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Hébreux 10 v 5-10 (Alphonse Maillot)



Texte : Hébreux 10/5-10
Genre : Notes homilétiques
Auteur : Alphonse MAILLOT
Source : Mon âme magnifie le Seigneur — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année C - Avent-Noël-Epiphanie. Mission Intérieure de l’Eglise luthérienne à Paris, 1991 (p. 29-30).



4° dimanche de l’Avent

Hébreux 10/5-10
(remonter au moins au v. 4)

On doit ici comprendre que les Juifs n’aient pas toujours vu d’un bon œil l’expansion du christianisme, ni entendu avec une bonne oreille sa prédication qui annonçait l’incapacité et l’inefficacité du culte juif et de la loi (v. 1), c’est-à-dire toute la Torah, pour pardonner les péchés.

Car désormais, la mort du Christ suffit pour effacer, une fois pour toutes et à jamais, les péchés de la multitude (9/28), ce qui d’ailleurs devrait nous éviter d’accabler Dieu de confessions des péchés.

Si les prophètes Amos, Esaïe, Michée avaient déjà affirmé qu’un culte qui laissait subsister l’idolâtrie, ou qui devenait l’alibi de la violence, et qui rassurait Israël sur sa pleine observance de la Torah, pouvait devenir une abomination pour le Seigneur (Esaïe 1/10ss et 66/3 qui font inclusion pour tout le livre d’Esaïe), aucun n’avait dénoncé les cultes par eux-mêmes. Ils ne réclamaient pas l’abolition de la Torah, mais au contraire sa pleine application et pas seulement culturelle.

Mais, dès qu’apparaît Jésus, tout change (on se trompe souvent dans l’interprétation de Matthieu 5/16 : “Je suis venu porter la loi à sa plénitude” = en montrer le plein sens, ceci contre les rabbins qui, à l’aide d’artifices, en restreignaient la portée). Cependant, peu importe ici : ce qui compte et est à relever dans notre texte, c’est qu’en Marc 2/5 (cf. parallèles), Jésus dira : “Tes péchés te sont pardonnés”, alors qu’il n’y a là ni prêtre, ni temple, ni sacrifice. On songera aussi à Paul qui dira que le Christ était le but (et le bout) de la Torah (Romains 10/4), après que Jean-Baptiste eut vu dans le Christ “l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde” (Jean 1/29 & 36). L’auteur de l’épître aux Hébreux continue cette démarche polémique, pour bien démarquer le christianisme du judaïsme, afin qu’il ne sombre pas dans un bâtard judéo-christianisme (hélas ! 3 fois hélas, en rejetant les Juifs, et probablement parce qu’il les a rejetés, le christianisme est redevenu souvent un judéo-christianisme).

Mais l’auteur de l’épître aux Hébreux avait fait tous ces efforts pour nous éviter cette dérive : Jésus-Christ est le dernier (et le vrai) grand prêtre (cf. chapitre 8 et précédents). La croix est le dernier (et seul véritable) autel (9/11-28) où fut offert le dernier (et le seul efficace) sacrifice.

Et au chapitre 10, l’auteur appuie sa thèse sur le Psaume 40, où (d’après la Septante) l’auteur, de manière très parabolique, a pensé que Dieu préférait qu’on lui offre un beau rouleau de la Torah plutôt qu’une bête sacrifiée (cela signifie : je préfère T’entendre et Te lire que de faire des sacrifices. Et Toi aussi, Tu préfères cela). Comme Paul, l’auteur racle tout ce qui, dans l’Ancien Testament, confirme sa thèse :

a) le sacrifice du Christ est unique et éternel (v. 10) ;

b) la Torah est supprimée en tant que norme (v. 9) (mot à mot : ce qui fut premier est aboli pour établir définitivement le deuxième).



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