Texte : Deutéronome 10/10 à 11/2 & 10-12
Genre : Prédication
Auteur : David MITRANI
Source : Prédication pour le 28.10.2001 à Segonzac & Jarnac (16).
"Moïse dit : « Et maintenant, Israélites, qu'est-ce que le Seigneur votre Dieu attend de vous ? »…". Chers Israélites, puisque c'est ce que nous sommes, après tout, chers frères et sœurs, voici la question qui nous est adressée par Moïse. Ne prétextez pas de votre race qui n'est pas sémitique : Israël est Israël par choix de Dieu et non pas par naissance. Ne prétextez pas les 35 siècles passés depuis Moïse : si cette Ecriture s'est transmise, c'est pour que vous l'entendiez aujourd'hui ! Ne prétextez pas la théologie de ce livre qui n'est pas la vôtre ni celle de votre pasteur d'ailleurs : cela n'a aucune importance pour celui qui vous adresse cette parole ce matin.
Oui, c'est pour nous que cela est dit : "Qu'est-ce que le Seigneur votre Dieu attend de vous ?". Aussi étrange que cela paraisse dès qu'on y réfléchit un peu, nous nous posons rarement cette question. Nous en avons d'autres. Et lorsque nous ne nous les posons pas nous-mêmes, d'autres se les posent et nous les posent, et nous ne savons pas toujours quoi répondre.
Par exemple, nous nous demandons, ou bien on nous demande, ce que nous attendons de notre Dieu. Car si nous le disons nôtre, et pas seulement Dieu, c'est donc qu'il nous donne quelque chose, c'est donc que nous y trouvons notre intérêt… Oh, ce n'est pas faux ! Nos textes eux-mêmes le disent abondamment. Posez la question à un enfant, vous aurez les mêmes réponses ou presque : "Qu'attends-tu de ton père ?". Naturellement, si c'est déjà un ado, il risque de vous répondre qu'il n'en attend rien, ou seulement qu'il lui fiche la paix ! "De mon temps", c'était comme ça… ! Mais un enfant, ou un jeune adulte d'aujourd'hui, vous dira — avec ses propres mots — qu'il attend de l'argent, de l'éducation, de la protection, un foyer, un modèle. N'est-ce pas cela que nous attendons aussi de Dieu ?
Oui, nous le vivons autrement que l'enfant, mais, nous aussi, nous attendons de Dieu la bénédiction, le bonheur humain, la richesse (ou au moins l'absence de pauvreté), la sécurité (ou en tout cas l'absence de précarité ou de danger), la santé (ou au moins la force de supporter la maladie ou le handicap), etc… Ce ne sont que des exemples, cela pourrait encore se décliner bien autrement, selon la situation particulière de chacun. Dans tous les cas, notre relation à Dieu est une relation enfantine, ou plutôt… comment dirais-je ?… féodale !
Oui, nous attendons de lui, moyennant quoi nous lui rendons à notre niveau ; relation inégale par nature, mais contractuelle pourtant. Nous alléguons tant et tant de textes d'Ancien Testament où Dieu promet ! Nous attendons qu'il tienne sa promesse. Nous lui faisons généralement confiance pour ça, nous avons foi en lui… Et cela interroge les gens, autour de nous : qu'attendons-nous de Dieu, alors qu'il ne nous donne pas plus qu'aux autres, à ceux qui ne lui font pas confiance, ou qui ne le connaissent pas ?
Alors, peut-être nous faut-il réaliser que, le plus souvent, nous n'attendons rien de Dieu, pour ne pas être déçu, ou bien parce que les pasteurs nous ont répété que c'était de la mauvaise théologie, etc… Mais alors, dira l'autre, pourquoi crois-tu en lui ? A quoi cela te sert-il ? Ne répondez pas trop vite, pesez vos mots et vos raisonnements et vos raisons tout court : vous risqueriez de vous retrouver nus, sans autre dieu que le néant de votre désespoir. L'enfant qui n'attend rien de son père se condamne à ne rien recevoir, ou plutôt il s'expose à ne profiter de rien de ce que le père lui donne pourtant. L'enfant qui n'attend rien de son père nie sa paternité, il nie son existence, quand bien même il est là devant lui…
Nous n'attendons donc pas rien ! Qu'attendons-nous ? Posez-vous cette question, après tout ! Posez-vous cette question non pas tranquillement, mais lorsque vous vivez une crise, quelles qu'en soient les causes ou les manifestations. Voilà ce qui m'arrive : à ce moment-ci, qu'est-ce que j'attends de Dieu ? Qu'est-ce que ça veut dire de ma relation avec lui ? Qu'est-ce que je veux qu'il soit pour moi ? Qu'est-ce que je veux être, moi, devant lui ? Oui, vous le verrez alors, au cours de cet exercice qui n'est pas un jeu, sinon celui de la vérité ; vous verrez qu'il est impossible de se poser vraiment la question sans qu'à un moment ou à un autre, elle se retourne. La vraie question, celle qui se cachait derrière, celle que Moïse nous renvoie aujourd'hui et qui, elle, possède des réponses, c'est bien : "Qu'est-ce que Dieu attend de moi ?"…
Elle possède des réponses, mais ça ne veut pas dire que celles-ci sont faciles à trouver ni simples à formuler ! Elle possède des réponses, mais cette fois les réponses m'engagent, moi, et pas seulement Dieu ! Lorsque je me pose la question et que j'essaye vraiment d'y répondre, je ne peux pas rester là avec ma seule cervelle : c'est ma vie tout entière qui est concernée, mon corps et mon âme, ma vie sociale et ma vie affective, mon temps et mon énergie, mon argent bien sûr, et même mon Eglise !
D'ailleurs, cette question, vous pouvez à votre tour la renvoyer vers l'autre, comme Moïse le fait pour nous. A celui qui vous demande ce que vous attendez de Dieu, dites donc que votre vie, c'est plutôt de répondre à la question renversée, et que l'autre aussi, peut-être, pourrait se poser : qu'est-ce que Dieu attend de lui ? Et si jamais vous choisissez d'y réfléchir ensemble… cela s'appelle l'Eglise, non ?
Qu'est-ce que Dieu attend de moi ? Voilà telle chose que je vis, voilà la situation qui me tourmente, qui me fait mal, voilà ce que j'essaye de fuir, voilà la mort qui s'avance ou l'amour qui s'éloigne, voilà ma situation particulière : là dedans, au beau milieu de tout ça, qu'est-ce qu'il attend de moi ? Que je fasse quoi ? Que je sois comment ?
Tiens, dira l'impie, il faut donc que tu fasses quelque chose ? Je croyais que tu étais sauvé par grâce… Il te faut donc acheter ton Dieu ? ! Que Dieu nous préserve d'entrer jamais dans ce raisonnement, qui est celui du diable ! Bien sûr que je suis sauvé gratuitement, gracieusement, qui que je sois et quoi que j'aie fait. Bien sûr que mon père n'est pas mon père à cause de mes bonnes notes ou de mon comportement… Quel père étrange ce serait !
Mais, justement, je suis sauvé. C'est-à-dire que je n'ai rien à gagner et rien à perdre. Je suis libre, totalement, devant Dieu et au cœur du monde. Mais libre, ça veut dire quoi ? Je ne sais précisément pas d'avance ce que ça veut dire à tel moment, dans telle situation. Libre, ça veut justement dire qu'il n'y a pas de règle, pas de modèle, aucun assujettissement à aucun ordre. Seulement cette question où se joue ma liberté, mon existence, où l'une et l'autre s'expriment clairement : qu'est-ce que Dieu attend de moi ?
Que lui offrirai-je ? Ou mieux : comment ma liberté d'enfant adulte s'exprimera-t-elle devant celui qui me l'a donnée, grâce à qui je suis devenu grand ? Dans la circonstance que je traverse, comment exprimer ma liberté d'enfant de Dieu ? Comment manifester que j'y reste libre, malgré tout, vraiment tout, malgré même la mort ? Comment le manifester devant Dieu ? Mais ça veut dire aussi : pour moi-même et aux yeux des autres ?
Ce qui est sûr, mes amis, c'est qu'aucun de nous ne donnera la même réponse, même dans un cas semblable. Ce qui est sûr, c'est que, de toute façon, nos réponses seront différentes puisque nous vivons des choses différentes. Ce qui est sûr enfin, c'est que nous avons pourtant la liberté de le partager, de porter ensemble la question les uns des autres, et pourquoi pas la réponse. Je sais bien que nous n'en avons pas l'habitude. Individualisme et discrétion nous en empêchent, même lorsque ces murs que nous érigeons par pudeur et orgueil nous laissent seuls au milieu ! Rappelons-nous donc que l'Eglise, c'est ça aussi : porter ensemble les fardeaux les uns des autres, et se laisser éclairer les uns par les autres.
Comment saurai-je, trouverai-je ce que Dieu attend de moi, comment apprendrai-je à vivre libre, si je ne vois pas, si je n'entends pas, si je ne médite pas l'Ecriture et ne prie pas avec les frères et les sœurs que Dieu m'a donnés pour ça ? ! Moïse donne à sa question une réponse parmi d'autres, mais c'est aussi une réponse qui ne se donne qu'en Eglise, ensemble… C'est celle-ci : "Vous devez chanter sa louange. Il est votre Dieu". Ça ne dit rien de précis. C'est seulement pour dire que l'expression de notre liberté d'enfant de Dieu est louange à sa gloire. C'est en nous voyant traverser libres les épreuves qu'on saura quel Dieu est notre Dieu.
Nous n'osons pas ? Nous tergiversons ? Nous préférons nous rassurer en nous disant qu'il a protégé nos ancêtres et que, peut-être, il se manifestera à nos petits-enfants ? C'est une erreur. "Aujourd'hui, je ne parle pas à vos enfants. Eux, ils n'ont pas vu ni connu ce que le Seigneur votre Dieu a fait. Mais je vous parle à vous…". Si vous savez, si nous savons, qui est notre Dieu et combien il nous a aimés en Jésus-Christ, si nous savons quelle victoire il nous donne sur la mort chaque jour, alors, oui, la question est pertinente pour nous, et sa réponse, notre réponse à chacun, peut l'être pour le monde qui nous entoure. "Et maintenant, Israélites, qu'est-ce que le Seigneur votre Dieu attend de vous ?".
Amen.
Autres lectures : Luc 18/1-14
Psaume 34
Cantiques :
* NCTC 285 Que la volonté du Seigneur
* NCTC 240 = ARC 247 Célébrons le Seigneur
Genre : Prédication
Auteur : David MITRANI
Source : Prédication pour le 28.10.2001 à Segonzac & Jarnac (16).
"Moïse dit : « Et maintenant, Israélites, qu'est-ce que le Seigneur votre Dieu attend de vous ? »…". Chers Israélites, puisque c'est ce que nous sommes, après tout, chers frères et sœurs, voici la question qui nous est adressée par Moïse. Ne prétextez pas de votre race qui n'est pas sémitique : Israël est Israël par choix de Dieu et non pas par naissance. Ne prétextez pas les 35 siècles passés depuis Moïse : si cette Ecriture s'est transmise, c'est pour que vous l'entendiez aujourd'hui ! Ne prétextez pas la théologie de ce livre qui n'est pas la vôtre ni celle de votre pasteur d'ailleurs : cela n'a aucune importance pour celui qui vous adresse cette parole ce matin.
Oui, c'est pour nous que cela est dit : "Qu'est-ce que le Seigneur votre Dieu attend de vous ?". Aussi étrange que cela paraisse dès qu'on y réfléchit un peu, nous nous posons rarement cette question. Nous en avons d'autres. Et lorsque nous ne nous les posons pas nous-mêmes, d'autres se les posent et nous les posent, et nous ne savons pas toujours quoi répondre.
Par exemple, nous nous demandons, ou bien on nous demande, ce que nous attendons de notre Dieu. Car si nous le disons nôtre, et pas seulement Dieu, c'est donc qu'il nous donne quelque chose, c'est donc que nous y trouvons notre intérêt… Oh, ce n'est pas faux ! Nos textes eux-mêmes le disent abondamment. Posez la question à un enfant, vous aurez les mêmes réponses ou presque : "Qu'attends-tu de ton père ?". Naturellement, si c'est déjà un ado, il risque de vous répondre qu'il n'en attend rien, ou seulement qu'il lui fiche la paix ! "De mon temps", c'était comme ça… ! Mais un enfant, ou un jeune adulte d'aujourd'hui, vous dira — avec ses propres mots — qu'il attend de l'argent, de l'éducation, de la protection, un foyer, un modèle. N'est-ce pas cela que nous attendons aussi de Dieu ?
Oui, nous le vivons autrement que l'enfant, mais, nous aussi, nous attendons de Dieu la bénédiction, le bonheur humain, la richesse (ou au moins l'absence de pauvreté), la sécurité (ou en tout cas l'absence de précarité ou de danger), la santé (ou au moins la force de supporter la maladie ou le handicap), etc… Ce ne sont que des exemples, cela pourrait encore se décliner bien autrement, selon la situation particulière de chacun. Dans tous les cas, notre relation à Dieu est une relation enfantine, ou plutôt… comment dirais-je ?… féodale !
Oui, nous attendons de lui, moyennant quoi nous lui rendons à notre niveau ; relation inégale par nature, mais contractuelle pourtant. Nous alléguons tant et tant de textes d'Ancien Testament où Dieu promet ! Nous attendons qu'il tienne sa promesse. Nous lui faisons généralement confiance pour ça, nous avons foi en lui… Et cela interroge les gens, autour de nous : qu'attendons-nous de Dieu, alors qu'il ne nous donne pas plus qu'aux autres, à ceux qui ne lui font pas confiance, ou qui ne le connaissent pas ?
Alors, peut-être nous faut-il réaliser que, le plus souvent, nous n'attendons rien de Dieu, pour ne pas être déçu, ou bien parce que les pasteurs nous ont répété que c'était de la mauvaise théologie, etc… Mais alors, dira l'autre, pourquoi crois-tu en lui ? A quoi cela te sert-il ? Ne répondez pas trop vite, pesez vos mots et vos raisonnements et vos raisons tout court : vous risqueriez de vous retrouver nus, sans autre dieu que le néant de votre désespoir. L'enfant qui n'attend rien de son père se condamne à ne rien recevoir, ou plutôt il s'expose à ne profiter de rien de ce que le père lui donne pourtant. L'enfant qui n'attend rien de son père nie sa paternité, il nie son existence, quand bien même il est là devant lui…
Nous n'attendons donc pas rien ! Qu'attendons-nous ? Posez-vous cette question, après tout ! Posez-vous cette question non pas tranquillement, mais lorsque vous vivez une crise, quelles qu'en soient les causes ou les manifestations. Voilà ce qui m'arrive : à ce moment-ci, qu'est-ce que j'attends de Dieu ? Qu'est-ce que ça veut dire de ma relation avec lui ? Qu'est-ce que je veux qu'il soit pour moi ? Qu'est-ce que je veux être, moi, devant lui ? Oui, vous le verrez alors, au cours de cet exercice qui n'est pas un jeu, sinon celui de la vérité ; vous verrez qu'il est impossible de se poser vraiment la question sans qu'à un moment ou à un autre, elle se retourne. La vraie question, celle qui se cachait derrière, celle que Moïse nous renvoie aujourd'hui et qui, elle, possède des réponses, c'est bien : "Qu'est-ce que Dieu attend de moi ?"…
Elle possède des réponses, mais ça ne veut pas dire que celles-ci sont faciles à trouver ni simples à formuler ! Elle possède des réponses, mais cette fois les réponses m'engagent, moi, et pas seulement Dieu ! Lorsque je me pose la question et que j'essaye vraiment d'y répondre, je ne peux pas rester là avec ma seule cervelle : c'est ma vie tout entière qui est concernée, mon corps et mon âme, ma vie sociale et ma vie affective, mon temps et mon énergie, mon argent bien sûr, et même mon Eglise !
D'ailleurs, cette question, vous pouvez à votre tour la renvoyer vers l'autre, comme Moïse le fait pour nous. A celui qui vous demande ce que vous attendez de Dieu, dites donc que votre vie, c'est plutôt de répondre à la question renversée, et que l'autre aussi, peut-être, pourrait se poser : qu'est-ce que Dieu attend de lui ? Et si jamais vous choisissez d'y réfléchir ensemble… cela s'appelle l'Eglise, non ?
Qu'est-ce que Dieu attend de moi ? Voilà telle chose que je vis, voilà la situation qui me tourmente, qui me fait mal, voilà ce que j'essaye de fuir, voilà la mort qui s'avance ou l'amour qui s'éloigne, voilà ma situation particulière : là dedans, au beau milieu de tout ça, qu'est-ce qu'il attend de moi ? Que je fasse quoi ? Que je sois comment ?
Tiens, dira l'impie, il faut donc que tu fasses quelque chose ? Je croyais que tu étais sauvé par grâce… Il te faut donc acheter ton Dieu ? ! Que Dieu nous préserve d'entrer jamais dans ce raisonnement, qui est celui du diable ! Bien sûr que je suis sauvé gratuitement, gracieusement, qui que je sois et quoi que j'aie fait. Bien sûr que mon père n'est pas mon père à cause de mes bonnes notes ou de mon comportement… Quel père étrange ce serait !
Mais, justement, je suis sauvé. C'est-à-dire que je n'ai rien à gagner et rien à perdre. Je suis libre, totalement, devant Dieu et au cœur du monde. Mais libre, ça veut dire quoi ? Je ne sais précisément pas d'avance ce que ça veut dire à tel moment, dans telle situation. Libre, ça veut justement dire qu'il n'y a pas de règle, pas de modèle, aucun assujettissement à aucun ordre. Seulement cette question où se joue ma liberté, mon existence, où l'une et l'autre s'expriment clairement : qu'est-ce que Dieu attend de moi ?
Que lui offrirai-je ? Ou mieux : comment ma liberté d'enfant adulte s'exprimera-t-elle devant celui qui me l'a donnée, grâce à qui je suis devenu grand ? Dans la circonstance que je traverse, comment exprimer ma liberté d'enfant de Dieu ? Comment manifester que j'y reste libre, malgré tout, vraiment tout, malgré même la mort ? Comment le manifester devant Dieu ? Mais ça veut dire aussi : pour moi-même et aux yeux des autres ?
Ce qui est sûr, mes amis, c'est qu'aucun de nous ne donnera la même réponse, même dans un cas semblable. Ce qui est sûr, c'est que, de toute façon, nos réponses seront différentes puisque nous vivons des choses différentes. Ce qui est sûr enfin, c'est que nous avons pourtant la liberté de le partager, de porter ensemble la question les uns des autres, et pourquoi pas la réponse. Je sais bien que nous n'en avons pas l'habitude. Individualisme et discrétion nous en empêchent, même lorsque ces murs que nous érigeons par pudeur et orgueil nous laissent seuls au milieu ! Rappelons-nous donc que l'Eglise, c'est ça aussi : porter ensemble les fardeaux les uns des autres, et se laisser éclairer les uns par les autres.
Comment saurai-je, trouverai-je ce que Dieu attend de moi, comment apprendrai-je à vivre libre, si je ne vois pas, si je n'entends pas, si je ne médite pas l'Ecriture et ne prie pas avec les frères et les sœurs que Dieu m'a donnés pour ça ? ! Moïse donne à sa question une réponse parmi d'autres, mais c'est aussi une réponse qui ne se donne qu'en Eglise, ensemble… C'est celle-ci : "Vous devez chanter sa louange. Il est votre Dieu". Ça ne dit rien de précis. C'est seulement pour dire que l'expression de notre liberté d'enfant de Dieu est louange à sa gloire. C'est en nous voyant traverser libres les épreuves qu'on saura quel Dieu est notre Dieu.
Nous n'osons pas ? Nous tergiversons ? Nous préférons nous rassurer en nous disant qu'il a protégé nos ancêtres et que, peut-être, il se manifestera à nos petits-enfants ? C'est une erreur. "Aujourd'hui, je ne parle pas à vos enfants. Eux, ils n'ont pas vu ni connu ce que le Seigneur votre Dieu a fait. Mais je vous parle à vous…". Si vous savez, si nous savons, qui est notre Dieu et combien il nous a aimés en Jésus-Christ, si nous savons quelle victoire il nous donne sur la mort chaque jour, alors, oui, la question est pertinente pour nous, et sa réponse, notre réponse à chacun, peut l'être pour le monde qui nous entoure. "Et maintenant, Israélites, qu'est-ce que le Seigneur votre Dieu attend de vous ?".
Amen.
Autres lectures : Luc 18/1-14
Psaume 34
Cantiques :
* NCTC 285 Que la volonté du Seigneur
* NCTC 240 = ARC 247 Célébrons le Seigneur
Cultes contemporains
Luc 18 v 9 - 14 Isabelle Clerc