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Genèse 18 v 1-10 Alphonse Maillot



Texte : Genèse 18/1-10
Genre : Notes homilétiques
Auteur : Alphonse MAILLOT
Source : Qui est mon prochain ? — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année C [Juillet-Août]. Mission Intérieure de l’Eglise Evangélique Luthérienne, 1992 (p. 47-48).



6° dimanche après la Pentecôte
ou 16° dimanche ordinaire

Genèse 18/1-10
(continuer jusqu'au verset 15)

Oui, il faut aller jusqu'au v. 15, car ce récit destiné à montrer que ce qui est impossible aux hommes et... aux femmes, le Seigneur entend le faire quand même, et malgré leur incrédulité ; car c'est de la stérilité et du scepticisme même du monde, que Dieu entend faire sortir le salut du monde, même si cela le fait rire, même si aux normes humaines c'est une folie (1 Corinthiens 1/15) ridicule. Et, encore aujourd'hui, méfions-nous : dès que le christianisme redevient sage, convenable, reçu, respectable et respecté, et surtout qu'il devient raisonnable et rationnel, il est possible, sinon probable, que ce n'est plus tout à fait le christianisme ni l'Evangile (Pascal a dit des "choses" inoubliables sur ce sujet).

Autre raison pour aller jusqu'au v. 15, c'est parce que, s'il y est question d'une naissance en soi et humainement impossible (même si c'est la naissance même du plan salutaire de Dieu), il va aussi être bientôt question (au chapitre suivant) de la perversion et de la destruction définitive de Sodome et Gomorrhe, qui montrent quel devrait être le sort de l'humanité si Dieu n'y avait gardé un reste, risible, voire ridicule, et qui pourtant (comme jadis Noé et sa famille) va être les arrhes et la promesse d'une humanité nouvelle.

-o-

Il ne faut pas trop s'arrêter à cette difficulté du texte : tantôt trois personnages (v. 2, 4, 5, etc… pour apporter la parole de YHWH) ; tantôt YHWH lui-même (v. 1, 3, 10, 13, etc…) ; et le chapitre 19, v. 1, parlera même de deux "envoyés". On ne s'acharnera pas à y voir une annonce de la Trinité, mais plutôt un moyen de faire ressortir la solennité, la vérité et la permanence de la promesse qui est ici faite (pour qu'un serment fût considéré comme valable, il fallait qu'il y eût deux, sinon trois témoins). En quelque sorte, Dieu "se met en trois", ou atteste de trois manières la promesse qu'au "printemps" ("le temps de la vie !"), Sarah aura un fils ! Bien entendu, comme il est impossible de voir YHWH en face et surtout de le voir manger (v. 8), le chapitre 19 se chargera vite de transformer cette triple personne (qui parle d'une seule voix !) en messagers, mais, de toute manière, YHWH l'a juré trois fois : Sarah donnera le jour à Isaac... ce qui fait d'ailleurs qu'elle aura chaque jour devant elle un fils dont le nom (= "il a ri") lui rappellera sa propre incrédulité (21/6), ainsi que celle d'Abraham (17/17), trop souvent oubliée.

Au v. 3, il vaudrait mieux lire "Monsieur" que "Seigneur". Abraham ne sait pas encore de qui il s'agit. Maintenant, si on est amateur de folklore, on étudiera l'hospitalité des nomades (v. 3-8) ou l'irrépressible curiosité (?) féminine (v. 10), mais est-ce bien là le cœur du texte ?




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