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Ezéchiel 37 v 12-14 Alphonse Maillot



Texte : Ezéchiel 37/12-14
Genre : Notes homilétiques
Auteur : Alphonse MAILLOT
Source : Qui a péché… ? — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année A (Carême – Semaine sainte – Temps de Pâques – Ascension – Pentecôte — Trinité). Mission intérieure de l’Eglise Evangélique luthérienne, 1993 (p. 49-50).



5° dimanche du Carême

Ezéchiel 37/12-14

Remonter la lecture au v. 11b pour mieux comprendre le sens de ce chapitre si connu d'Ezéchiel, et en particulier des promesses contenues dans les v. 12-14. Ezéchiel (prophète aussi peu "gâté" par la table biblique de lectures que Jérémie) est cependant un prophète, non seulement attachant, même si son langage est fort peu châtié, mais probablement un des prophètes où apparaît le plus clairement le personnage hors-normes et surtout à contre-courant qu'était le vrai prophète. En effet, emmené à Babylone lors de la première déportation, limitée aux élites, de 597, il essaie de faire comprendre à son peuple qu'il n'a pas volé ce qui lui arrive, et surtout qu'il va lui arriver bien pire s'il ne se repent pas enfin vraiment. C'est le contenu des chapitres 4 à 24 où le prophète sévère avertit et même invective Israël. Puis il annonce, après le châtiment des nations (25 à 32), la restauration d'Israël (33 à 37), restauration qui sera couronnée par la construction du dernier Temple (40-48). Après avoir prévenu, même jusqu'à l'injure, son peuple qu'il allait être détruit, une fois la catastrophe survenue, Ezéchiel console, apaise, promet et, combien c'est remarquable, sans jamais dire ni même suggérer : "Je vous avais prévenus, je vous l'avais bien dit". Aucune amertume, même alors qu'Israël s'enfonce (un peu tard) dans la confession des péchés (33/11).

Ezéchiel rappelle que le Seigneur ne prend aucune joie à la mort, même du pire des impies (33/11), sa seule joie véritable est dans sa conversion (33/14-16). Ezéchiel, comme tout bon prophète, ouvre l'avenir à ceux qui croient n'en plus avoir, à ceci près cependant qu'il garde une dent sérieuse contre ceux qui ont dirigé le peuple vers la ruine (cf. chapitre 34). La culpabilité des bergers lui semble plus durable que celle du peuple qui doit essentiellement être consolé (et exhorté à se méfier désormais des mauvais bergers, afin de ne plus faire confiance qu'au seul vrai Berger : YHWH ; 34/11ss). Il y a chez Ezéchiel (prêtre et prophète "bourgeois", 1/3...) une sorte de tendresse spécifique pour le peuple anéanti, cependant qualifié auparavant d'engeance rebelle (2, 5, 8...).

En tout cas, ce chapitre 37 — vision des ossements qui retrouvent et un corps et la vie (le titre "ossements desséchés" est trop restrictif) — est une sorte d'autre promesse faite à Abraham (Ezéchiel en l'occurrence).

Le peuple anéanti va redevenir un peuple vivant. On comprend ici le rôle capital que ce chapitre 37 a pu jouer lors des heures sombres de l'histoire d'Israël (cf. v. 14). Je crois d'ailleurs que '"nos" huguenots pourchassés s'y sont souvent référés.

Signalons en 37/12, une allusion à la sortie d'Egypte avec la promesse : "Je vais vous faire (re)monter de vos tombeaux et (r)entrer sur la terre d'Israël".

Au v. 14, c'est la promesse que, comme pour ces ossements il a fallu que YHWH, par 1'intermédiaire du prophète, donne le souffle de vie, cette fois YHWH lui-même donnera l'Esprit à son peuple (même mot aux v. 9, 10, 14) ; cf. Jérémie 31/31-34. Le prophète n'est pas disqualifié pour autant, puisque sa parole vient de ce même Esprit vivifiant.



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