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Hébreux 12 v 1-4 Jean-Daniel Wohlfahrt
En lisant le texte qui nous est proposé aujourd'hui, je dois avouer que j'ai eu envie de feuilleter la bible à la recherche d'un autre texte car prêcher, annoncer un Dieu qui châtie, un Dieu qui punit, un Dieu qui frappe celui qu'il aime est difficile. Difficile d'abord parce que je le disais récemment nous préférons un Dieu débonnaire un Dieu qui pardonne et ne condamne jamais, un Dieu qui finalement n'a plus d'autorité car nous le savons tous celui qui accepte tout avec le sourire perd toute autorité.
Et pourtant ce texte est prescrit. Essayons donc de le lire tel qu'il est et d'y trouver l'image de Dieu tel qu'il est, tel qu'il se définit. Je relèverais donc d'abord et avant tout le but de Dieu pour nous: Dieu nous châtie afin que nous participions à sa sainteté Dieu nous châtie pour notre bien. Tout châtiment est d'abord un sujet de tristesse mais il produit plus tard un fruit paisible de justice. Je crois qu'avec l'avènement d'un Christianisme dit Social, on a souvent oublié que le plan de Dieu pour l'homme est double: Il y a d'abord cette rédemption pour laquelle le Christ est mort et ressuscité, cette couronne de vie réservée à celui qui est fidèle au Christ. Dieu veut mon salut;, il veut ton salut et pour atteindre ce but il n'hésite pas à passer par la croix du Golgotha. Dieu veut que chacun parvienne à la vie éternelle, pour cela il n'hésitera pas à guider notre vie, nos pensées par sa parole par son intervention dans nos vies sous quelque mode que ce soit. Le plan de Dieu est double. Il y a cette rédemption qui veut nous amener à la parfaite stature du Christ. Nous n'y arriverons certes pas facilement pas sans être obligé de nous débarrasser de bien des fardeaux qui nous attirent encore vers le bas, loin de Dieu. Mais ce n'est que lorsque nous serons en route, en chemin sur ce chemin que le Christ a parcouru de son baptême, à sa glorification que notre cation dans le monde sera véritablement œuvre de Dieu œuvre pour le salut de l'univers. Certes notre tendance naturelle nous pousse à l'activisme. Certes il est plus commode et plus agréable de rendre heureux, de voir le sourire refleurir sur le rivage raviné par la solitude ou le désespoir mais Dieu veut notre adhésion avant toute chose. Sinon nous suivons les disciples nous ne pouvons manquer de relever que d'abord il y a rupture, la souffrance, ensuite l'imitation, l'avance lente et longue avec le Christ et ensuite seulement l'envoi en mission. Alors au lieu de nous occuper encore une fois de notre mission pensons à notre sanctification. Armé des forces que Dieu donne par son Esprit saint, notre œuvre sera efficace et portant des signes d'espoir, mais d'un espoir définitif et d'une joie réelle pour l'autre. C'est ce que dit l'auteur au début de ce 12° chapitre des hébreux:" rejetons tout fardeau et le péché qui nous enveloppe si facilement et courons avec persévérance dans la carrière qui nous est ouverte, ayant les regards sur Jésus. L'auteur nous invite ensuite à considérer ce chemin parsemé d'hostilité de douleurs, de souffrance physique et morale et qui pourtant atteint son point ultime à l'Ascension. Il siège à la droite du Père. Cette place nous est réservée mais pour y atteindre il nous faut accepter avec foi le chemin que Dieu nous impose Ce chemin Dieu nous l'impose tout d'abord comme le dit l'auteur parce qu'il est Père "puisque nos pères selon la chair nous ont châtié et que nous les avons respectés ne devons-nous pas à plus forte raison nous soumettre au Père des Esprits pour avoir la vie." C'est devenu un lieu commun que de dire que si tant de jeunes et de moins jeunes sont actuellement désaxés c'est parce qu'ils avaient un père trop laxiste, un père qui n'intervenait pas dans leur vie, qui ne les avait pas assez dirigés. Quelle image avons-nous de Dieu si nous le limitons au pardon et à l'amour? C'est refuser toute la pédagogie de Dieu, toute son influence sur notre vie de tous les jours. Or un, pédagogue doit parfois employer la méthode forte et pour Dieu la méthode forte s'appelle châtiment, maladie, épreuve qui doit nous obliger à faire une halte, méditer et repartir dans une autre direction. Peut-être dans la direction voulue par Dieu. Je pense à ces malades qui depuis des années étaient restés loin de Dieu et qui redécouvrent sur le lit d'hôpital la prière te la main de Dieu. Je pense à ce que disait Pierre Maennlein actuellement pasteur à Berg, lors de son sermon d'adieu à notre paroisse en juin: la perte d'un enfant lui a fait entrevoir que Dieu avait une autre route pour lui. Bien sûr me dira-t-on, Dieu aurait d'autres méthodes, d'autres moyens, d'autres chemins pour s'imposer à celui qui l'évite et je crois que Dieu nous appelle de mille façons avant d'en arriver là mais nous sommes tous tellement occupés, tellement chargés que nos oreilles nos yeux et nos cœurs sont fermés aux appels et aux avertissements qui parsèment notre route. Vous n'avez pas encore résisté jusqu'au sang en luttant contre le mal et le péché. Avec une image édulcorée de Dieu pardonnent, du bon Dieu comme nous disons si facilement à nos enfants, nous n'avons plus de raison de lutter contre le péché. Qu'importe le péché puisqu'il sera pardonné. Dieu machine à pardonner. Nous sommes loin du Dieu que Jésus appelait Père et que Jésus nous a révélé comme notre Père A ce point il me vient à l'esprit un danger dans lequel nous risquerions d'être confronté si nous ne faisons preuve de vigilance. Gardons-nous d'extraire de ce texte l'image de Dieu qui punit celui qui contrebalance le bon Dieu prêché à nos enfants. Si tu n'es pas sage Dieu te punira. Là encore nous avons affaire à la fausse image de du père, celle du père qui n'est là que pour punir et fouetter l'enfants pris en faute la pédagogie de Dieu n'est pas une pédagogie du fouet mais une pédagogie du salut. Il nous adresse sa parole, l'appel constant de son Fils et ses exhortations à la repentance. Mais si rien ne sert Dieu peut agir énergiquement pour qu'enfin nous réalisions où est la vie que Dieu nous a destinée |
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