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Genèse 12 1-4 Alphonse Maillot
Texte : Genèse 12/1-4
Genre : Notes homilétiques Auteur : Alphonse MAILLOT Source : Qui a péché… ? — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année A (Carême – Semaine sainte – Temps de Pâques – Ascension – Pentecôte - Trinité). Mission intérieure de l’Eglise Evangélique luthérienne, 1993 (p. 21-23). 2° dimanche de Carême Genèse 12/1-4 Et c'est parti ! Plus exactement Abra(ha)m part de son pays. Et c'est le départ de l'histoire sainte proprement dite, cette histoire si sinueuse, si longue (nous sommes, par rapport au Christ, centre chrétien de l'histoire sainte, à peu près les "symétriques" d'Abram). Certes, les onze chapitres qui ont précédé ont bien essayé de montrer que tout ce qui est arrivé depuis les origines, et tous ceux qui ont précédé, étaient dans la main du Seigneur. Mais jusqu'alors, l'histoire se déroulait cahin(?)-caha, sans fil directeur permanent, sans sens apparent, sans projet, et sans qu'un homme fût averti de ce projet éternel (l'histoire de Noé n'est qu'un épisode). Cette fois, avant toute initiative humaine, le Seigneur se révèle à un homme en lui parlant, en lui donnant un avenir, non seulement qui lui soit propre, mais qui ouvre et couvre toute l'histoire à venir. Désormais le Seigneur se lie à un homme (une famille et une lignée) et son histoire sera celle de cet homme et de ses descendants. Et c'est au travers de cette histoire que ce Seigneur entend se faire connaître ; Juifs et surtout chrétiens se sont acharnés à l'oublier, essayant de connaître Dieu ailleurs que dans cette histoire ; ils ont cherché dans la nature, dans les contorsions de la raison, dans la vaine exploration par exemple d'une bulle de savon qu'ils ont appelée "l'Etre" ; alors que c'est uniquement dans cette histoire où Il s'implique, où Il parle, où Il commande, où Il bénit ceux qui respecteront son dessein, mais écarte ceux qui voudront s'y opposer, qu'Il entend être connu, cru, compris, puis reçu. Et c'est cette histoire qui est dans l'Ecriture. Il faut en profiter pour mieux faire comprendre pourquoi l'Ecriture est sainte. Ce n'est pas dans ses mots, dans sa lettre, mais parce qu'elle contient et relate l'Histoire sainte. Celle-ci est le véhicule, le vecteur de la Parole de Dieu. C'est pourquoi il faut prendre garde à ne pas transformer trop vite cette histoire en allégories, en devinettes, en une sorte de B.D. où les "bulles" diraient autre chose que le dessin. Ce que, hélas !, les Juifs ne furent pas les derniers à faire. Au passage, dédions une rosserie à tous ceux qui se crèvent afin de trouver des catéchismes neufs (comme s'il y avait quelque chose de neuf sous le soleil... à part justement l'histoire sainte ; Qohélet 1/9), alors qu'il suffit de prendre, dans son dynamisme, cette histoire à qui Dieu donne un sens (pas seulement au "sens" abstrait, mais quasiment géométrique : désormais l'histoire est "orientée"), et donne ainsi un sens possible à toute histoire humaine, qui consent à se savoir impliquée par l'Histoire Sainte. Au passage, peu importe que le vrai départ se soit fait d'Ur à l'Est (11/31 ; prendre une carte, s.v.p.) ou de Harran tout au Nord (11/31 aussi) ; ce qui est beaucoup plus important est qu'un jour, celui qui n'est encore qu'Abram a entendu la Parole, qui lui disait de rompre avec son passé (12/1) pour aller vers un autre pays. Rien ne nous est dit sur les raisons pour lesquelles Abram a reconnu la vraie voix du Seigneur, mais la sécheresse du récit fait penser à une sorte de pari insensé. On n'oubliera pas ensuite qu'Israël vit depuis 4 000 ans de cette promesse, même s'il oublie trop souvent qu'il n'est lui-même qu'un étranger en Israël (cf. Lévitique 25/23, voire Psaume 39/13). Bien entendu, on ne manquera pas de relever que nous avons ici le vrai début de la première alliance avec un peuple. Alliance dont Dieu a toute l'initiative, mais qu'elle est faite aussi pour "toutes les tribus de la terre" (12/3). Il y a un universalisme évident de l'Alliance, mais il passe par un particularisme (comme à l'intérieur d'Israël, il passera par la tribu de Lévi). Au fait, la TOB a raison de relever que ce n'est pas le mot "terre" qui est en fait employé, mais le sol : Adâmâh, qui devient peut-être l' "Adamité", puis l'Humanité ; à moins que le Seigneur ne montre déjà son penchant "rural" (n'oublions pas que le récit qui précède, en 11/1-9, décrit la destruction de la grande ville : Babylone). En tout cas, la brièveté du v. 4 est étonnante : "Abram partit"... Ce qu'il a pensé ou dit n'a aucun intérêt. Ce qui compte, c'est ce qu'il a fait (toujours l'historique !). Mais il est clair qu'à la liberté d'un Dieu qui, sans motif autre que cette liberté, choisit un homme (une famille à vrai dire), répond cette autre liberté d'un homme qui part dans la béance d'un avenir à la découverte d'une terre inconnue, d'ailleurs fort réduite, et bien moins riche que la grasse Mésopotamie... Il n'y avait même pas de pétrole ! Autres textes de la même catégorie
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