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Ephésiens 5 v 21 - 32 (Jean-Pierre Dassonville)



Texte : Ephésiens 5/18
Genre : Prédication
Auteur : Jean-Pierre DASSONVILLE
Source : Méditations radiodiffusées. FPF, 14.08.1988.



“Laissez-vous constamment à nouveau remplir par le Saint-Esprit et cherchez en lui votre plénitude” ou, pour reprendre la version plus familière à nos églises : “Soyez remplis de l’Esprit” (Ephésiens 5/18 ; Parole Vivante et L. Segond).

C’est en ces mots que l’apôtre exhorte les chrétiens d’Ephèse à vivre d’une façon conforme à ce que Dieu a voulu quand il les a appelés. Il s’agit ici de la vie de tous les jours et non d’une vie à part ne pouvant se vivre que dans un certain contexte, religieux en particulier. C’est la raison pour laquelle, quelques lignes plus loin, il évoquera la relation conjugale, puis les relations entre différentes générations et plus loin encore les relations sociales et professionnelles.

Qu’est-ce que cela veut dire vivre la vie, avec ses joies mais aussi ses peines, ses exaltations mais aussi ses déceptions, ses souffrances, ses ouvertures et ses richesses mais aussi ses rivalités et ses luttes, et tout ceci pour n’en retirer que le bien et en oublier le mal ?

L’expression que l’apôtre emploie nous amène à penser qu’il est important pour tout être humain d’être “rempli de quelque chose”. Nous pourrions aussi dire qu’il est important d’avoir un but, un objectif, une aspiration. Une personne vidée de tout cela est déjà à demi-morte et ne peut qu’œuvrer en vue de la mort !

Qu’est-ce qui pousse tant de gens et tant de jeunes en particulier au suicide aujourd’hui, si ce n’est ce vide ressenti quand il n’y a pas de travail, d’affection ou je ne sais quelle chose qui peut donner l’élan nécessaire à tout être de cet âge ?

Qu’est-ce qui pousse tant de jeunes vers la drogue, si ce n’est ce manque d’aspiration personnelle que l’on cherche à combler par l’illusion et le rêve ?

L’auteur ne connaît, certes, pas encore le problème du chômage ni de la drogue, mais il évoque un fléau qui, malheureusement, n’en a pas moins perdu de son actualité : l’alcoolisme. Plus de gens meurent aujourd’hui de ce fléau que de tous les autres réunis ! La cause de l’emprise de ce fléau sur notre société ? C’est le vide qu’il faut absolument combler pour trouver son identité, pour fuir la réalité, pour masquer ses faiblesses, pour oublier le mal qu’on a fait ou qu’on nous a fait...

Certains se réfugieront dans d’autres formes de consommation excessive : notre monde moderne a bien su développer ce genre de produit qu’il met facilement à notre portée par tous les moyens dont il s’est doté ! De toutes les formes d’excès à la prise de produits toxiques, de la violence à la pornographie et jusqu’aux déviations les plus sophistiquées et insolites pour remplir nos corps, notre esprit, notre âme...

A cette situation, la Parole de Dieu propose une autre manière de combler ce vide : être rempli de l’Esprit de Dieu. Pour reprendre notre traduction de tout à l’heure : il nous faut comprendre et accepter le but, l’objectif et l’aspiration que Dieu s’est fixée pour nous. Après tout, c’est bien lui notre créateur et il sait mieux que quiconque de quoi nous avons besoin. Et ce n’est finalement pas aussi éloigné de ce que nous ressentons parfois en nous-mêmes ! Dans une autre épître, nous lisons que les conséquences d’une vie remplie de l’Esprit de Dieu sont l’amour, la joie, la paix, la patience, le bon caractère, l’amabilité, la serviabilité, la bonté, la générosité, la fidélité, la confiance dans les autres, la douceur, la modestie, l’humilité, l’aptitude à céder et à s’adapter, la tempérance, la chasteté, la maîtrise de soi... (Galates 5/22-23). N’est-ce pas là ce que nous recherchons tous, sans toutefois savoir où le trouver ?

Toutes ces choses sont en Dieu et en lui seul. Et encore une fois, il faut préciser qu’il ne s’agit pas d’une vie à part, en marge de tout ce que nous connaissons, et réservée à une catégorie de privilégiés. Dieu désire que nous jouissions de la vie dans tous ses aspects, que nous puissions faire face aux difficultés comme aux échecs en sachant garder notre dignité et notre espérance.

Pour remplir utilement n’importe quel récipient, le bon sens nous dit qu’il faut premièrement le vider de tout ce qui peut gêner son remplissage. Il est bon de se le rappeler quand nous parlons de laisser nos vies être remplies par Dieu. La Bible nous rappelle à maintes reprises que ce sont souvent les cœurs les plus vides qui saisissent le vrai sens de l’appel de Dieu. Jésus a eu plus d’écoute auprès des paumés de son temps qu’auprès des gens bien établis, même quand cette stabilité était une stabilité religieuse ! Il faut reconnaître qu’un bon nombre de chrétiens dont je ne veux pas m’exclure ici, sont, eux aussi, à moitié remplis des choses qui font encore courir le monde sans Dieu. Il nous faut nous vider de tout cela, si nous voulons connaître la plénitude de Dieu.

Pourquoi tant de personnes sont-elles si frustrées dans les églises ? C’est qu’elles ont la connaissance de ce qui devrait passer dans leur vie, mais qu’elles n’en expérimentent aucun signe car leur vie est encore trop remplie des artifices du monde ; il n’y a pas de pire frustration que celle-là !

Une fois vidé, il faut être rempli ! La Parole de Dieu est claire : nous ne nous remplissons pas nous-mêmes, c’est Dieu qui nous remplit ; cela dépend de sa volonté et cette volonté est bienveillante à notre égard ; nous avons la faveur de Dieu, c’est sa Parole qui nous le dit. C’est à nous de saisir l’occasion qu’IL nous donne encore aujourd’hui pour lui répondre. Ne soyons pas déraisonnables et imprudents, ne vivons pas en dilettantes, mais, à travers tout ce qui nous arrive en toutes circonstances, cherchons à comprendre ce que le Seigneur veut nous dire, puis tenons fermement à ce qu’IL nous demande.




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