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Deutéronome 30 v 10-14 (Alphonse MAILLOT)
Texte : Deutéronome 30/10-14
Genre : Notes homilétiques Auteur : Alphonse MAILLOT Source : Qui est mon prochain ? — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année C [Juillet-Août]. Mission Intérieure de l’Eglise Evangélique Luthérienne, 1992 (p. 35-36). 5° dimanche après la Pentecôte ou 15° dimanche ordinaire Deutéronome 30/(9) 10-14 Les lectures de ce dimanche sont d'une grande richesse. Vous aurez beaucoup de peine à n'en transmettre, ne serait-ce qu'une partie. Pourquoi ne pas exhorter alors les frères venus "vous" entendre, à relire et à méditer les trois textes, la semaine durant ? Le chapitre 30 du Deutéronome appartient à ce qu'on pourrait appeler "le testament spirituel de Moïse". Il est destiné à avertir Israël de ce qui peut l'attendre au cas où, une fois de plus, il abandonnerait la Torah (sacrifiez le mot "Loi" !) que Dieu l'a chargé de (re)transmettre au peuple, avec cependant bien des promesses, comme celle de 30/3-9 ou celle de 30/6 : le SEIGNEUR va "circoncire le cœur" des Israélites, c'est-à-dire les disposer à une obéissance joyeuse autant que profonde et réelle (cf. Jérémie 31/33ss ; Ezéchiel 36/26ss), et non plus une obéissance contrainte et rituelle. Il faut remonter ici au v. 9, puisqu'il y est fait allusion, non pas seulement au bonheur qui attend ce "nouvel" Israël, mais à celui que le Seigneur trouvera lui-même dans la joie obéissante de son peuple. Dieu ne boude pas le bonheur et la joie de son peuple, tout au contraire, il les partage. Rappelons à propos du v. 10, où la TOB a bien traduit : "...revenir au Seigneur de tout ton cœur et de tout ton être", qu'il faut cependant bien préciser que le cœur israélite, c'est aussi bien l'intelligence et la volonté (entre autres) que l'être (l'âme d'habitude) ; c'est toute la personne, l'existence, pourrait-on aussi traduire. Le Seigneur (v. 11-14) va alors faire une promesse (reprise par Paul pour la nouvelle alliance, Romains 10/6-8) : la Torah n'est pas inaccessible à l'homme, ce n'est pas un idéal, une utopie que seules quelques élites (et encore) pourraient atteindre. Tout Israélite peut la vivre et la dire : v. 14. Il n'y a plus de hiatus entre la volonté (qui aimerait bien la suivre) et la conduite (qui ne pourrait la vivre). L'auteur du Deutéronome démarque ici (non le vocabulaire habituel de la Sagesse, cf. note TOB), mais le vocabulaire et les mythologies des autres religions où des oeuvres salutaires (telle celle qui ramène la pluie) sont accomplies, non par des hommes, mais par des dieux ou demi-dieux qui montent aux cieux, puis (ou) descendent aux enfers ; ou encore vont (comme le soleil) dans le Non-Monde situé au-delà des mers. Le salut apporté par le SEIGNEUR n'est pas l'œuvre des dieux, oeuvre accomplie Ailleurs, et surtout pas parmi nous (ce qui aurait réduit les hommes à l'état de spectateurs), mais c'est une parole toute proche de l'homme, qui, après avoir changé son cœur (sa volonté) rebelle, lui est devenue possible à pratiquer, à vivre et à transmettre. L'homme ici est acteur, sans être pour autant l'AUTEUR. Autres textes de la même catégorie
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