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Esaïe 60/1-6 Alphonse Maillot



Texte : Esaïe 60/1-6
Genre : Notes homilétiques
Auteur : Alphonse MAILLOT
Source : Voici l’homme — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année A (Avent-Noël-Epiphanie jusqu’au Carême non compris). Mission intérieure de l’Eglise Evangélique luthérienne, s.d. (p. 63-64).
= C’est par la foi — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année B [Epiphanie et les dimanches suivants jusqu’au Carême]. Mission Intérieure de l’Eglise Evangélique Luthérienne, 1993 (p. 12-13 & 20).



Epiphanie

Esaïe 60/1-6

En Esaïe 59 nous avions une (des) confession(s) des péchés d'Israël, en même temps que la demande faite au Seigneur de prendre en pitié la situation lamentable de son peuple (ne pas se tracasser sur le fait que des "vous" deviennent des "nous", c'est une caractéristique liturgique). Ceci suppose que le Temple doit, soit être reconstruit, soit être en pleine reconstruction (on est donc vers 525-500), époque obscure dont nous savons surtout qu'elle ne fut guère brillante pour Israël (59/10-11). Israël qui, une fois de plus, a attendu l'épreuve avant de reconnaître sa culpabilité, confesse au chapitre 59 ses manquements à l'alliance. Et Dieu qui s'apprêtait à punir plus encore et à exercer des représailles, se transforme en Celui-qui-va-libérer-son-peuple, de lui-même autant que de ses ennemis (v. 20) ; c'est le fameux Gô'ël (intraduisible : vengeur, protecteur, rédempteur... cf. note de la TOB 2 sur Exode 6/6) qui, s'il peut réclamer Israël (et Jérusalem) comme sa propriété, les réclame surtout pour les libérer. Survient alors la promesse d'Esaïe 60 (+ 61 & 62), qui répète à sa manière ce que promettait Esaïe 40/1ss. Les Jérusalémites prostrés (pour la prière autant que par découragement) sont invités à se relever, à illuminer la ville (60/1 : il faut comprendre de manière concrète tous ces versets) dans une liturgie du crépuscule. Car le Seigneur-Lumière (1 Jean 1/5) s'approche. Et comme le soleil dissipe l'obscurité et les brumes du petit matin, le Seigneur va faire resplendir sa gloire.

Sans doute, arrivaient alors, en longues processions, des cohortes de jeunes gens et de jeunes filles (v. 4), ainsi que de hauts dignitaires. Tout cela préfigurait la dernière fête, celle de la dernière intervention divine, celle où, enfin réconciliées, les nations, avec leurs richesses (matérielles, mais aussi spirituelles) convergeront vers une Jérusalem apaisée et illuminée, non plus seulement par des lampions, mais par la seule gloire du Seigneur. Cela annonce, non seulement la venue des mages, mais l'arrivée finale des nations et de leurs chefs, avec leurs richesses, aux portes de la Nouvelle Jérusalem : Apocalypse 21/23-26 dont l'Agneau est la seule lumière.

D'habitude, les fêtes israélites sont des re-"présentations" (pour le dire plus fidèlement : "Elles sont des découvertes de la permanente actualité des délivrances passées") du passé et de l'œuvre à la fois passée et présente de Dieu, pour que chacun y retrouve courage et joie, mais ici cette fête (qui, certes, n'est pas sans rapport avec une actualisation du passé : le retour en Israël, lui-même évocation de la sortie d'Egypte) est avant tout l'actualisation de la grande fête finale ; actualisation de ce moment où, révélant le Christ dans sa plénitude, le Seigneur viendra (avec l'Agneau) terminer, couronner et illuminer l'histoire en lui donnant son plein sens par la réconciliation (et non la négation) de toutes les nations.

Or, l'Eglise manque notoirement d'une fête actualisant l'avenir, et surtout cet avenir de plénitude pourtant aussi certain que la venue du Christ. Ceci explique peut-être pourquoi l'espérance chrétienne est exténuée. Pourquoi alors ne pas faire de l'Epiphanie (dont le sens = manifestation, apparition), cette fête tournée vers l'avenir, vers la lumière qui se lève ; l'Anticipation de ce jour où les enfants de Dieu seront... manifestés (Romains 8/19 : "Apocalypsis" ! !), et où tout trouvera son sens ? Enfin !



"Plan" de prédication

Les trois textes ont des points communs qu'il est bon de relever : en particulier les promesses qu'ils contiennent pour les peuples de toute la terre : Esaïe 60/3 & 5 (cf. aussi v. 10, 13 & 14...) ; l'épître aux Ephésiens : 3/6, et bien entendu les mages, dont vous relèverez qu'ils étaient théoriquement les derniers à avoir droit à la révélation qui leur est faite.

Et pensez à cette fête de la fin des temps, annonce d'une humanité réconciliée.