|
Liturgies
Notes bibliques ou théologiques
Prédications
Cantiques
|
Accueil |
Envoyer à un ami |
Version imprimable |
Augmenter la taille du texte |
Diminuer la taille du texte
Esaïe 35/1-10 Bruneau JOUSSELLIN
Texte : Esaïe 35/1-10
Genre : Prédication Auteur : Bruneau JOUSSELLIN Source : Méditation radiodiffusée. FPF, 11.12.1983. Voilà trois dimanches que sonne à nos oreilles un message d'espérance. Voilà trois dimanches que nous nous préparons à accueillir celui qui est déjà venu et qui doit transformer nos vies, transformer le monde, rendre à l'humanité sa pureté originelle, sa blancheur immaculée d'antan. Voilà trois dimanches que nous nous préparons à revivre le seul véritable miracle de la foi chrétienne : l'incarnation de Dieu. Dieu fait homme venu habiter parmi nous. Incarnation qui trouve son parallèle et son complément en Pâques où les hommes sont faits "Hommes", où nous pouvons enfin habiter avec Dieu. Chaque année, en cette période de l'Avent, nous nous tournons vers l'Emmanuel pour mieux voir le monde. Là, le monde nous apostrophe : Comment ? Comment faites-vous, vous, les chrétiens, pour toujours vivre l'espérance, alors que notre terre s'enflamme des feux de la violence et de la haine, alors que notre terre se meurt des cris de ceux qui souffrent ? Comment voulez-vous que se réjouissent la terre aride et le désert ? Comment pouvez-vous jubiler alors qu'à vos côtés se trouve, gisant, le corps de l'enfant qui jamais n'a su ce qu'espérer veut dire ? Comment ? Amis, je sais qu'au-delà de ce micro posé sur cette table, il en est parmi vous qui sont malades ; il en est d'entre vous pour qui vieillir n'est pas noble ; il en est qui pleurent et d'autres qui meurent. Alors, vous aussi, vous avez le droit et même le devoir de poser cette terrible question : Comment ? Comment peut-on annoncer, chaque année, que les yeux des aveugles verront, que la bouche des muets chantera, que les boiteux danseront, que les sourds percevront le chant mélodieux de la création, que du désert jaillira une source, que la terre de la guerre deviendra un lieu de paix ? Comment ? Comment peut-on, honnêtement, annoncer de telles choses tandis que rien ne change, que l'on continue à se nucléariser, bien que des hommes, des femmes, des enfants meurent de faim et que nous éructons notre trop plein de bombes ? En cette période de l'Avent, sachons réfléchir sur la portée réelle du message d'espérance que nous devons transmettre. Nous ne devons pas nous leurrer et, dans le même temps, berner les hommes, nos frères. Ou bien cela signifie que notre parole est un opium, une parole doucereuse qui masque la réalité des événements et nous fait vivre dans une béatitude aveugle, ce qui est contraire à l'Evangile. Il est hors de question de dire : "Tout le monde, il est heureux ; tout le monde, il est gentil", de même que nous ne pouvons pas affirmer que : "Tout le monde, il est triste ; tout le monde, il est méchant". Malgré la réalité peu engageante de notre terre, Dieu exige de nous que nous prononcions ce message d'espérance. Il nous dit : "Je sais que vous savez ; je sais votre vie et l'état de votre monde ; je sais que vous avez détruit l'harmonie de beauté et de paix que j'avais bâtie ; je sais qu'à la place vous avez instauré un équilibre dans la terreur. Mais je sais également que je veux que vous retrouviez la joie et le bonheur. Qui donc, sinon vous, mes enfants, pourraient transmettre ce cri ?". Qui donc, sinon nous, les enfants de Dieu, les fils de la Parole, pourraient dire qu'il existe quelque part une possibilité de paix et d'amour ? En ce troisième dimanche de l'Avent, dimanche de prière pour la paix, il nous faut nous lever et proclamer que nous, hommes, parce que Dieu le veut, nous pouvons vivre l'amour avec nos voisins, nos semblables. L'amour est possible ; reste à le pratiquer. Il serait aussi faux de vouloir se cacher les réalités du monde pour ne tenir qu'un langage fade, car désincarné, que de vouloir mettre l'accent sur l'aspect politique de l'engagement du chrétien et oublier ainsi toute transcendance. La seule démarche possible est celle décrite par Kierkegaard : être capable de s'élever au-dessus du monde pour s'y replonger tout de suite. Rester dans le monde n'est pas une démarche de foi qui, elle, appelle à un élèvement, de même que rester dans les nuages est une erreur, un manquement à la seule possibilité offerte. Il faut les deux mouvements. Ainsi, et ainsi seulement, le message de Noël pourra-t-il prendre son plein sens et pourrons-nous l'annoncer aux hommes en toute vérité, en toute sincérité et sérénité. |
Inscription à la newsletter
Sondage
|
Cultes contemporains
Matthieu 11 v 2-11