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Accueil | Envoyer à un ami | Version imprimable | Augmenter la taille du texte | Diminuer la taille du texte Ephésiens 05 v 08-14 Alphonse Maillot
Texte : Ephésiens 5/8-14
Genre : Notes homilétiques Auteur : Alphonse MAILLOT Source : Qui a péché… ? — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année A (Carême – Semaine sainte – Temps de Pâques – Ascension – Pentecôte - Trinité). Mission intérieure de l’Eglise Evangélique luthérienne, 1993 (p. 42-43). 4° dimanche du Carême Ephésiens 5/8-14 Le "dans le Seigneur" (unanime chez les exégètes : Lectionnaire catholique ; TOB ; Bouttier qui pourtant en relève "la perspective ecclésiale", mais alors, pourquoi ne pas mettre : chez le Seigneur ?), me semble, une fois encore, être devenu pour nous (pas pour l'auteur) du langage vide. On hésitera entre "chez le Seigneur" et "à cause du Seigneur". En tout cas, livré à lui-même (jadis, v. 8) ou à toute autre puissance (même éthique), l'homme n'est que ténèbres, mais, éclairé par Celui qui est la Lumière (Jean 9/5), il devient maintenant lui-même reflet de la lumière (Matthieu 5/14-16) dont il ne doit jamais oublier la source. Il n'est pas luminescence, mais simple reflet d'une lumière qui le guide en premier lieu, et dans laquelle il doit marcher (ou apprendre à marcher) (TOB... fantaisiste ou orientée, met : "Vivez", ce qui escamote la finesse et la prudence du texte) (v. 8) et non pas courir. On relèvera l'image (osée !) du "fruit de la lumière" (esquivée par la tournure du Lectionnaire catholique : "la lumière produit tout..."), au sens où la lumière (qui vient du Christ) crée en nous "toutes sortes de bonté, de justice et de vérité". Là, il faudra bien s'arrêter à chacun de ces mots, pour que cela ne dérive en nouveau "bla-bla-bla" aussi pieux qu'irréel. Le mot "justice", en particulier, a besoin d'un sérieux décrassage — l'usage des dictionnaires modernes est recommandé, cf. le très bon (et de prix modeste) Gillieron, ou le D.E.B. (Brepols). On relèvera, au v. 10, que la lumière du Christ nous permet de discerner (car ce n'est pas toujours évident, et ici n'ayez pas peur d'enfoncer le clou) ce qui plaît à Dieu. Le discernement de ce qui plaît à Dieu est aussi lui-même ce qui plaît à Dieu ; et pour user du jargon actuel, c'est notre "espace de liberté et de décision". C'est l'espace où Dieu nous fait confiance afin que nous sachions nous-mêmes tracer notre chemin ; car déjà cela lui plaît d'avoir des fils capables d'invention, de liberté et de trouver eux-mêmes les voies de la lumière. J'insiste ici (comme en Romains 12/2) sur le fait qu'il ne s'agit pas seulement de discerner ce qui plaît à Dieu, mais que cette "faculté" de discernement qui nous est accordée, fait aussi le plaisir de Dieu (pardon pour la répétition !). Puis, à partir du v. 11, on revient aux ténèbres des v. 6-8a, avec l'insistance sur le fait que les "ténèbres et les œuvres qui en découlent" recherchent le secret et la dissimulation, alors que la lumière veut toujours plus de lumière. Sans durcir tout ceci, on ne craindra pas de dénoncer cette recherche, fréquente jusque dans l'Eglise, du secret (Luc 12/2-3), des combines de couloir, etc… On lira ici avec plaisir Bouttier qui distingue bien entre le commérage complice (qui étend le mal) et la dénonciation courageuse (qui, tel le bistouri, débride). |
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