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Esaïe 50/4-7 Alphonse Maillot
Texte : Esaïe 50/4-7
Genre : Notes homilétiques Auteur : Alphonse MAILLOT Source : Je suis qui je serai — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année C [Carême – Semaine sainte – Temps de Pâques – Ascension – Pentecôte – Trinité (18 dimanches et fêtes)]. Mission Intérieure de l’Eglise Evangélique Luthérienne, 1991 (p. 49-51). Dimanche des Rameaux Esaïe 50/4-7 Pour une meilleure compréhension de ce passage, il faut sans doute lire 50/1-2, où le Seigneur dresse le procès de son peuple exilé qui lui reproche d'avoir « le bras trop court », c'est-à-dire incapable de le sauver de sa situation. Le Seigneur remet les choses au point et il utilise le symbole (qui est plus qu'un symbole) qui, depuis Osée, est très vivant dans la pensée prophétique : celui du mariage entre Dieu et son peuple, mais où, très curieusement et aussi de manière très enrichissante, le prophète, cette fois, distingue entre la Mère (= Israël) et ses enfants (= les Israélites déportés). L'image est trop rare pour ne pas être relevée (cf. cependant Psaume 87/5, où Sion-Jérusalem est mère, selon la Septante, de toutes les nations). Le Seigneur remet les choses au point ; jamais il n'a répudié la « mère-Israël » (v. 1), mais ce sont les enfants, dont la mère-Israël se sent solidaire, qui ont rompu l'alliance, au double sens du terme. Et quand il en était encore temps, le Seigneur (Père en l'occurrence d'Israël, même si le terme n'est pas prononcé ici et à dessein pour éviter toute compréhension mythologique, cf. 63/16) a averti, appelé ; il est même venu (v. 2) parmi les siens et les siens n'ont pas répondu (Jean 1/11). Il ne faut donc pas se tromper de coupable, ce qui nous arrive souvent, à nous aussi, quand nous nous retournons contre Dieu. Mais le SEIGNEUR ne va pas pour autant abandonner son peuple ; il ne va pas le laisser sans message, sans parole (v. 4). Il suscite, une fois encore, un prophète qui prend maintenant la parole. Puis, ce qui est rare chez les prophètes, et chez celui-ci encore plus particulièrement puisque personne ne connaît son nom (on l'appelle souvent « le grand anonyme de l'exil »), ce prophète parle sur lui-même, mais c'est pour nous dire ce que Dieu le Seigneur a fait pour lui afin qu'il soit un fidèle prophète pour Israël. Il lui a tout d'abord donné (chaque matin) de savoir écouter : cf. le disciple qui se laisse instruire (v. 4a & c) ; et ensuite savoir parler pour réconforter (v. 4b) ce peuple ingrat ; oh ! certes, le prophète n'a pas manqué de remettre les « choses » au point (v. 1 & 2), mais l'essentiel de sa mission est d'être constamment aux aguets pour bien discerner la Parole qui veut « soulager » les « écroulés » (il y a ici un singulier qui désigne tout Israël) (v. 4). Le prophète alors montre que son attitude d'écoute et de disciple est à l'opposé d'Israël : « Moi, dit-il (le « moi » est emphatique), je ne me suis pas révolté, ni aigri quand j'ai entendu ce que Dieu voulait me dire » (v. 5). En conséquence, j'ai accepté les tracasseries, les déshonneurs, et même les outrages qui, en Israël, ont souvent (mais pas toujours..., cf. le 1° Esaïe qui semble avoir été bien respecté) accueilli ceux qui veulent écouter et transmettre la Parole de Dieu (cf. Jérémie). Le prophète a donc probablement été persécuté par ses compatriotes en exil, ou pour le moins tourné en dérision (v. 6a). Et il l'a accepté, en ne se refusant pas à ces outrages, mais en refusant cependant de changer le message dont il était chargé (v. 6b). Pourtant il ne veut pas qu'on se trompe sur l'origine de ce courage, et presque de ce défi envers ses persécuteurs (israélites, répétons-le) ; il revient au seul Seigneur-son-« Secours » (v. 7, cf. le Psaume de pèlerinage : 121/2). Le prophète renforce cette assurance en disant que cela lui a permis d'être imperméable aux outrages (là encore, on rencontre quelques difficultés pour rendre le laconisme de l'hébreu : je n'ai pas été outragé = « je ne me suis pas senti outragé »). La phrase qui suit est, elle aussi, bien difficile à rendre convenablement, même s'il est certain qu'on la retrouve en Luc 9/51 (où je traduis, mais pas encore assez fidèlement : « Jésus envisagea résolument ou définitivement... »), mot à mot ici : « J'ai placé (fait de) mon visage un caillou » (j’ai pétrifié mon visage). Probablement cela signifie : « Quand on me giflait ou torturait, j'ai fait comme si je ne sentais rien… ». Cela replace certainement Luc 9/51 dans le contexte du sacrifice librement consenti du Christ lors de sa Passion (cf. le début de Luc 9/51) et fait de ce verset la charnière de l'évangile de Luc. |
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Matthieu 21 v 1 - 11 Pierre Muller