|
Liturgies
Notes bibliques ou théologiques
Prédications
Cantiques
|
Accueil |
Envoyer à un ami |
Version imprimable |
Augmenter la taille du texte |
Diminuer la taille du texte
Exode 32 v 7-14 Franck Michaeli
Texte : Exode 32/7-14
Genre : Etude biblique Auteur : Franck MICHAELI Source : Le Christianisme au XX° siècle, n° 3, 17.01.1974 (p. 3). TEXTE : 7 L'Eternel dit à Moïse : Va, descends, car ton peuple que tu as fait monter du pays d'Egypte s'est corrompu. 8 Ils se sont promptement écartés de la voie que je leur avais prescrite ; ils se sont fait un veau en métal fondu ; ils se sont prosternés devant lui ; ils lui ont offert des sacrifices et ils ont dit : Israël, voici tes dieux qui t'ont fait monter du pays d'Egypte ! 9 L'Eternel dit à Moïse : Je vois que ce peuple est un peuple à la nuque raide. 10 Maintenant, laisse-moi ! Ma colère va s'enflammer contre eux et je les exterminerai, mais je ferai de toi une grande nation. 11 Moïse implora l'Eternel, son Dieu, et dit : Pourquoi, Eternel, ta colère s'enflammerait-elle contre ton peuple que tu as fait sortir du pays d'Egypte, par une grande puissance et par une main forte ? 12 Pourquoi les Egyptiens diraient-ils : C'est pour leur malheur qu'il les a fait sortir, c'est pour les tuer dans les montagnes et pour les exterminer de la surface du sol ? Reviens de l'ardeur de ta colère, aie du regret au sujet du malheur de ton peuple. 13 Souviens-toi d'Abraham, d'Isaac et d'Israël, tes serviteurs, auxquels tu as juré par toi-même en leur disant : Je multiplierai votre descendance comme les étoiles du ciel ; tout ce pays dont j'ai parlé, je le donnerai à votre descendance, et ils en hériteront pour toujours. 14 Et l'Eternel eut du regret au sujet du malheur dont il avait dit qu'il frapperait son peuple. Conflit : Qui a sauvé le peuple ? NOTES SUR LE TEXTE : v. 8 — Le métal fondu était de l'or (v. 4). La traduction par le mot : fonte risque de faire penser au terme moderne qui s'applique au fer ou à l'acier. — Voici tes dieux... Le mot est au pluriel ainsi que le verbe dont il est le sujet. C'est donc une perspective polythéiste. v. 11 — Implora... : littéralement caressa la face pour l'apaiser. Cette expression est fréquente en parlant de Dieu dans l'Ancien Testament. v. 12 — Aie du regret... La traduction : repens-toi... (Segond) ne convient pas, car la repentance est exprimée par un autre verbe qui signifie : revenir à Dieu. Ici, le verbe a pour sens : éprouver du regret, s'affliger, et aussi, à une autre forme : consoler (cf. Esaïe 40/1). De même au v. 14. COMMENTAIRE L'histoire du veau d'or (Exode 32) est sans doute l'une des plus connues de ce livre, et il n'est guère utile de la rappeler. Pendant l'absence de Moïse, monté sur la montagne pour recevoir la Loi de Dieu, le peuple et Aaron se sont fabriqué une statue leur servant de dieu-idole visible (fais-nous un dieu qui marche devant nous !, v. 1). Au retour de Moïse, la réaction est violente et la punition sera terrible (v. 25-29). La Loi de Dieu, gravée sur des tables de pierre et qui portait les deux premiers commandements fondamentaux du Décalogue (un seul Dieu, pas d'idoles) se trouve ainsi violée par le peuple, et Moïse brise ces tables (v. 19). Bien des problèmes sont soulevés par ce récit dont un certain nombre de détails suscitent des discussions parmi les exégètes. Pourtant l'idée centrale se dégage nettement, même si d'autres thèmes plus secondaires apparaissent (attitude curieuse d'Aaron, v. 1-6 et 21-24 ; rôle des enfants de Lévi, v. 25-29, etc…) : le peuple a été infidèle à son Dieu pour s'attacher à une idole. C'est la première fois qu'un tel fait se produit, et ce sera le point de départ de nombreuses infidélités dans l'histoire biblique qui se résument dans la tentation permanente : ou Dieu, ou d'autres dieux ; il faut choisir ! Nos v. 7-14, qui constituent une sorte de parenthèse dans la suite du récit (v. 1-6 et 15-35), exposent, dans un dialogue pathétique entre Dieu et Moïse, le véritable aspect théologique du problème. Le conflit réside en ceci : qui a vraiment sauvé le peuple ? 3 réponses sont possibles 1. C'est Moïse (v. 7) Il est significatif que Dieu dise à Moïse : ton peuple que tu as fait monter d'Egypte. Ce n'est donc plus le peuple de Dieu, mais le peuple de Moïse. Par la corruption et l'idolâtrie du peuple, la rupture avec son Dieu s'est produite (v. 8). L'honneur et la justice de Dieu ont été bafoués, et il n'est pas possible que les choses en restent là, sinon Dieu n'est plus Dieu. L'exigence de l'alliance établie au Sinaï n'a pas été respectée par les Hébreux et, dans ce cas, comme en toute alliance brisée par la faute d'un des partenaires, la seule sanction est la mort. Dans le langage anthropomorphique de la Bible, c'est-à-dire avec les expressions courantes employées pour les hommes et appliquées à Dieu, le texte parle de la colère de Dieu qui va s'enflammer et qui exterminera ce peuple infidèle et « à la nuque raide », comme le bœuf qui refuse d'accomplir son service et rejette le joug de son cou. Toutefois, Dieu ne prend pas plaisir à la destruction de son œuvre. Comme lors du déluge, en sauvant Noé et les siens, pour former une nouvelle humanité, Dieu va recommencer avec un autre peuple que celui qui l'a trahi ; ce sera un peuple qui descendra de Moïse (v. 10) comme le premier peuple descendait d'Abraham (mêmes expressions dans Genèse 12/2). Ainsi, son œuvre pourra s'accomplir. 2. C’est le veau d’or (v. 8) Cette réponse nous surprend. Pourtant c'est bien ce que voulait le peuple : un dieu, ou des dieux visibles, qui marchent devant lui (v. 1-4, 8, 23), et qu'on peut adorer comme libérateurs et sauveurs. Comment comprendre cette trahison ? Est-ce vraiment un oubli total du Dieu de Moïse qui avait fait alliance avec le peuple ? Peut-être pas, car nous voyons que le peuple, même devant le veau d'or, n'a pas complètement oublié l'Eternel (v. 5). C'est plutôt le besoin de voir une représentation de Dieu, sous forme d'une image ou d'une statue, comme le faisaient tous les peuples. Sortant d'Egypte où l'on adressait un culte à des animaux divinisés, et en particulier au bœuf Apis (ou Hapi), il était naturel qu'une figure semblable ait été choisie comme idole. On voulait adorer Dieu sous la forme du veau d'or, mais c'était inconciliable avec le 2° commandement où il est précisément question de la jalousie et de la colère de Dieu envers ceux qui se tournent vers les idoles. 3. C’est l’Eternel (v. 11) Moïse, devant Dieu et sa juste colère, exerce un ministère d'intercesseur (v. 11-13). Il sait que c'est Dieu qui a sauvé son peuple (ce n'est pas le peuple de Moïse, mais le peuple de Dieu ; c'est ton peuple que tu as fait sortir d'Egypte, v. 11). Il sait que cette délivrance a été l'œuvre de la puissance de Dieu. Il sait que les Egyptiens se moqueront des Hébreux si Dieu les extermine après les avoir sauvés (v. 12). Il sait que la promesse de Dieu à Abraham, Isaac et Israël n'a pas changé et que Dieu la tiendra fidèlement (v. 13). C'est pourquoi il ose demander à Dieu de renoncer à détruire son peuple. Et Dieu exauce sa prière (v. 14), car la compassion de Dieu est infiniment plus grande que sa colère (cf. Exode 20/5-6). Le rôle d'intercesseur de Moïse est de nouveau montré dans les v. 30-35. Il est prêt à renoncer à sa mission si Dieu ne pardonne pas au peuple, mais l'Eternel explique que c'est celui qui a commis une faute qui en porte la responsabilité (v. 33). Quant à Moïse, il doit continuer à conduire le peuple dans sa marche, même après la punition des coupables (v. 34-35). Doit-on s'étonner de cette sévérité de Dieu ? Il faudrait d'abord s'étonner de la facilité avec laquelle le peuple de Dieu — c'est-à-dire nous-mêmes — oublie les exigences de la volonté du Seigneur et n'a guère conscience de sa désobéissance (sans parler de la facilité avec laquelle on supprime aujourd'hui toute notion de péché et de responsabilité envers Dieu). Mais il faut aussi ajouter que le Seigneur a montré l'immensité de son pardon et de son amour en nous donnant le Christ comme Sauveur, ce qui devrait nous détourner définitivement de toute idole, incapable de sauver. THÈME DE RÉFLEXION — Y a-t-il encore des idoles dans notre vie, ou dans la vie de nos Eglises ? — Avoir le courage, non de les dénoncer chez les autres, mais de les démasquer en nous-mêmes. — Croyons-nous encore à la colère de Dieu, et qu'est-ce que cela peut signifier aujourd'hui ? |
Inscription à la newsletter
Sondage
|
Cultes contemporains
Luc 15 v 1-32 Michel Cordier