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Esaïe 49 v 3 & 5-6 Alphonse Maillot



Texte : Esaïe 49/3 & 5-6
Genre : Notes homilétiques
Auteur : Alphonse MAILLOT
Source : Voici l’homme — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année A (Avent-Noël-Epiphanie jusqu’au Carême non compris). Mission intérieure de l’Eglise Evangélique luthérienne, s.d. (p. 71-72).



2° dimanche ordinaire

Esaïe 49/3 & 5-6

Nos "collecteurs" de textes ont le goût de la difficulté, en assemblant des versets qui, au moins, paraissent se contredire : en effet, 49/1 et en particulier 3, paraissent (surtout dans l'éclairage de 48/20) dire que le Serviteur-du-Seigneur est Israël, tandis que 40/2 et 5-6 paraissent confondre ce dernier avec le prophète (à qui pourrait d'ailleurs aussi bien s'appliquer 49/1).

Petite parenthèse sur le "Serviteur-du-Seigneur" (en Esaïe 40 à 53 : ce "fameux" Serviteur-du-Seigneur reste une énigme (attachante) pour l'exégèse, et peut-être est-il bon et enrichissant qu'il en soit ainsi. Rappelons cependant que, dans bien des cas, il s'agit d'Israël tel qu'il est (et non pas, comme le veulent bien des exégètes, "tel qu'il devrait être", ou encore son "élite", terme dans lequel on aurait tendance à voir le contraire du mot "reste") ; 41/8-9 est très clair ; et, de plus, le Seigneur l'a racheté (cf. le terme go'êl : rédempteur) en 41/14 (ce qui prouve bien qu'il ne s'agit pas de la "crème" d'Israël ; idem en 42/19). Mais en 42/1-4, on peut y voir le prophète (?). Puis en 43/10, probablement (?), Israël plus le prophète ; en 44/1-5 : c'est encore Israël ; idem en 44/21-22 (insister sur ce v. 22) ; idem encore en 45/4 (insister sur la fin du verset) ; idem en 48/20 ; idem en 49/3 & 6 (texte d'aujourd'hui), mais avec de nouveau l'évocation probable du prophète (v. 4-5).

Quant à 52/13-15 et au chapitre 53, j'ai fait part de mon embarras dans un autre cahier, même s'il est sûr que, là, il s'agit d'abord d'Israël. Je rappelle que certains exégètes ont cru pouvoir accorder ce titre à Cyrus (roi des Perses) dont Esaïe 41 à 48 vantera les "mérites". Cependant, si Cyrus peut être appelé : Justice (du Seigneur), 41/2 ; ou désigné (comme) un homme (providentiel et) inattendu, 41/25s, ou Berger (du Seigneur), 44/28 (on se souviendra de David) ; Messie (! !), 45/1 (cf. v. 13), il n'y a qu'un seul texte où l'on puisse, à l'extrême rigueur, envisager la coïncidence des deux : Cyrus et Serviteur-du-Seigneur : 44/26, où cependant il vaut mieux songer au prophète. Bien entendu, il reste la solution de considérer, par exemple en 49/3, le terme d'Israël comme une addition, et d'expliquer 49/1-6 comme s'adressant à Cyrus, mais... ?

C'est dire que je ne conseille guère une prédication sur Esaïe 49/3 & 5-6. D'autant plus que le trait original de ce Serviteur est exprimé au v. 2 : alors que Cyrus va accomplir son œuvre providentielle par les armes, le Serviteur-du-Seigneur n'en a qu'une : sa parole ; elle est l'épée, la flèche et le carquois du prophète.

De la même façon, le v. 5 ne s'éclaire que si on rappelle le v. 1 qui lui-même renvoie à Jérémie 1/4-8.

Cependant on n'oubliera pas, au v. 6, Israël appelé à devenir la Lumière des... nations, et Jésus disant de lui-même : "C'est moi qui suis la Lumière" (Jean 8/12, 9/5, etc…).




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