de l'immutabilité de la fidélité divine. Dieu ne change pas dans sa faveur envers son peuple.

On remarquera encore dans le texte de Jacques, au v. 17, une autre parenté avec le Deutéronome (4/19-20) où, très paradoxalement, il est affirmé que c'est YHWH lui-même qui a livré aux cultes astraux les autres peuples d'Israël.

Jacques rappelle aux chrétiens qu'ils n'ont pas à lire les mouvements toujours identiques des astres, mais à accueillir la Parole simplement ( se méfier de "humblement" ; la TOB met : avec douceur = probablement : sans hargne envers ceux qui l'annoncent).

Au v. 22, il y a une belle expression (intraduisible) : "Devenez des auteurs de (la) parole" que Jacques oppose à ceux qui n'en sont qu'auditeurs (là, Kierkegaard se régalait) ; on se souviendra ici :
a) de Matthieu 7/21ss ;
b) de ce rabbin qui disait que, si un jour il rencontrait un Juif pour accomplir pleinement un seul verset de la Torah, cela suffirait pour faire venir le Messie.

Apparaît enfin le terme de "religion" (v. 26-27), terme discuté et flou s'il en est, mais qui ressemble à la "crainte" (du Seigneur) dans l'Ancien Testament = respect = culte.

On remarquera, non sans un sourire (car il se pourrait bien que Jacques nous mette ici en boîte), sa définition de la "religion pure et sans reproche" (!)... : c'est, dit-il, de... "venir en aide à la veuve et à l'orphelin" (et de ne pas se compromettre avec les saletés de ce monde) (v. 27). On s'attendait à des prodiges, des performances ; Jacques nous ramène aussitôt dans le concret, le proche, l'immédiat, le terre à terre ! Il nous coupe les ailes que nous étions prêts à endosser. Splendide !




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