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Deutéronome 6 v 1-9 Matthias Helmlinger
Texte : Deutéronome 6/1-9
Genre : Prédication Auteur : Matthias HELMLINGER Source : Prédication. Nous venons d’écouter la confession de foi qui accompagne la vie du Juif du berceau à la tombe. Chaque Juif récite le Shema « Ecoute YiSRa’ëL, le Seigneur est notre Dieu, le Seigneur est Un » quand il se lève et quand il se couche. Pendant l’inquisition, les Juifs mouraient sur le bûcher en disant cette phrase. Pourquoi ai-je alors choisi ce texte pour nous chrétiens, réunis ce matin pour le baptême de Léonard et la présentation de Paul et Clara ? Parce que Jésus a récité lui aussi ce texte ; parce qu’il y a trouvé la source de sa foi, la direction pour toute sa vie. La foi de Jésus, sa prière, ses actes, son enseignement nous unissent au peuple juif. Par contre, ce que l’Eglise dit de Jésus nous a souvent séparé d’Israël depuis des siècles. Or, c’est seulement en comprenant l’amour du Seigneur pour YiSra’ëL que nous comprendrons également son amour pour nous. L’église catholique, en demandant pardon aux Juifs pour ses fautes, nous indique le bon chemin. Gardons-nous, en tant que protestants, de considérer de haut cette repentance, comme si les protestants n’avaient jamais tué personne – demandez donc aux Juifs de l’Allemagne luthérienne, si les protestants n’ont jamais tué personne ! Gardons-nous de cette fausse sécurité qui consiste à penser que les protestants qui sont minoritaires, ne sont forcément que des victimes de la toute puissante église romaine ! Jésus ne s’est pas complu dans son rôle de victime. Jésus est-il allé vers la croix en disant : « regardez comme je suis une pauvre victime de la méchanceté des êtres humains ! » ? Non ! Jésus est allé vers la croix en pleine connaissance du plan de salut de Dieu, en aimant ses ennemis. « Ecoute YiSRa’ëL, le Seigneur est notre Dieu, le Seigneur est Un ». Cette phrase exprime sans aucun doute l’amour du Seigneur pour YiSRa’ëL. YiSRa’ëL peut dire du Seigneur: « il est notre Dieu ». Il est Un. Il n’est pas divisé. Même s’il me montre sa colère, je sais qu’Il m’aime. Dans d’autres textes, le Seigneur appelle YiSRa’ëL « mon Fils ». Jean-Philippe et Anne, Gilles et Laure, s’il vous arrive de punir vos enfants, ce n’est pas pour autant que vous êtes divisés, hésitant entre la haine ou l’amour pour vos enfants. Par rapport à vos enfants vous êtes Un, votre orientation fondamentale à leur égard, c’est l’amour. Il en est ainsi de Dieu pour YiSRa’ëL : il l’aime, il est son Dieu, il est Un. Il n’est pas partagé entre haine et amour. Jésus vivra de cette conviction, il ira vers la mort avec cette conviction. Il est mort et ressuscité pour réunir en Un les enfants de Dieu dispersés dans toutes les nations, et pas seulement les fils d’YiSRa’ëL. « Ecoute YiSRa’ëL, le Seigneur est notre Dieu, le Seigneur est Un » Cet amour est premier, il est le fondement de toute la création. Cet amour ne dépend pas de l’être humain, de ses qualités ou de ses défauts. « Le Seigneur est notre Dieu, le Seigneur est Un » : nous aussi, nous pouvons le dire. De même que nous sommes parents pour toujours - cela ne nous viendrait pas à l’idée de vouloir changer d’enfant -, de même YiSRa’ëL est pour toujours fils de Dieu. En Jésus nous sommes, nous aussi, fils de Dieu, et rien ne pourra nous faire perdre cette identité, même pas nos égarements, même pas nos doutes. L’initiative de l’amour revient au Seigneur, il nous a choisis, ce n’est pas nous qui l’avons choisi. Il a choisi YiSRa’ëL, un ramassis d’esclaves hébreux, dont il a fait un peuple YiSRa’ëL. Il nous a choisis en Jésus : par sa mort et sa résurrection le Seigneur a fait de nous ses fils, nous n’y sommes pour rien. C’est ce que l’Eglise exprime en baptisant ou en bénissant les petits enfants au nom du Seigneur : Dieu t’a choisi en premier, t’a aimé en premier, pour toute ta vie. « Ecoute YiSRa’ëL, le Seigneur est notre Dieu, le Seigneur est Un » Pour confesser leur foi, les Juifs ne commencent pas par dire: « je crois en Dieu… », le premier mot de leur confession de foi est : « écoute… ». « Ecoute.. » C’est Dieu qui parle en premier, toujours. C’est en écoutant sa parole que nous découvrons notre identité de fils. Si nous écoutons sa Parole, c’est pour la transmettre. On ne peut pas écouter la parole de Dieu sans la transmettre à nos enfants, puisqu’il s’agit d’une parole qui engendre des fils à Dieu ! « Tu répéteras ces paroles à tes fils » : le texte insiste là-dessus. Personne de nous n’aime réellement ses enfants, s’il ne leur parle pas de ce cadeau royal : le Seigneur est notre Dieu, le Seigneur est Un. Le fondement de tout, c’est cet amour. Fondement et terme de toutes choses. Le monde peut s’écrouler, les inondations peuvent venir, l’iniquité peut encore s’accroître, les guerres peuvent continuer, cette certitude est plus forte que tout, plus forte que la mort, plus forte que tous les événements : le Seigneur est Un. La vie, la mort, toutes ces choses contradictoires que nous vivons ou subissons, ne prouvent pas que le monde est absurde. Le Seigneur est Un, le monde est donc bien dirigé. Réellement aimé. « Dieu a tant aimé le monde, qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en Lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle. » Dieu a aimé le monde qui lui est hostile. Le monde, malgré tous ses égarements, se dirige vers Un, sera unifié par l’amour de Dieu. « Ecoute YiSRa’ëL, le Seigneur est notre Dieu, le Seigneur est Un, et tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout cœur, de tout ton être et de tout ton beaucoup » : parce que Dieu nous aime, nous pouvons l’aimer en retour, et nous pouvons l’aimer avec tout notre être. Le dernier mot de la phrase est un peu bizarre : « de tout ton beaucoup ». Que veut dire « tu aimeras le Seigneur de tout ton beaucoup » ? (en hébreu, c’est bien un adverbe ici, l’adverbe « beaucoup » qui est employé comme un substantif) Je le comprends ainsi : l’amour de Dieu fait déborder notre être, Il nous fait devenir « beaucoup », nous sommes « beaucoup » de choses pour Dieu, très très importants pour Dieu. Ce n’est donc pas difficile de l’aimer en retour : il nous donne tellement d’amour, il nous donne tellement d’importance ! Nous pouvons l’aimer, car nous recevons de Lui un amour qui nous fait exister en plus, « beaucoup ». Jésus enseignera avec les rabbins de son temps que c’est là le premier commandement et que le second lui est semblable : « tu aimeras l’autre comme toi-même ». Comment ne pas aimer l’autre, si Dieu l’aime lui aussi ? Comment ne pas aimer l’autre, même s’il est tellement différent de moi, si la Bible me dit que le Seigneur l’aime ? Mais commençons par aimer l’autre dans notre famille. Aimer, c’est entrer dans la dynamique qui vient du Dieu Un, et le premier lieu où nous avons à vivre cette dynamique, c’est la famille. Le verbe « aimer » a pris dans la langue française toutes sortes de sens ; pour savoir ce qu’il signifie précisément, il y a les commandements donnés par le Seigneur dans la Bible, véritable manuel de l’amour. Amen. Autres textes de la même catégorie
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