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Genèse 15 v 1-18 (Louis Honnay)
Texte : Genèse 15/1-18
Genre : Prédication Auteur : Louis HONNAY Source : Prédication pour le 12.03.1995 (2° dimanche de Carême). Il fut un temps où la foi chrétienne allait de soi. On ne se demandait pas si Dieu existait ou s'il n'existait pas. On ne se posait pas la question de savoir s'il écoutait nos prières ou s'il ne les écoutait pas, s'il y répondait ou s'il restait sourd et muet. Et puis, avec le temps, on s'est interrogé. Est-il raisonnable de croire en Dieu et en sa Parole ? Ses promesses sont-elles sérieuses ou bien ne sont-elles que des promesses... de Gascon ? Oh, bien sûr, la Bible nous conseille bien de croire. Elle nous dit : Priez, vous serez exaucés. Mais comment être sûrs que ce qu'on appelle la Parole de Dieu est bien la vérité ? Comment savoir si on peut prendre sa Parole au sérieux et compter qu'il nous répondra si nous le prions ? Quelle preuve en avons-nous ? -o- Le chapitre 15 de la Genèse nous propose mieux que des preuves. Il nous donne l'exemple d'un homme. Un homme qui aurait pu douter. Il avait des raisons de douter. Mais il ne l'a pas fait. Il a fait confiance à Dieu malgré tout. Et la suite de son aventure a montré qu'il avait raison. Oui, nous sommes dans la situation d'Abram à qui le Seigneur annonce une extraordinaire descendance, alors qu'il n'a aucun enfant. Mais c'est alors qu'il se passe quelque chose. Le récit nous dit : "Abram eut foi dans le Seigneur". Etant donné les circonstances, Abram aurait toutes les raisons de ne pas croire. Croire dans ces conditions-là, alors que tout est contraire, n'est pas raisonnable. Mais qui nous a dit que la foi devait être quelque chose de raisonnable, quelque chose de logique ? Quand on fait confiance à quelqu'un, ce n'est pas toujours logique. Si je dis : "Cette personne m'inspire confiance", je ne peux pas toujours dire pourquoi. C'est une intuition, un sentiment que je ne peux pas expliquer. Les raisons que je donnerais viennent après. Je les invente, je les cherche pour justifier mon point de vue sur cette personne, mais au fond je ne sais pas pourquoi j'ai confiance. Abram fait confiance à Dieu. Il ne sait sans doute pas pourquoi. Il a confiance parce qu'il a confiance, c'est tout. Sans doute parce que le courant passe entre le Seigneur et lui. D'ailleurs, on ne doit sans doute pas dire qu'Abram croit en Dieu. Pour lui, comme plus tard pour les Juifs, l'existence de Dieu ne fait aucun doute. Elle n'est pas à démontrer, elle est évidente. Mais Abram croit les paroles de Dieu. Il croit Dieu sur parole, il croit à ses promesses. Il sait qu'elles vont se réaliser, quelles que soient les circonstances apparemment contraires. Voilà la foi d'Abram. Voilà en quoi Abram est pour nous un modèle de foi. Le récit ajoute : "Dieu le considéra comme juste", ce qui peut aussi se traduire : "Dieu le lui compta comme justice". Par là, nous apprenons ce que c'est que la justice d'après la Parole de Dieu. Dans la Bible, la justice n'est pas la justice humaine, qui fait le compte des doit et des avoir, qui calcule les besoins et les mérites. Dans la Bible, la justice est la fidélité de Dieu à lui-même et à ses engagements. C'est aussi l'accord des hommes avec Dieu. On est juste quand on prend la Parole de Dieu au sérieux et quand on vit de cette Parole. La justice n'est pas la perfection, loin de là. Elle est la décision de vivre en accord avec Dieu, même si on sait qu'il y aura forcément des accrocs. Abram est juste, parce qu'il décide d'organiser sa vie en fonction de la double promesse du Seigneur qu'il vient d'entendre. La justice, dans ce sens-là, est la vraie situation de l'homme. Nous sommes construits pour faire confiance à Dieu. Il n'est pas naturel que la foi n'existe pas. Celui qui ne fait pas confiance à Dieu, celui qui ne croit pas sa Parole, est un être dénaturé. C'est par définition un être injuste. Notre vraie nature consiste à faire confiance. Par sa Parole et par tout ce qu'il fait pour nous, Dieu vise à faire de nous des hommes et des femmes justes, capables de dire oui à son projet et d'entrer dans l'aventure avec lui, comme Abram. -o- La suite de l'histoire montre qu'Abram a eu raison de faire confiance à Dieu et de prendre ses promesses au sérieux. Il a eu un fils, Isaac, puis un petit-fils, Jacob, sur lequel on a aussi réalisé un film dernièrement. Et puis, à partir de là, sont apparus les Hébreux, ceux qu'on appellera plus tard les Israélites. Un peuple très nombreux, comme le Seigneur l'annonçait à Abram. Il est difficile d'évaluer le nombre actuel des Israélites dans le monde. Les estimations varient entre treize et seize millions. Hitler en a fait disparaître près de six millions. Il voulait les exterminer tous. Il n'a heureusement pas réussi à faire mentir la promesse de Dieu. Car Dieu est fidèle ; même après des siècles, il tient parole. La seconde promesse de Dieu se réalise aussi. Les descendants d'Abram habitent le pays promis. Il y a eu des déportations. Le pays d'Israël a été longtemps occupé par des forces étrangères. Pendant un temps, les Romains ont interdit aux Juifs d'habiter leur pays. Aujourd'hui encore, des gens voudraient chasser les Israéliens du pays qu'ils ont reconstruit. Mais, par la grâce de Dieu, il a toujours subsisté une présence juive en Israël. Car la Parole du Seigneur reste valable. Ce pays n'est pas donné à n'importe qui. Dieu le donne aux descendants d'Abram, non pas à ceux de son autre fils Ismaël, l'ancêtre supposé des Arabes, mais à ceux d'Isaac, le fils de la promesse. L'exemple de foi d'Abram et les conséquences qui ont suivi, nous montrent qu'on a raison de faire confiance à Dieu. On a raison de croire à sa Parole et à ses promesses. Quiconque vit sa foi peut se dire qu'il est dans la vérité. Il peut être certain que sa foi aura des répercutions, non seulement dans sa vie, mais aussi dans l'avenir, pour ses descendants, s'il en a, et pour la société qui viendra après lui. La foi enlève la peur. La foi vient à bout des doutes, parfois bien compréhensibles, qui peuvent l'entraver. La foi permet de prier, de demander à Dieu ce qui nous semble nécessaire pour nous et pour les autres. Elle nous permet d'entreprendre ce qui nous semble juste, avec la certitude que le Seigneur est avec nous et qu'il féconde ce que nous faisons. La foi-confiance sait qu'on peut se reposer sur lui. -o- En ce temps de Carême, qui nous prépare tout doucement à vivre la fête de Pâques, nous est proposée la scène du chapitre 9 de Luc, la scène de la transfiguration, comme on l'appelle traditionnellement, parce que Jésus est apparu métamorphosé, transfiguré. On peut en dire beaucoup de choses, elle contient beaucoup d'éléments qu'on pourrait analyser. Nous en retiendrons ce qui est peut-être l'essentiel, cette voix qui vient du nuage et qui dit aux trois disciples présents : "Celui-ci est mon fils, celui que j'ai choisi, écoutez-le !". Nous retenons cette recommandation, parce qu'elle évoque une parole qu'on doit écouter, comme Abram a su écouter la Parole de Dieu. Cette Parole de Dieu, Jésus la transmet, c'est ce que disent les récits des évangiles. Jésus est le porteur de la Parole de Dieu, comme autrefois les prophètes. La Parole qu'il nous apporte est à croire et à vivre. Ecouter cette Parole a plus de valeur que nos objections, les nôtres et celles que la société peut nous souffler. Ecouter a plus de force que nos doutes, parce que la Parole de Dieu est certaine. Ecouter la Parole de Dieu — la croire et la vivre —, c'est notre justice, parce que c'est ainsi que nous sommes de vraies créatures de Dieu. Amen. Autres lectures : Philippiens 3/17 - 4/1 Luc 9/29b-36 Cantiques : * ARC 19/1, 3, 4 Le ciel étincelant * ARC 230/1 à 3 Oh, parle-moi, Seigneur ou ARC 204/1 à 3 Nous t’invoquons, ô Seigneur ou ARC 212/1 à 3 Seigneur, tu nous appelles * ARC 608/1 à 3 Ta volonté, Seigneur ou LP 194/1 à 4 Ta Parole, Seigneur, est ma force ou ARC 231/1 à 4 Dans ta Parole, ô Dieu Autres textes de la même catégorie
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