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Accueil | Envoyer à un ami | Version imprimable | Augmenter la taille du texte | Diminuer la taille du texte Ephésiens 3 v 2-12 Alphonse Maillot
Texte : Ephésiens 3/2-12
Genre : Notes homilétiques Auteur : Alphonse MAILLOT Source : Voici l’homme — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année A (Avent-Noël-Epiphanie jusqu’au Carême non compris). Mission intérieure de l’Eglise Evangélique luthérienne, s.d. (p. 65-67). Epiphanie Ephésiens 3/2-12 1° Remonter au v. 1. 2° Ne pas hésiter à briser les phrases dans toute l'épître aux Ephésiens (traduite "fidèlement", cette épître est un pur charabia, ou pour le moins une longue incantation). 3° Renoncer au terme "païens" que l'Eglise a chargé de tous les mépris ; ce sont simplement des "non-Juifs", et pas même des non-chrétiens, puisque justement l'auteur de l'épître entend montrer que la grande nouveauté, et même le "mystère" de l'Evangile, est que des "soi-disant païens" sont déjà agrégés au même corps que les chrétiens d'origine juive. Ces non-juifs (les goyim) ont obtenu avec le Christ les mêmes privilèges que les Juifs. Le mur de séparation est tombé (2/14) au Golgotha, non seulement les murs objectifs que sont les différences (qu'on dit naturelles) entre les hommes (et même le mur de l'élection d'Abraham qui,, au lieu de devenir ségrégation, doit devenir source d'union), mais surtout les murs subjectifs (la haine entre races, nations ; les répulsions instinctives, etc…). La croix, vécue par le Christ comme sa séparation d'avec Dieu, est ce qui a réuni entre eux les hommes (2/14). Et la Torah, avec ses lois sur le pur et l'impur, avec ses ségrégations et ses expulsions, est elle-même abolie. C'est ce que l'apôtre résume ici, en nous disant que ces non-Juifs sont "désormais" co-héritiers, co-incorporés, co-participants à la promesse du Christ (traduction de Michel Bouttier), transmise par la prédication de l'Evangile. Bien entendu : a) après l'antisémitisme qui a connu son paroxysme au XX° siècle, on songera que le privilège juif (que l'auteur entend non pas nier, mais étendre à tous) est devenu la cause de la haine destructrice qui lui fut portée. Et le texte est en quelque sorte à renverser. b) on se souviendra des ségrégations, et pas seulement de celles spectaculaires de l'Afrique du Sud (dont il faut pourtant saluer au passage l'évolution), mais encore celles que nous faisons subir par exemple aux musulmans (celles qu'ils infligent aux chrétiens, sans être oubliées, ne peuvent, en aucun cas, servir d'excuse. Les fautes des uns ne peuvent jamais devenir l'alibi de celles des autres). De plus, il y a toutes ces petites ségrégations qui cassent même l'Eglise. Par exemple "les chrétiens qu'on dit généreux" qui se plaignent si vite de ceux qui oublient la vie de l'Eglise, au lieu de leur réaffirmer qu'ils sont aussi co-héritiers, co-, etc… (Des co-co !). En tout cas, des co-pains ! Par ailleurs, on aura noté que, si la grâce de Dieu a été donnée à l'apôtre, ce n'est pas pour qu'elle s'arrête à lui, mais pour qu'elle parvienne à d'autres : à ces non-Juifs. Je regrette qu'on ne garde pas l'expression du v. 2 : "...L'économie de la grâce de Dieu". Ce mot "économie" (d'habitude "gérance"), renvoie ici à la réalisation du plan de salut divin dans l'histoire des hommes, tel que Dieu l'a voulu et dont l'auteur vient de parler dans le chapitre précédent. Ainsi, "la grâce de Dieu" ne se limite pas à une effusion, encore moins à un pouvoir ni même une charge quelconque, mais dans la révélation du mystère de ce plan divin, qui veut non seulement aboutir au salut de tous : Juifs et non-Juifs, mais à leur union et incorporation (sans que leur identité soit niée). La grâce faite à Paul a été l'amorce d'une grâce à l'œuvre dans l'histoire des hommes. On s'amusera du v. 3 ("rapidement" in TOB ; "peu de mots" in Segond ; escamoté in Lectionnaire catholique ; "en bref" in Bouttier). On repérera (pour la louer ou la critiquer) la glissade de textes entre celui de Colossiens 1/26, où le mystère (christologique) du salut était révélé aux saints = aux chrétiens (par la prédication de l'Evangile), et celui-ci où ce mystère n'est plus révélé qu'aux saints apôtres et prophètes (de l'Ancien Testament ? ou de l'Eglise primitive ? Cf. note v. in TOB 2 sur Ephésiens 2/20). Et on profitera de 3/6 pour parler des Missions chrétiennes, même anciennes, de manière fraternelle. Enfin, c'est par la croix qu'a eu lieu de fait la réconciliation, la réunion des Juifs et des non-Juifs. Le v. 6 insiste sur ce point : aujourd'hui, c'est dans et par l'annonce de l'Evangile que cette réunion devient réalité pour les hommes de notre temps. Songez-y quand vous prêchez ; vous découvrirez ce que vous êtes en train de faire. |
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