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Accueil | Envoyer à un ami | Version imprimable | Augmenter la taille du texte | Diminuer la taille du texte Esaïe 45 v 22-25 Matthias Helmlinger
Textes : Esaïe 45/22-25 ; Luc 19/1-10
Genre : Prédication Auteur : Matthias HELMLINGER Source : Prédication. 1. Qu’est-ce que le peuple élu, Israël ? Comment se constitue-t-il ? Qui en fait partie ? Dieu a choisi Zachée exactement de la même manière qu’Il a choisi Israël. Il est arrivé à Zachée ce qu’il n’avait jamais osé imaginer : le Messie s’invite chez lui. Zachée était un chef des collecteurs d’impôts. Dans ma précédente paroisse, j’avais un responsable des impôts qui ne comprenait pas pourquoi on parle tellement des collecteurs d’impôts dans l’évangile. Il faut savoir que le pays d’Israël était occupé par les Romains. Imaginez que pendant l’occupation allemande, les nazis aient décidé de placer un fonctionnaire français responsable pour la ville de Chalon, en lui disant : « tu dois faire rentrer dans les caisses du Reich 1 Million d’euros, à prélever sur l’ensemble des chalonnais ; libre à toi de choisir les moyens pour faire rentrer cet argent, libre à toi de décider du pourcentage que tu ajouteras pour ta peine, mais l’essentiel, c’est que, sur la commune de Chalon, nous recevions 1 Million d’euros ». Les collecteurs d’impôts profitaient donc de leur situation pour taxer la population selon leur bon plaisir. Ils étaient haïs, parce que collaborateurs de l’occupant romain. Zachée ne pouvait s’attendre à aucune manifestation de sympathie de la part de ses concitoyens juifs, ni à fortiori, de la part du Roi des Juifs, Jésus. Or, le voilà choisi de préférence à tous les autres juifs, parmi la foule qui accompagnait Jésus. Dans Deutéronome 7 verset 7, Moïse rappelle à Israël pourquoi il a été choisi comme peuple de Dieu: « si le Seigneur s’est attaché à vous et s’il vous a choisis, ce n’est pas que vous soyez le plus nombreux de tous les peuples, car vous êtes le moindre des peuples ». Israël, Zachée, sont choisis pour les mêmes raisons : ils n’avaient aucune raison pour être choisis. Ils deviennent ainsi une parole vivante pour nous, les nations non-juives. Le prophète Esaïe voit ainsi les nations les plus lointaines, les plus étrangères à Israël, se tourner vers le Dieu d’Israël, et devenir elles aussi une partie du peuple d’Israël. Au sujet de Zachée, Jésus dira : « lui aussi est un fils d’Abraham ». 2. Un invitation impérative : « il faut que je demeure aujourd’hui dans ta maison » : C’est rare, que Jésus dise : « il faut ». D’habitude, il emploie cette expression pour parler de lui-même, de sa mort sur la croix. Dans Luc 17 au verset 25 par exemple : « il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup et qu’il soit rejeté par cette génération ». Zachée est presque devant une invitation qui ne lui laisse pas le choix : « il faut que je demeure aujourd’hui dans ta maison ». Si quelqu’un nous parlait ainsi, nous l’enverrions promener … sauf s’il s’agissait du Président de la République. Nous serions très honorés par une telle invitation. Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, il faut que je demeure aujourd’hui dans ta maison. Chaque fois que la croix de Jésus est annoncée, nous sommes devant une invitation pressante, impérative du Ressuscité qui veut demeurer en nous. Quand l’église annonce la croix, elle invite à la Sainte-Cène comme ce matin. Qu’est-ce que c’est, la Sainte-Cène ? C’est recevoir le Christ en nous. Le corps du Christ, le sang du Christ. Tout se passe très vite, quand Jésus dit : « il faut ». Zachée ne réfléchit pas midi à quatorze heures. Il dégringole de son arbre, court en avant pour accueillir le Roi. L’invitation de Jésus crée en nous la réponse, sa parole crée la foi. 3. Zachée : Jésus appelle Zachée par son nom, sans qu’il se soit présenté. Il connaît notre nom depuis toujours. Notre nom est dans sa mémoire depuis toujours et pour toujours. C’est ce que signifie d’ailleurs le nom de Zachée : « le Seigneur se souvient ». Pas de danger que le Seigneur attrape la maladie d’Alzheimer. Cette connaissance que le Seigneur a de nous, transforme la vie de Zachée. Il donne la moitié de ses biens aux pauvres, il rend le quadruple de ce qu’il a volé. Il fait plus que ce que demandait la loi. La loi juive demandait que le voleur rende la somme volée plus un cinquième. Zachée est transformé par la venue de Jésus chez lui. Zachée est honoré et Jésus est méprisé parce qu’il est allé chez un collabo, un collecteur d’impôts. La repentance est ici le fruit du salut. Dans certaines églises évangéliques on présente la repentance comme une condition du salut. Ici nous avons un cas de figure qui n’entre pas dans ce schéma : Zachée reçoit d’abord le salut, il reçoit Jésus au milieu de tout cet argent qu’il a volé en grande partie, dans sa maison pleine de richesses injustement acquises. Jésus est là. Et parce que Jésus est là, sa vie change. Sa relation aux richesses change. Sa relation avec les autres change. Et Jésus ne demande pas à Zachée de changer de métier. Le prophète Jean-Baptiste ne demandait pas non plus aux collecteurs d’impôts de changer de métier, ni aux soldats de quitter l’armée. Jean-Baptiste et Jésus ne sont pas venus changer la politique, mais changer les politiciens. Ils ne sont pas venus changer l’armée, mais changer les militaires. Ils ne sont pas venus changer l’économie, mais changer les décideurs économiques. Nous, nous persistons à vouloir changer les structures, la politique, l’économie. Nous n’acceptons de changer que si le système politique, économique change. Nous nous donnons ainsi bonne conscience pour ne rien faire nous-mêmes. Et c’est comme ça que le monde continue à se détruire. Aujourd’hui, nous sommes placés devant cette parole : « le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu ». Amen. |
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