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Esaïe 55 v 1-11 Evelyne RATTI
Texte : Esaïe 55/1-11
Genre : Prédication Auteur : Evelyne RATTI Source : Prédication pour le 22.01.2003. Coordination nationale ERF "Edifier-Former". Notes bibliques Bibliographie - Le second Esaïe, Cahier Evangile n° 20. Cerf, 1977. - Daniel Lys : L’évangéliste de l’Ancien Testament, Esaïe 40-55. Les Bergers et les Mages, 1999. Esaïe 55/1-11 1) J’ai privilégié le thème du retour et de l’espérance qui lui est liée. Il m’a semblé que, dans le contexte actuel, le mot « retour » a une résonance positive ou négative, voire angoissée (retour des immigrés). Plus généralement, d’où vient-on ? Pourquoi a-t-on envie de revenir — ou de ne pas revenir ? Quel est notre « chez nous » ? Notre famille : celle adoptée ou celle adoptive ? L’urgence me semble être, d’abord, dans un retour au bon sens. Pour les chrétiens en particulier, retour à leurs racines religieuses et spirituelles. Baptisés, ils sont nés de Dieu et ils le savent, ils sont donc sans excuse de vivre comme si Dieu n’existait pas ou en le reléguant dans le rôle utilitaire d’un réconfort privé. Dans ce cas, les chrétiens ne témoignent plus d’une Espérance collective, ni d’un avenir heureux pour la famille de Dieu tout entière. 2) Le message biblique (livre de l’exil par excellence) invite à l’espérance par l’expérience de l’exode et de la repentance. En période de crise, les prophètes affirment que rien n’est jamais perdu, on peut toujours recommencer, mais rien ne peut se passer sans la repentance et le changement de vie. On rejoint la prédication du Baptiste dans Marc. 3) On peut aussi axer la réflexion sur : de quoi avons-nous faim, de quoi avons-nous soif ? Le texte se prête très concrètement à l’analyse des aspirations d’aujourd’hui, entretenus par une société marchande. Le thème de la gratuité divine joue en contraste avec notre « tout se paye ». 4) Autre approche : celle de la réalité du salut. « Inutile d’attendre autre chose que ce monde-ci. Si Dieu est là, il est dans ce monde-ci et pas ailleurs (ce qui est vrai) ». Toute quête spirituelle est ainsi soupçonnée de fuite et de rêve. Je crois que ce monde est le théâtre de notre action, mais que la réalité dépasse la fiction en ce sens que le Royaume de Dieu présent dépasse tous nos rêves les plus fous. Dieu attend que nous manifestions cette réalité par une vie prophétique. 1 Jean 5/1-11 La communauté johannique est aussi une communauté d’exil. C’est une communauté en marche qui cherche à se recentrer sur ce qu’elle croit et ce qu’elle fait et à surmonter ses conflits. Dieu qui engendre est à la base de la théologie chrétienne. Le témoignage d’un seul ne vaut pas. Ils sont donc trois à rendre témoignage que Jésus est : 1) un homme (le sang) ; 2) le Fils de Dieu (ce qu’atteste l’Esprit Saint) et 3) qu’il nous purifie pour notre salut (l’eau du baptême). Les écoles d’Antioche et d’Alexandrie se déchiraient sur la divinité du Christ. On est loin de ces débats d’écoles. Pour autant, Jésus est médiatique, c’est un personnage qui attire, dont s’emparent le cinéma et le théâtre, il fait encore des records de librairie. Bonne raison pour s’intéresser à lui. Jésus a une histoire, il a connu l’exil enfant. Il a vécu dans un monde bien concret… peut-on s’arrêter là ? Suggérer, sans oser affirmer ce que nous croyons ? Tous ensemble, nous pouvons témoigner dans les contextes de conflits religieux qui ne manquent pas. Marc 1/7-11 En partant du baptême, on peut expliciter ce qu’il signifie encore aujourd’hui. Que veut dire être purifié par l’eau, quand l’eau est polluée partout ou presque ? C’est par la foi que nous sommes purifiés. Jean ne fait que préparer les chemins du Seigneur. Il montre son humilité ; comme le publicain du temple, il confesse son indignité. Mais humilité n’a jamais voulu dire s’écraser, faire la serpillière. Jean a rempli sa mission, jusqu’au bout. Il a baptisé d’eau, un autre achèvera l’œuvre du salut dans le Saint-Esprit. Il est facile de trouver des images symboles pour illustrer la différence entre les deux baptêmes. Jésus, après Jean, montre son humilité en se faisant baptiser ; lui aussi remplira sa mission jusqu’au bout. Place du témoignage. Aujourd’hui on fait beaucoup appel aux témoins. Personne ne voit la même chose selon l’angle d’approche. Cela ouvre des perspectives pour l’évangélisation. Confession de foi de l’Eglise évangélique vaudoise du Rio de la Plata (Eglises réformées en Argentine). Traduction Jean Alexandre. Je crois en Dieu, le Dieu des credos, et en toutes leurs vérités, mais surtout je crois en un Dieu qui ressuscite de la mort de la lettre pour devenir une part de ma vie. Je crois en un Dieu qui accompagne de tout près chaque pas de mon chemin sur terre : derrière moi souvent, il voit mes erreurs et souffre à cause d’elles ; d’autres fois, il est à mes côtés, il me parle et m’enseigne ; d’autres fois, il est devant moi, il me guide et marque pour moi le rythme de la marche. Je crois en un Dieu de chair et de sang, Jésus-Christ, un Dieu qui a vécu dans ma peau et qui a usé mes souliers, un Dieu qui a parcouru mes chemins et qui en connaît les lumières et les ombres, un Dieu qui a mangé et qui enduré la faim, embrassé et battu, aimé et haï, un Dieu qui allait aux fêtes et aussi aux enterrements, un Dieu qui a ri et qui a pleuré. Je crois en un Dieu qui, aujourd’hui, porte un regard attentif sur le monde, qui voit les haines qui excluent et qui divisent, qui marginalisent, qui blessent et qui tuent ; qui voit les balles traverser la chair, le sang innocent inonder la terre ; qui voit la main qui se coule dans des poches ou des bourses pour voler ce dont l’autre a besoin pour manger ; qui voit le juge décider en faveur du mieux placé, habillant d’hypocrisie la vérité et la justice ; qui voit les eaux salies et la mort du poisson, la pollution qui détruit la terre et troue le ciel ; qui voit s’hypothéquer l’avenir et croître la dette des hommes. Je crois en un Dieu qui voit tout cela…. et qui en pleure. Mais je crois aussi en un Dieu qui voit une mère donner le jour, et c’est une vie qui naît de la douleur ; qui voit jouer deux enfants, et c’est une semence de solidarité qui germe ; qui voit la fleur pousser sur les ruines, et c’est un commencement nouveau ; qui voit en mai, trois folles demander justice, et cette illusion-là ne mourra pas ; qui voit le soleil se lever chaque matin, et c’est un temps pour des possibles. Je crois en un Dieu qui voit tout cela… et qui rit parce que, malgré tout cela, il y a l’Espérance. (On peut adapter avec des situations concrètes et locales). Le pays qui se trouve dans mon âme (Marc Chagall) Seul est mien le pays qui se trouve dans mon âme. J’y entre sans passeport, comme chez moi. Il voit ma tristesse et ma solitude… En moi fleurissent des jardins Mes fleurs sont inventées, Les rues m’appartiennent. Mais il n’y a pas de maisons, elles ont été détruites dès l’enfance. Les habitants vagabondent dans l’air à la recherche d’un logis. Ils habitent dans mon âme. Voilà pourquoi je souris quand mon soleil brille à peine Ou je pleure, comme une pluie légère dans la nuit… A présent, il me semble que, même quand je recule, Je vais en avant vers un haut portail. Seul est mien le pays qui se trouve dans mon âme. Les exilés Ils ont des regards fatigués, avec un reste de lumière… Sous leurs paupières frissonnent des horizons ailleurs glanés… Leur sourire creuse une trace amère sur leurs visages aux vents contraires burinés… La vie les revêt d’un costume que n’avaient pas tissé leur mères. Pour eux… les exilés. Ils sont venus de loin, les mains ouvertes, laissant un sillon de tristesse derrière leurs pas pressés de fuir. Blessés dans leur âme secrète. Maintenant, lourds de souvenirs, Graves de nostalgies lancinantes, Ils vont, cherchant une autre patrie, D’autres hommes moins hostiles à leur nom… L’espoir est leur nouveau démon… Ne les laissez pas repartir sans avoir donné un regard où reposer leurs cœurs avides. Car d’ici ou d’ailleurs, ne sommes-nous pas tous en partance, passagers d’un même navire appelé « Terre », à la recherche de frontières qui retiennent prisonnier le temps, le temps d’aimer et d’être libre ? Eliane Djurcovitch (à la mémoire de mon père, exilé monténégrin). Prédication Comme on aime à relire ces vieux textes qui, du fond des âges, sont arrivés jusqu’à nous. Par leur beauté, ils sont un peu comme un baume adoucissant sur nos blessures ; par leur humanité, burinée par le vent, ils apportent réconfort, joie et espérance. Oui, vraiment, pour avoir traversé les siècles de fer, de feu et de sang, ils me disent que rien n’est jamais perdu, qu’il y a toujours l’espérance à l’horizon de nos jours, tout simplement…. parce que la vie continue. Le prophète Esaïe nous écrit de Mésopotamie, vers 550 avant notre ère. La Mésopotamie, cela ne vous dit rien ? Eh bien, c’est l’Irak actuel ; et Babylone, c’est Bagdad aujourd’hui ! Curieux clin d’œil de l’histoire ! Si celle-ci ne se répète pas — disons, à l’identique —, elle s’obstine curieusement à repasser des plats connus ! Depuis la chute de Jérusalem, les Judéens déportés étaient exilés à Babylone et cela depuis 40 ans. C’est long 40 ans, on a le temps —dans un haut lieu du paganisme comme Babylone — de perdre son identité, ses habitudes, sa culture, sa foi d’origine. Axe du mal de l’époque, Babylone symbolisait l’orgueil du triomphe païen et de l’idolâtrie. « Quand donc retournerons-nous à Jérusalem ? », se lamentait tout Juif pieux, désireux de rester fidèle au Dieu de ses pères. Tristesse de l’exil, douleurs, repentance de n’avoir pas été plus fidèles, jadis… c’est tout cela que scandaient les chants de ce peuple privé de liberté. « Sur les fleuves de Babylone nous étions assis et nous pleurions nous souvenant de Sion... » (Psaume 137). Heureusement, le temps passe, les choses changent et évoluent. Voilà que se lève la voix d’Esaïe le prophète. Il console son peuple en lui faisant entrevoir la fin de ses malheurs. Un espoir de retour se profile à l’horizon grâce à Cyrus, maître de Perse. Cyrus va envahir Babylone et redonner sa liberté au peuple asservi qui, enfin, va pouvoir rentrer chez lui. Ce fait historique est d’autant plus merveilleux et inespéré que Cyrus est un païen. A son insu, il sert les plans de Dieu et contribue ainsi au retour du peuple sur la terre que Dieu lui a donnée. Cela me fait penser que nous devrions être plus souvent attentifs à l’évolution de notre situation de croyants dans le monde d’aujourd’hui. Nos Eglises, nos entreprises, associatives ou autres, ne voient-elles pas s’accomplir l’œuvre de Dieu souvent à leur insu ? Voire à leur corps défendant ? N’y a-t-il pas là de quoi se réjouir au lieu de s’en indigner ? Aujourd’hui comme hier, le Seigneur est bien présent parmi nous, il n’abandonne pas son peuple et sa Parole se faufile dans les interstices de nos défaillances. On a beau l’oublier, le nier, se passer de lui, être indifférent, révolté, Dieu est fidèle, il pardonne. De cela sommes-nous bien convaincus ? Oui, Dieu pardonne, il pardonne fautes, transgressions, révoltes, infidélités, idolâtrie, mais il ajoute : repens-toi et reviens à moi ! Mes pensées et mes chemins ne sont pas les tiens. « Que le méchant abandonne son chemin et l’homme malfaisant ses pensées. Qu’il retourne vers le Seigneur qui lui manifestera sa tendresse, lui qui se surpasse pour pardonner » (v. 7). Dieu, dans sa pédagogie à notre égard, ne pratique pas le "tout répressif", il veut toucher notre cœur. Au-delà d’un programme de redressement, il nous exhorte, il nous fait réfléchir plus profondément. Revenir à lui, c’est trouver, en fin de compte, sa véritable liberté, celle qui nous fait sortir du cycle infernal de l’éternel retour de ces choses qui nous attristent, nous accablent, sapent notre espérance. C’est aussi le sens du mot convertir. Se convertir, c’est « se retourner », changer de direction parce qu’on s’est aperçu qu’on s’était trompé. Avec la prédication de Jean Baptiste dans l’évangile de Marc, le mot conversion inaugure notre nouvelle condition de fils et de chrétiens, adultes et responsables. * * * Mais mes pensées ne sont pas comme les vôtres et mes chemins ne sont pas non plus les vôtres, dit le Seigneur, écoutez, et vous vivrez ! Des projets, nous en avons de très beaux : la construction de l’Europe, la paix, la justice... la santé et le mieux vivre. Beaucoup d’efforts sont faits pour soulager, pour être solidaires et défendre le droit. En quoi les chrétiens peuvent-ils prétendre faire mieux que les autres ? Il me semble que c’est dans la conscience de l’exil justement. Là mieux qu’ailleurs, on est amené à prendre conscience que nous ne sommes pas les enfants de Babel ni de Babylone. Nous ne sommes pas les enfants du paganisme ni du chaos. Nous ne sommes pas destinés à l’exil, à un monde froid et sans bonheur. Si la Bonne nouvelle de l’Evangile n’est pas d’abord un programme, c’est parce qu’elle est une exhortation brûlante. Une exhortation passionnée qui invite à la mise en œuvre de la loi divine et des moyens qui lui sont propres. Chrétien, retrousse tes manches ! En Jésus-Christ, le Royaume de Dieu a bien été semé dans notre terre, mais c’est à nous qu’il revient de le cultiver, de construire ce monde selon les pensées et les chemins de Dieu. Nés de Dieu, baptisés en lui, nous sommes en espérance vainqueurs sur toutes misères, de toutes souffrances, de la mort elle-même. Porteurs des fruits de la victoire à venir, puissions-nous être prophétiques et manifester cela dans nos projets et dans notre vie. Notre monde n’est pas qu’une terre d’exil, de souffrances et d’errance. L’exil de notre monde, c’est aussi l’expérience de notre humanité en crise. Crise de repères, de valeurs ; crises des institutions religieuses ou politiques ; crise de la dissémination et de l’errance spirituelle ; crise de la crédibilité, crise de l’absence de projet, de "leader" convainquant qui entraîne et rassemble. Mais, au lieu de se lamenter comme ceux qui n’ont pas d’espérance, tout cela nous invite à nous mettre en route, à revenir de nos erreurs et de nos errances collectives et individuelles. Il est encore temps de changer de trajectoire. Reconnaissons que nous avons failli. Dieu comptait sur nous et nous avons péché, par notre irresponsabilité, par notre insouciance, par notre manque de foi ou notre orgueil en nous passant tout simplement de Dieu. Notre inconsistance pèse lourd dans la balance, et l’équilibre du monde s’en trouve menacé. L’équilibre du monde comme notre équilibre personnel. Où est l’espérance dans notre XXI° siècle qui ne fait que commencer ? Que de menaces et de terreurs entretenues ! Cela devrait nous inviter à réfléchir et à penser autrement qu’en termes de sécurité, de droits et de préservation. Nos projets nourrissent nos espoirs ; l’espérance, elle, est activée par le moteur des promesses divines. Vous vous souvenez de cette petite fille dont parlait Péguy : la petite Espérance entre ses deux grandes sœurs, la Foi et la Charité ? Eh bien, la petite Espérance, ce n’est pas un rêve ! Elle est inséparable de la foi en Dieu, et de l’amour du prochain. Autrement dit, on ne vit l’Espérance que si on entre dans le projet de Dieu et dans une foi active. Sans ce moteur là, ça ne marche pas ! * * * Si l’invitation au bonheur décrite par le prophète concernait Israël et son retour de l’exil, elle nous concerne nous aussi, directement. En effet, même si je vis bien, si j’ai la chance d’avoir une famille, des amis, du travail, des biens, un pays en paix, de ne pas être un migrant, ce monde m’est un exil en ce sens qu’il ne satisfera jamais les désirs de mon cœur. Créé à l’image de Dieu, il ne sert à rien de nier cet air de famille, le chrétien a la chance de connaître sa généalogie. Il sera toujours rattrapé par ses origines, par ses « gènes spirituels ». C’est donc véritablement de notre retour à la maison qu’il s’agit. Revenir dans notre famille spirituelle, dans notre vraie patrie puisque Dieu est notre Père et qu’ici et maintenant, nous sommes déjà tous frères et sœurs. Retour de l’enfant perdu et retrouvé, du fugueur qui revient, du révolté qui fait retour sur lui-même et apaise son âme dans la prière… c’est la joie et la fête ! Contrairement aux Musulmans qui ne croient pas que Dieu engendre. La première lettre de Jean (5/1) nous redit que Dieu a un Fils, Jésus-Christ, et qu’en lui nous sommes tous devenus, redevenus, ses enfants. Les promesses de bonheur ne sont donc plus seulement pour le peuple d’Israël, mais pour nous aussi. Cette foi est fondée sur la fidélité de Dieu qui tient ses promesses. Oui, il tient parole, c’est pourquoi il est encore temps de retrouver le chemin de notre âme, où Dieu a choisi de faire sa demeure… Il est encore temps de le chercher puisqu’il se laisse trouver. Le Dieu biblique n’est pas inaccessible, comme nous le croyons trop souvent. S’il se cache, c’est pour que nous le cherchions, c’est pour que nous lui montrions notre amour et notre fidélité. Dieu n’est pas un distributeur automatique, répondant à tous nos besoins et satisfaisant tous nos caprices. Il ne satisfera pas nos mentalités de consommateurs passifs. Ce monde reste à construire selon son dessein d’amour et selon ses lois, c’est ce qu’il voudrait nous apprendre par les expériences malheureuses de notre vie. Avec le recul, les sales périodes peuvent s’avérer riches et les plus lourdes de sens de notre vie. Comme jadis pour les Hébreux, l’exil devint exode. On se met en route résolument, sur les chemins de Dieu. C’est un passage qui nous purifie de toute prétention, de tout égocentrisme ; il nous rend capables de recevoir les dons gratuits de Dieu. Exil, exode, retour, baptême, autant de mots pour signifier le retour de notre cœur à Dieu dans l’humilité des pauvres qui ne veulent ou ne peuvent compter que sur lui. Venez, les assoiffés et les affamés de justice, de paix, d’amour, de douceur, et de mansuétude, vous serez rassasiés ! Heureux serez-vous ! Par la voix de son prophète, c’est presque Dieu qui nous prie et nous supplie : Venez,... c’est gratuit ! Ne vous fatiguez pas pour rien, vous ne serez ni efficaces ni satisfaits. Pourquoi dépenser notre argent pour du vent, pour ce qui ne rassasie pas, ne satisfait pas ?, demande un peu ironiquement le prophète. Vous tous qui entendez ce message ce matin, comprenez que c’est en travaillant à l’œuvre de Dieu et non pour devenir les maîtres du monde (ou de notre territoire), que nous manifesterons la réalité d’une utopie réalisée. Dieu veut faire de nous des vivants heureux, non des survivants affamés. Il nous invite à sa fête, à la joie du retour. C’est comme si c’était déjà fait ! C’est qu’il espère en nous, Dieu, et il y croit ! Un banquet nous attend, rien à payer, tout est gratuit… et la qualité assurée. Vous n’en êtes pas digne, pensez-vous ? Mais la mémoire de notre passé n’est là que pour nous faire avancer. L’espérance, c’est justement de croire qu’un avenir est toujours possible, qu’il y a quelque chose de neuf à vivre, qu’avec Dieu on peut toujours commencer, recommencer. Nous avons sa parole et elle ne lui reviendra pas sans avoir accompli son œuvre. Alors, courage ! Autrefois, aux temps bibliques, l’espérance consistait à avoir : une terre, la prospérité, une descendance et une longue vie. Pour beaucoup d’entre nous, l’horizon ne s’est guère élargi ! En cette période de vœux, je voudrais donc aller au-delà de vos souhaits les plus légitimes : je vous souhaite le bonheur. Et que Paix et Joie, qui sont filles de l’Espérance, vous accompagnent durant toute cette nouvelle année. Amen. Autres lectures : 1 Jean 5/1-9 Marc 1/7-11 Cantiques : * ARC 415 Je veux répondre, ô Dieu * ARC 417 Tu peux naître de nouveau * ARC 423 Ecoutez tous une bonne nouvelle * NCTC 231 = ARC 582 De toi, Seigneur Autres textes de la même catégorie
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