Accueil | Envoyer à un ami | Version imprimable | Augmenter la taille du texte | Diminuer la taille du texte

Deutéronome 6 v 1-9 David Mitrani



texte : Deutéronome 6 / 1-9
chant : 244 (NCTC)

"Afin que tu sois heureux dans un pays découlant de lait et de miel"… Le projet du Dieu qui parla ainsi à travers Moïse il y a 3 millénaires et des poussières est bien clair. Israël, c'est-à-dire vous, mes frères et sœurs, Israël, c'est pour "que tu sois heureux"! N'éludez pas ce petit texte extrait des livres de la Loi, il est important, c'est le Shema‘ Israël, la prière la plus importante des Juifs. Il est important surtout pour ce qu'il nous dit au sujet de la parole de Dieu. En premier, ce projet de Dieu. Et en second, ce que nous allons en faire.
La Parole de Dieu nous est dite à nous. N'allez pas chercher les Juifs d'aujourd'hui, qu'ils soient au Proche-Orient, aux États-Unis ou en France. N'allez pas chercher les Chinois ou les Pa-pous, encore qu'ils soient autant concernés que nous. Parce que c'est bien à nous, enfants, jeunes ou adultes, que la Parole est adressée. Et il ne s'agit pas que des "commandements, prescriptions et ordonnances", comme le dit Moïse, mais de beaucoup plus. Sinon, il ne serait question que de mo-rale, de faire ce qu'on nous dit, et déjà j'imagine que les enfants et les jeunes qui sont ici vont lever les yeux au ciel ou attendre que ça se passe. Et les adultes aussi, sauf qu'ils n'oseront pas le dire…
Non, il ne s'agit pas de faire ceci ou cela, mais d'entendre, de recevoir une Parole qui nous dit que nous avons été choisis, même les plus nuls d'entre nous; nous avons été choisis et nous sommes aimés; et comme Israël en ces jours lointains, nous avons été rendus libres et un nouvel avenir nous est donné, grand ouvert, un pays à occuper, un monde à construire, un festin à consommer, prenez l'image qui vous plaît, c'est pareil… Il y a quelque part quelqu'un qui nous prend tel que nous sommes et qui a pour nous un grand projet: le bonheur.
Vous me direz que, pour les Hébreux de ces années-là, c'était facile, Dieu venait de les faire sortir d'Égypte, ils le connaissaient, presque ils l'avaient vu, alors… Vous savez bien que non. Ils étaient comme nous, nous sommes comme eux. Dieu? Nous aimerions bien le voir, mais ça ne se peut pas. Et peut-être c'est qu'il est invisible. Ou peut-être qu'il n'existe pas. D'ailleurs, s'il existait, les choses ne seraient pas comme elles sont, non?
Les choses? Mais il ne s'agit pas des choses! Il s'agit de vous, de moi. Les adultes, les plus jeunes, les parents, les enfants. Il s'agit de gens, et pas "des gens" en général, mais de personnes particulières. Vous ne pouvez pas rester anonymes dans la foule: c'est à chacun d'entre nous en par-ticulier que Dieu parle, c'est pour chacun de nous qu'il a un projet. Oui, mais comment savoir? Les jeunes ne comprennent pas ce que disent les vieux. Mais dans l'autre sens non plus, d'ailleurs. Et est-ce que ça passe mieux entre hommes et femmes? Ou entre viticulteurs et négociants? Ou entre Co-gnac et Jarnac? etc.
Qui va me dire alors où je vais trouver ce bonheur, où je vais trouver ce Dieu?… C'est l'histoire d'Aladin, ce conte que beaucoup connaissaient sûrement avant que les studios Disney s'en emparent. Aladin avait trouvé une lampe magique. Évidemment, il ne savait pas qu'elle était magique, c'était une lampe! Et puis, un jour, Aladin a nettoyé cette lampe. Il ne devait pas faire le ménage beaucoup plus souvent que moi, sinon les choses seraient allées plus vite! Toujours est-il qu'il frotta la lampe, et cela libéra le génie qui était à l'intérieur, prisonnier. Celui-ci, reconnaissant, proposa à Aladin d'exaucer ses souhaits…
La morale de l'histoire, naturellement, vient de la suite, car sur quoi vous précipitez-vous, lors-qu'on vous propose d'exaucer vos souhaits? L'argent (soyons modestes: quelques centaines de mil-lions suffiront…), la puissance (qu'on appelle pudiquement "liberté"), les voyages (c'est ce qui remplit nos boîtes aux lettres dans des offres promotionnelles et autres "grands concours"), la sexualité (dé-bridée ou conventionnelle, c'est selon), mais aussi la tranquillité, la santé… Toutes ces choses qui peuvent cruellement manquer, ce qui cause bien du malheur parfois. Mais qui, lorsqu'elles sont là, ne font manifestement pas le bonheur…
Mais je voudrais revenir à la première partie de l'histoire. Lorsque Aladin a cette lampe et la laisse dans un coin, à moins qu'il ne s'en serve comme lampe, je ne sais plus. Mais c'est pareil: il n'en a pas encore fait sortir le génie prisonnier. Nous avons une telle lampe. Et comme nous connaissons l'histoire d'Aladin, nous en avons même fait de nombreuses copies, afin que chacun puisse avoir la sienne. Et c'est comme les "authentiques tapis de selle du général Custer" des Indiens de Lucky Luke, chaque exemplaire est vrai! D'ailleurs, les nouveaux de l'école biblique et ceux des catéchumènes qui ne l'ont pas encore eue vont recevoir leur lampe dans quelques minutes: c'est la Bible!
Comme Aladin, nous laissons traîner cette lampe dans la poussière et les araignées… À moins que nous nous en servions: c'est un livre et non une lampe, eh bien nous le lisons comme un livre, intéressant parfois, ennuyeux en plus d'un endroit, bien vieux en tout cas et qui s'exprime dans une langue qu'on ne parle plus guère dans la rue aujourd'hui! Mais la lampe d'Aladin, comme lampe, n'a pas plus ou moins d'intérêt qu'une autre. Selon ce que vous cherchez dans la Bible, vous pouvez trouver mieux, selon vos goûts, dans le Coran, Astérix, Nadine de Rothschild ou les œuvres de jeu-nesse de Karl Marx, sans compter "Nulle part ailleurs" ou "Les feux de l'amour"…
L'intérêt de la lampe d'Aladin n'est pas dans le fait qu'elle est une lampe, mais dans ce qui est caché à l'intérieur. Et qui n'a aucun rapport. Nettoyez donc votre Bible, dépoussiérez-la, dépoussiérez aussi votre manière de la lire si vous la lisez déjà. Cherchez le génie, cherchez le bonheur: c'est de-dans. Mais le génie n'est pas dans la lumière de la lampe, il n'est pas non plus dans les mots du vieux livre! Il est caché. Il attend de pouvoir se révéler, de pouvoir communiquer avec Aladin. Tout est dans le coup de chiffon, dans une certaine attente. Aladin n'est pas plus intelligent ni plus instruit que qui-conque. Mais c'est à lui que le génie a pu offrir le bonheur.
C'est à vous que le bonheur est offert, un bonheur paradoxal qui n'est sans doute pas le pre-mier auquel vous auriez pensé. Mais un bonheur véritable, qui aide à vivre, qui rend heureux même dans les pires circonstances, et même dans la plus banale existence. C'est un bonheur ordinaire qui est là, derrière les mots, les lois, les histoires, les paraboles. Mais cet ordinaire est extraordinaire: c'est que le Fils de Dieu a donné sa vie pour que moi, j'en vive pour toujours. Je sais, la phrase est vide… mais pas ce qu'elle dit. Essayez, avec votre lampe, vous verrez!
Et quand vous aurez vu, quand le génie sera sorti, que vous lui aurez demandé n'importe quoi, que ça n'aura rien fait avancer, et que vous comprendrez qu'il veut vous donner autre chose, de beaucoup mieux que tout ce que vous espériez, alors vous mettrez en pratique la seconde partie des paroles de Moïse sans même vous en rendre compte! Vous aimerez le Dieu qui vous aime, le Dieu qui vous aimera assez pour se faire connaître à vous et pour vous rendre heureux. Et vous aimerez ceux qui vous entourent au point de le leur dire, de leur raconter, de tenter de leur faire partager cette merveille qu'est l'amour de Dieu en Jésus-Christ.
Car si vous aimez vos enfants, parents, et vous enfants, si vous aimez vos parents, si vous aimez vos amis, alors vous ne pourrez pas taire que Dieu est capable d'aimer à ce point: vous le di-rez. Ceux qui se taisent là-dessus sont ceux qui ne savent pas, ou qui ne savent pas parler. Nous ne savons pas parler, c'est vrai. Mais qu'importe: parlons sans savoir! L'important, c'est que la Parole que Dieu nous adresse, le bonheur éternel et quotidien qu'il nous offre, soient partout dans notre vie, du lever au coucher, de la maison à l'école ou au travail, partout. Pour le dire aux autres et pour se le rappeler à soi-même.
La différence avec Aladin, c'est un avantage pour nous, c'est que le génie va rester sous la lampe, l'Esprit de Dieu va continuer à nous faire lire la Bible autrement qu'un livre ordinaire. Nous avons toute la vie pour tout comprendre et pour profiter de tout. Et même si cette vie s'arrêtait demain, et même si nous ne devions jamais avoir tout compris ni même le centième, le bonheur et l'amour que nous aurions déjà reçus rien qu'une fois suffisent pour l'éternité, dès lors qu'on s'en nourrit. Et puisque aujourd'hui les adultes n'osent plus guère ouvrir leur Bible et montrer à leurs enfants qu'on peut en-tendre Dieu parler, peut-être est-ce aux enfants à ouvrir la Bible et à montrer aux adultes que Dieu y parle toujours. Il faut juste dépoussiérer et écouter…
Amen.

Jarnac (catéchumènes) - 12 novembre 2000
Pasteur David Mitrani - erf.jarnac@free.fr



Inscription à la newsletter