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Galates 6 v 14-18 (Alphonse MAILLOT)



Texte : Galates 6/14-18
Genre : Notes homilétiques
Auteur : Alphonse MAILLOT
Source : Qui est mon prochain ? — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année C [Juillet-Août]. Mission Intérieure de l’Eglise Evangélique Luthérienne, 1992 (p. 30-31).



4° dimanche après la Pentecôte
ou 14° dimanche ordinaire

Galates 6/14-18

Cette fois, pour ceux qui la posséderaient, c'est la traduction du Lectionnaire catholique que nous mettrons en question : en effet, nous avons ici un texte d'une extrême véhémence (comme toute l'épître), et il faut rester fidèle (même dans la lecture à haute voix) à cette véhémence : "Il n'y a pas d'autre œuvre bonne, même (et surtout) pour le meilleur chrétien, que la seule Croix du Christ. Et il n'y en aura jamais d'autre".

L'apôtre renoue ici, pour la véhémence, avec le début de l'épître : 1/6-12 ; et pour le contenu, avec 2/18-20. Il retrouve le cœur de son Evangile : la Croix du Christ, non pas par mysticisme, encore moins par un dolorisme quelconque, mais parce qu'à cause d'elle, tout désir de présenter devant Dieu une quelconque vertu humaine, est considéré comme attentatoire à la volonté de Dieu et, au total, négation de la Croix elle-même. Paul ne veut pas avoir d'autre sujet de gloire que le Christ et le Christ-crucifié.

La TOB donne pour 6/15 une longue et excellente note qu'on consultera avec profit.

Je me permets, à sa suite, de relever que le mot "monde" en 6/12 n'a pas ici un sens très habituel dans le Nouveau Testament. Ici, il désigne surtout le désir humain (mondain) de vouloir présenter à Dieu (et aux autres par la même occasion) des œuvres ayant quelque valeur par elles-mêmes, dont la circoncision, œuvre religieuse par excellence, est un exemple. La Croix tue chez l'homme, crucifie (ou doit crucifier) chez l'homme, toute volonté d'autojustification.

C'est pourquoi il ne faut pas comprendre (comme trop souvent) le v. 14b comme une déclaration ascétique. C'est la renonciation à découvrir dans quoi que ce soit d'ici-bas, fût-ce dans la religion la plus ascétique (et surtout dans la religion la plus ascétique), une réalité quelconque qui nous rendrait plus supportables ou plus aimables aux yeux de Dieu. Celui-ci ne veut pour partenaires que des hommes qui savent qu'ils n'ont que la Croix du Christ pour les rendre supportables.

C'est cela, cette nouvelle création, ce nouveau monde du v. 15, où l'on vit détendu devant Dieu et devant les autres. Le monde où il n'y a pas d'autre vertu que la Croix du Christ, d'autre auréole que la Croix. Et c'est cela, la nouvelle règle de vie (v. 16) : le nouveau canon (littéralement) de "l'Israël de Dieu". A ce propos, il est probable que cette dernière expression désigne particulièrement les Juifs qui, devenus chrétiens, refusent désormais de considérer leur circoncision comme un privilège.

Quant aux "stigmates" du v. 17, ce n'est probablement pas sans quelque humour que Paul voit dans les cicatrices des traces des coups de fouet ou des bastonnades reçus pour sa foi — rappelés en 2 Corinthiens 12/24-25 (ou Actes 16 à 22) — comme une preuve que toute sa vie est désormais marquée par la Croix... jusque dans sa chair. Lui n'a pas besoin de s'infliger (par l'ascèse ou l'extase, par exemple) ces marques ; son obéissance à la prédication de la Croix ont suffi pour qu'on les lui inflige. Ces marques sont aussi une réponse à la circoncision.



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