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Esaïe 55 v 1-6 David Matrani
Texte : Esaïe 55/1-6
Genre : Méditation Auteur : David MITRANI Source : Méditation pour le Colloque financier consistorial du 23.01.1999 à Saint-Projet (16). Chers amis, ce n'est pas pour faire de la provocation à l'égard de nos financiers que nous avons choisi ce texte d'Esaïe. Mais aujourd'hui où nous sommes appelés à prendre un peu de la hauteur par rapport aux sous, non pas pour les négliger, mais pour mieux les regarder d'un autre point de vue, il nous a semblé intéressant de venir tout de suite à l'essentiel de ce qui constitue notre Eglise. Eh bien, voici donc la Bonne Nouvelle : cet essentiel ne s'achète pas, ne se marchande pas, ne se vole pas, ne s'extorque pas, et même il ne se quémande pas. Parce que cet essentiel, il est proposé, il est offert, il est gratuit. C'est Christ, appelé ici David. C'est l'amour de Dieu pour ses enfants. C'est Dieu lui-même en sa paternité. Il y a là une remise en cause radicale de tous nos points de vue habituels, qui sont au ras des pâquerettes, au ras de nos angoisses et de nos manques, au bout de notre nez et au fond de nos poches trouées. Je ne parle pas ici seulement des finances de l'Eglise. Notre vie quotidienne, individuelle et sociale, est une vie étriquée. Nous sommes cernés par la peur de manquer et par une morale tristounette qui nous fait ressembler au "riche insensé" de la parabole, mais sans son grenier plein ! Nous usons nos vies à gagner… rien, rien de valable. Faut-il alors nous étonner que, lorsque nous nous proposons comme modèles pour motiver les gens à l'offrande, cela ne marche pas ? Ce n'est pas Dieu que nous proposons à nos gens, c'est nous-mêmes, et ce n'est pas bien exaltant !… Nous les appelons non pas vers lui, mais vers nous, et nous leur demandons, en plus, de venir avec un porte-monnaie bien rempli. "Venez dans nos temples, avec votre argent, venez, achetez tout, donnez-nous vos sous…". Ça ne marche pas, bien sûr ! Que nous nous offrions comme modèles, comme références de la foi proposée, c'est, après tout, bien normal et inévitable. Conformons-nous alors à ce que nous proposons ! Nous-mêmes, répondons à la prophétie d'Esaïe, et accourons vers Dieu, vers les sources d'eau vive de son amour, sans notre argent, sans notre théologie, sans notre piété, sans notre morale, sans rien qui soit de l'adulte en nous, mais comme des enfants : rien que par plaisir, rien que pour se désaltérer et pour s'éclabousser mutuellement de cette eau jaillissante, rien que pour manger et faire la fête, sans penser à une quelconque corbeille qui passerait au moment du fromage… Nourrissons-nous, désaltérons-nous, de la Parole de Dieu. En cela seulement nous sommes une Eglise protestante, une Eglise évangélique, une Eglise missionnaire. Car alors se réalisera la dernière prophétie de notre extrait : "Tu appelleras une nation que tu ne connais pas", etc… Nous sommes loin ici des stratégies et de leurs échecs. Nous sommes de simples relais de cet appel : "Venez !", qui retentissait au début du chapitre. De cela nous parlerons plus longuement au mois d'avril, je suppose. Qu'il nous suffise, aujourd'hui et souvent, de savoir la promesse de Dieu : si nous nous délectons de sa Parole, alors des inconnus viendront avec nous pour le faire, eux aussi. Cela vaut bien toutes les animations financières, non ? Car dans nos problèmes, ce n'est pas d'argent qu'il est question, mais de la Parole du Seigneur de l'Eglise. On dira tout à l'heure que l'argent de rentre pas. C'est faux. C'est la Parole de Dieu qui ne rentre pas. Ouvrons donc les oreilles, puis ouvrons la bouche, pour manger et pour parler ! Cessons de parler aux gens de leur porte-monnaie. Ou bien cessons de ne pas le faire. Ça n'a pas d'importance. Dieu s'en fiche. Il veut qu'on vienne se régaler, et qu'on y invite tout le monde. Chez lui. Redeviendrons-nous une Eglise de la Parole, une Eglise oreilles ouvertes, bouche ouverte, cœur ouvert ? Laissez venir à Dieu les petits enfants, ceux qui n'ont rien d'autre qu'eux-mêmes : ils sont sa richesse à lui. Amen. Autres textes de la même catégorie
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