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Dernier dimanche de l'année ecclésiastique - 2 Pierre 3, 3 – 13

EPAL- Service des Lecteurs – Jean ARBOGAST
Dernier dimanche de l'année ecclésiastique - 23 novembre 2008
La cité éternelle - 2 Pierre 3, 3 – 13



I
A
1. L'auteur de la 2e épître de Pierre s'adresse à des chrétiens qui ont le sentiment que l'attente de la venue du Christ est bien longue, et que les promesses de Dieu concernant son Royaume tardent à se réaliser.
2. D'après les spécialistes, ce passage du Nouveau Testament serait un des plus récents. Il permet de saisir un certain nombre de questions qui animaient une communauté chrétienne aux environs de l'an 125 après Jésus-Christ.
3. Dans notre texte, il est question du temps. Du temps dans lequel nous vivons; du temps dans lequel nous aspirons à vivre; mais aussi du temps qui passe; du temps qui s'écoule sans que de grands changements ne soient repérables; du temps de l'impatience, du doute et de la remise en question. Du temps de la foi aussi.
4. Depuis le passage de Jésus sur terre, c'est-à-dire près d'un siècle avant la rédaction de cette lettre, plusieurs générations de fidèles ont attendu le retour annoncé du Christ et l'installation promise du Royaume.
5. Après tant d'années d'attente, que fallait-il penser ? Que convenait-il de croire encore ? Et comment fallait-il orienter sa vie ?

B
1. Au début de l'aventure, les choses semblaient claires. Nombreux étaient ceux qui attendaient avec ferveur le jour du « Jugement de Dieu » ainsi que la réalisation du « Royaume de Dieu », comme cela avait été annoncé dans de nombreux récits dits "apocalyptiques".
2. D'après ces prophéties, le "Jour du Seigneur" s'annonçait redoutable. Les cieux et la terre et tout ce qu'ils contiennent, étaient voués au déluge du feu et à la destruction radicale.
3. Ce moment terrifiant était pressenti comme un "passage obligé" auquel nul ne pouvait échapper.
4. Pour les croyants, il y avait néanmoins une espérance: la conviction profonde que, par delà ce passage, Dieu allait créer de "nouveaux cieux et une nouvelle terre".
5. C'est bien dans cette assurance que les chrétiens des communautés dites "primitives" pouvaient attendre avec confiance et résolution la fin de ce temps terrestre et l'avènement des temps nouveaux en priant:"Viens Seigneur Jésus, délivre-nous de ce monde ancien et fais-nous vivre dans ta nouvelle création".

C
1. Mais voilà que petit à petit les premiers témoins qui avaient côtoyé le Christ et les apôtres vinrent à disparaître. La conviction se renforça alors qu'avec l'extinction de cette "génération des Anciens", la "fin du monde" ne saurait tarder.
2. Mais quand le temps fut écoulé et que la génération suivante  commença à s'éteindre à son tour, il fallut bien prendre acte de la situation et réinterpréter de manière nouvelle l'annonce du Christ concernant l'imminence de la fin du monde ancien et la création d'un monde nouveau.
 
II

1. La 2ème lettre de Pierre porte les traces de ces questionnements. Ainsi au verset 4 nous lisons: "Où en est la promesse de la venue de Jésus ? Car depuis que les pères sont morts, tout demeure dans le même état qu'au début de la création".
2. Ces deux petites phrases sont intéressantes à plus d'un titre. Nous en retiendrons deux.

A
1. Tout d'abord nous constatons que le questionnement émane de la communauté des croyants et qu'il est pris au sérieux. Il apparaît tout à fait normal que ce qui fait problème puisse être discuté. La vérité de la foi n'est pas exclusivement une réalité qui est imposée de l'extérieur, mais aussi une réalité qui se révèle dans le partage fraternel devant Dieu, parfois après bien des incompréhensions, des luttes et des débats.
2. Aussi est-il bon, que quelqu'un qui est animé par un doute, une question ou une révélation personnelle puisse s'en ouvrir à d'autres compagnons de foi en qui il a confiance.
3. En tout cas, l'auteur de la 2ème épître de Pierre prend à bras le corps les questions soulevées par les membres de la communauté et y répond en se fondant sur la parole biblique reçue et sur la foi qui l'anime.

B
1. Nous constatons ensuite que ce questionnement est particulièrement critique et sévère. Rien n'a changé; tout reste du pareil au même; malgré Jésus; malgré les communautés chrétiennes; malgré l'engagement des fidèles…
2. Les sceptiques d'aujourd'hui ajouteront sans doute volontiers: il en va ainsi depuis deux mille ans, et  rappelleront sans doute le côté obscur des Croisades, de la découverte des Indes et des Amériques, de la colonisation à l'échelle mondiale, sans oublier l'exploitation des richesses naturelles…et tout cela par des hommes venant de pays se référant à "la civilisation chrétienne".
3. Là aussi les critiques méritent d'être entendues et examinées avec soin même s'il convient de rester prudent face aux explications globales données quelques décennies, voire plusieurs siècles après les événements.
4. Nous savons bien aujourd'hui dans quelles impasses peuvent conduire les explications simplificatrices et péremptoires.
5. L'auteur de la 2ème épître de Pierre veut nous éviter ce piège et nous ramener à l'essentiel. Ainsi, s'il est exact que les choses ne se réalisent pas toujours selon nos espérances, il n'en demeure pas moins vrai que les promesses de Dieu traversent les générations et nourrissent la foi et l'engagement des croyants en toutes circonstances.
6. L'auteur développe ce point autour de 3 idées forces que nous examinerons brièvement.


III
A
Devant Dieu mille ans sont comme un jour.
1. Notre vision du temps n'est pas celle de Dieu. Notre mesure n'est pas sa mesure.
2. En disant cela, l'auteur ne développe pas un concept nouveau, il se contente de rappeler ce que le psalmiste avait déjà mis en lumière (Psaume 90).
3. Autant dire que le jour de Dieu est l'affaire de Dieu. C'est donc dans la foi en Dieu que nous pouvons véritablement nous préparer à ce jour, et non pas en consultant les pronostics et les signes plus ou moins catastrophiques, ou en recherchant d'illusoires assurances nouvelles.
 
B
Nous vivons dans un temps d'attente.
1. Ce temps, il convient de l'éclairer à la lumière de la Parole de Dieu. C'est cette Parole régulièrement entendue et mise en pratique qui transforme l'esprit, ouvre les cœurs et réoriente nos regards sur ce qui nous entoure.
2. Ainsi, malgré tous les signes négatifs et alarmistes qui continuent à nous assaillir au quotidien, nous pouvons néanmoins poursuivre notre route avec le Christ vers le "Royaume qui vient" et goûter dès à présent quelques signes de ce « Royaume »avec d'autres fidèles.
 
C
La venue du Seigneur sera une surprise.
1. Le Seigneur viendra à l'improviste, comme un voleur dans la nuit, sans que nous puissions le voir venir et sans que nous connaissions d'avance le jour ou l'heure de sa venue.
2. Mais alors, si les choses se présentent ainsi, comment pouvons-nous nous préparer et nous prémunir face à un tel événement ?
3. Là encore, l'auteur nous ouvre la voie. Seule notre foi dans la bonté, dans la miséricorde et dans l'action créatrice du Dieu Vivant nous permet de poursuivre ce chemin avec d'autres sous le signe de l'espérance et du renouveau.
4. Avec nos frères et sœurs dans la foi du 2ème siècle de notre ère, nous pouvons confesser: "selon ta promesse nous attendons des cieux nouveaux et une terre nouvelle où la justice habite". Nous nous y préparons  dans la prière, le partage fraternel et l'engagement concret.
Conclusion:
Que le Dieu Vivant nous bénisse et nous garde sur ce chemin où Il nous envoie. Amen.
Jean Arbogast






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