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Esaïe 66 v 18-22 Alphonse Maillot



Texte : Esaïe 66/18-22
Genre : Notes homilétiques
Auteur : MAILLOT Alphonse
Source : Qui est mon prochain ? — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année C (juillet-août). Mission intérieure de l’Eglise évangélique luthérienne à Paris, 1992 (p. 97-98).



11° dimanche après la Pentecôte
21° dimanche ordinaire

Esaïe 66/18-22

Les traducteurs me semblent ici en prendre un peu trop à leur aise, surtout au v. l8. Lire (?) : "Moi (YHWH) (je suis ou je serai) leurs actions et leurs pensées. Elle vient = (peut-être : L'heure sera venue) de rassembler toutes les nations et toutes les langues. Elles viendront et verront ma gloire". Je propose (un peu de manière désespérée) : "Quand moi, le SEIGNEUR, je serai le (seul) but de leurs actes et de leurs pensées, alors viendra l'heure de rassembler toutes les nations, etc…" (la TOB a, certes, mis une note, mais elle n'explique pas comment elle en arrive à sa traduction).

Je crois, de toute manière, qu'ici le Seigneur relie vraiment la fin des temps (qui coïncide avec le rassemblement des peuples à Jérusalem) avec les nouvelles dispositions que les habitants de Jérusalem doivent avoir : YHWH doit devenir le but de toute leur vie (actes et pensées, etc…). Alors les nations pourront enfin retrouver leur "capitale" : Jérusalem.

Mais une autre difficulté que peu de traductions élucident consiste en ce fameux "Signe" (v. 19) placé au milieu de toutes ces "nations" ; ne s'agirait-il pas justement de cette nation nouvelle enfin soumise de tout son cœur (siège de la pensée) et dans toute sa conduite à son seul Seigneur, et enfin débarrassée de toutes les idolâtries auxquelles le v. 17 fait clairement allusion ?

On notera les divers mouvements du texte : rétraction, expansion, réunion.

v. l8 : rassemblement de toutes les nations qui, dans le peuple retrouvé, verront la gloire de Dieu.

v. 19 : envoi, vers les nations (même les plus ignorantes et les plus lointaines), de rescapés (le reste) parvenus à Jérusalem ; et là-bas annonce de la gloire du Seigneur.

v. 20 : tous les "frères" seront amenés par ces nations, en offrande au Seigneur, à Jérusalem où tous arriveront en grande cérémonie (v. 20). Qui sont ces frères ? Peut-être des exilés, déportés et leurs descendants ? Des Juifs oubliés et dispersés auxquels faisait déjà allusion Esaïe 60/4 et 9 ? Probablement ; mais, à la rigueur, on pourrait penser à des non-Juifs.

En tout cas, c'est aussi de ces Juifs oubliés, probablement étrangers à la "succession lévitique et aaronide", que le Seigneur va désormais tirer une partie de son sacerdoce (v. 21) ; promesse ô combien importante et prémice du sacerdoce universel ; cf. 56/4, qui correspond à la création de nouveaux cieux et d'une terre nouvelle (v. 22), avec la certitude que tout homme y sera convié afin d'adorer fidèlement l'auteur de toutes ces choses (v. 23)... Mais le v. 24 poserait quelques problèmes.

S'il est permis de revenir au signe du v. 19, rien n'empêche un chrétien d'y voir la Croix (cf. Ephésiens 2/13-l8), point de convergence des nations, sur laquelle agonise le grand prêtre d'un nouveau culte non aaronide.



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