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Esaïe 35 v 3-7 Yves CRUVELLIER



Texte : Esaïe 35/3-7
Genre : Prédication
Auteur : Yves CRUVELLIER
Source : Prédication pour le 13.05.2001, trouvée sur le site de l’Eglise Réformée d’Avignon.


La première réalité qui frappe dans ces textes est une incroyable confiance dans la force de la vie :
à des gens fatigués ou inquiets, à ceux qui s’affolent pour des raisons diverses,
à celles et ceux que l’existence bouscule au point de leur faire perdre courage,
Esaïe annonce :
Soyez forts et soyez sans crainte !
Ne craignez pas, parce que la vie aura le dessus !
Cette présence d’un Dieu qui sauve, fait reculer la mort et abolit les handicaps ;
c’est la vie qui triomphe, qui rétablit chacun dans son intégrité :
les yeux des aveugles voient,
les oreilles des sourds entendent,
le muet va crier de joie et
le boiteux va bondir comme un cerf !
Cette vie plus forte que la mort,
cette puissance qui fait jaillir l’eau dans les déserts
et couler les torrents dans la steppe
doit mettre en vous, clame le prophète, la paix et la confiance :
soyez forts et sans crainte
car la vie est plus forte que la mort.

Quelle force aussi dans cette épître de Jacques que nous avons relue :
ne vous fiez pas aux apparences,
ne jugez pas, ne cataloguez pas les personnes.
Sachez que ce sont les pauvres qui sont les héritiers du Royaume :
ces gens que vous avez exclus ou marginalisés,
ces personnes que vous avez privées de leur dignité,
ce sont ces pauvres-là qui sont porteurs d’espérance et de promesse.
C’est l’appel au respect de chacun,
quelles que soient son origine et sa fonction,
et le refus d’un déterminisme définitif.
Lorsque Jésus, enfin, rencontre un sourd-muet,
il crée un contact avec cet homme et il lui dit un seul mot :
"Ouvre-toi".

Si la première leçon de ces textes est de nous inviter à une formidable confiance dans la vie,
il en est une autre dont nous pouvons faire notre profit :
le miracle que Jésus opère est celui de l’ouverture !
Voilà un homme muré dans son silence qui va entendre et parler.
"Ouvre-toi" :
c’est la fin du repli sur soi, de l’enfermement ;
c’est la communication établie, rétablie, entre des personnes
que la surdité rendait étrangères les unes aux autres.
"Ouvre-toi" :
c’est l’ouverture aux autres, le partage possible des joies et des peines du monde ;
on comprend sans peine la joie de ce sourd-muet
qui retrouve ainsi toute sa place d’homme au milieu des autres…
Comme toujours dans un récit de miracle, c’est le sens du signe qu’il faut rechercher,
plutôt que les modalités d’exécution d’une réalité qui échappe à la logique ;
les témoins du miracle sont impressionnés et ne peuvent que dire :
"Il a bien fait toutes choses : il fait entendre les sourds et parler les muets".
Le sens de la rencontre de Jésus avec cet homme emmuré dans son silence est clair :
Jésus, lui aussi, vit avec cette conviction
que la vie est plus forte que la mort et
que l’ouverture est toujours possible pour tous.
C’est aussi à nous, bien entendu, que ce message s’adresse :
s’il ne s’agissait que de l’histoire d’un individu rencontré un jour par Jésus
au cours d’un de ses nombreux déplacements,
l’histoire serait belle, mais ne nous conduirait pas bien loin.

Mais si nous réalisons le sens de l’histoire, c’est tout un avenir qui s’ouvre devant nous :
C’est une façon de dire et de croire que
nous allons pouvoir vivre en étant libérés de nos handicaps :
nous ne serons plus aveugles devant les questions de notre temps
et les engagements à prendre ;
nous ne serons plus sourds aux cris de ceux qui souffrent
autour de nous et dans notre monde,
nous ne serons plus muets devant l’injustice et le désordre,
nous ne serons plus boiteux, mais fermes sur nos jambes pour aller résolument de l’avant.
Nous verrons alors les eaux jaillir dans les déserts de nos vies
et les torrents irriguer les steppes desséchées.
C’est cette vie-là que l’homme guéri par Jésus peut désormais envisager :
c’est à cette vie-là que nous sommes tous invités.
L’ouverture peut remplacer l’enfermement
et tous nos handicaps peuvent être balayés
parce que, comme le disent étonnés ceux qui côtoient Jésus :
"Il a bien fait toutes choses : il fait entendre les sourds et parler les muets".
Ainsi soit-il.



Autres lectures : Jacques 2/1-6a
Marc 7/31-37




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