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Daniel 3 v 1-30 Louis Honnay
Texte : Daniel 3/1-30
Genre : Prédication Auteur : Louis HONNAY Source : Prédication pour le dimanche 12.11.1995. Il faut être fou pour faire des choses pareilles ; il faut que ce roi Nabukodonosor soit fou pour entreprendre de dresser une statue de trente mètres de haut et de trois mètres de large et pour obliger ses sujets à venir se prosterner devant elle. Mais peut-être est-ce fait exprès ? Le récit veut sans doute montrer la folie des hommes païens, leur mépris imbécile de la foi, une folie et un mépris qui les mènent à la perdition. Dans le cadre du paganisme, on comprend assez bien les gestes de Nabukodonosor. Dans l'Antiquité, l'état et la religion sont associés. Pas d'état sans religion, pas de religion qui ne soit liée à l'état. Le souverain est souvent considéré comme un dieu, on l'adore à l'égal d'un dieu. Il n'est donc pas surprenant que Nabukodonosor institue un nouveau culte, le culte de la grande statue d'or. Cela fait partie de son rôle. La statue, c'est peut-être le roi lui-même divinisé. C'est peut-être lui qu'on adore, en adorant la statue. Tout au moins, puisque le roi veut cette statue, adorer la statue, c'est se soumettre au roi, c'est obéir religieusement à ses ordres. -o- En ordonnant de construire cette immense statue, aussi grande que son imbécillité, le roi opère ce qu'on peut appeler un déplacement de divinité. Dans le cadre de la Bible, la divinité appartient à Dieu seul. Le Dieu unique ne peut pas avoir d'autres dieux à côté de lui. Il ne transmet pas sa divinité à un autre. Mais le roi Nabukodonosor s'empare de cette divinité, pour l'attribuer à une statue. Maintenant le Seigneur n'est plus Dieu, c'est la statue qui est dieu. La divinité appartient maintenant à un homme et à ce qu'il produit, à l'objet qu'il fabrique. D'après le livre de Daniel, quelques Juifs déportés en 597 et en 587 se trouvent au service du roi de Babylone. Ils occupent des postes importants ; ils sont quelque chose comme ministres ou, en tout cas, hauts fonctionnaires. Mais ces Juifs ont gardé leur foi, ils ne se sont pas convertis au paganisme. La foi juive maintient la seule divinité du Seigneur, le Dieu d'Israël, le Dieu de tous les hommes. "Ecoute, Israël : le Seigneur, notre Dieu, est le Seigneur UN". C'est le début de la confession de foi que tout Juif fidèle, encore maintenant, récite trois fois par jour. Il n'existe pas d'autre dieu que ce Dieu unique, seul vivant et seul vrai. Le Juif refuse de reconnaître une quelconque divinité à un homme et à des productions humaines. Il est donc tout naturel que les Juifs au service du roi Nabukodonosor refusent de se prosterner devant la statue qu'il a fait construire. Ils n'adorent que le Seigneur seul, et non des faux dieux, des idoles. Ils sont les seuls à refuser ce nouveau culte. Les représentants de tous les autres peuples n'hésitent pas à se prosterner. Apparemment, le roi règne sur une population très diverse. Il y a beaucoup de provinces dans le royaume et le roi rassemble les représentants de toute la population. Ils viennent docilement se prosterner devant la statue, ils acceptent ce nouveau culte sans protester. Les trois Juifs ne se prosternent pas. Ils sont seuls contre tous, seuls fidèles à Dieu en face de la masse des païens. Les Juifs sont des rebelles. Ils resteront toujours des rebelles. Ils refuseront toujours les religions à cause de leur foi. Ils les refuseront par fidélité envers Dieu. C'est en cela qu'ils sont des modèles pour nous, des modèles de fidélité, alors que les autres se laissent parfois si facilement paganiser et pervertir. -o- Le livre de Daniel est écrit dans une période très critique de l'histoire d'Israël. Au deuxième siècle avant l'ère chrétienne, un successeur d'Alexandre le Grand règne sur la Syrie et sur le pays d'Israël. Il s'appelle Antiochus IV. C'est naturellement un païen. C'est un roi autoritaire. Il prétend imposer sa religion à tous ses sujets. Il interdit la foi juive. Il veut obliger les Juifs à se faire païens. On ne doit plus pratiquer le culte dans le Temple de Jérusalem. D'ailleurs, il profane le Temple, pour que le culte y soit impossible. Il interdit la circoncision. Il interdit d'enseigner la Torah. On ne doit plus manger kacher, selon les prescriptions de la Parole de Dieu. Ceux qui résistent sont impitoyablement massacrés. On raconte l'histoire d'une mère de sept enfants, qui a vu ses fils tués sous ses yeux, et qui les a exhortés jusqu'au bout à ne pas trahir le Seigneur, avant d'être tuée elle-même. Le livre de Daniel est écrit dans ces circonstances, pour encourager les Juifs à résister à la paganisation et à conserver leur foi en face des religions. Pour éviter que les païens ne comprennent, on situe l'histoire au temps de la déportation, quatre siècles plus tôt. On utilise des clefs, des codes, que seuls les Juifs savent déchiffrer. Dans ce langage codé, Nabukodonosor représente le roi Antiochus IV. Il y a de la répression contre les Juifs qui veulent conserver leur foi. Il y a des morts. Cette souffrance, on la représente sous la figure de ces trois Juifs qui refusent l'ordre du roi, qui ne se prosternent pas devant la statue et qu'on jette dans la fournaise. Les Juifs tiennent bon au péril de leur vie. Les trois compagnons sont finalement tirés du feu, intacts, comme on espère que la foi juive sortira victorieuse de l'épreuve. Ce qui est effectivement arrivé. En 164, Antiochus IV est vaincu, le culte est rétabli dans le Temple de Jérusalem, à nouveau on enseigne la Torah, on mange kacher et on circoncit les garçons. La foi triomphe des religions, même au travers de la souffrance. Est-il besoin de souligner tout ce que cette histoire nous apporte ? La statue érigée par Nabukodonosor, c'est la production humaine à laquelle on voudrait nous faire croire comme à un dieu, comme à de vrais dieux. Nous aussi, nous sommes confrontés à de la divinité qui n'est que l'invention des hommes. Les religions possèdent leurs dieux. Ils s'appellent Allah ou autre chose. Parfois ce ne sont que des caricatures du Dieu de la Bible, et on veut nous les faire prendre pour le vrai Dieu. Les religions, anciennes et modernes, font de la divinité avec n'importe quoi. Le pouvoir politique, le pouvoir plus ou moins totalitaire, exige l'obéissance aveugle. Il se prend pour Dieu et il veut qu'on le serve comme on sert Dieu. Parfois le pouvoir humain veut imposer des systèmes de pensées qui sont de vrais principes religieux. Quand le communisme régnait, les idées marxistes étaient de véritables dogmes religieux. On devait les croire sous peine d'être excommunié, c'est-à-dire jeté en prison ou condamné à mort. Les religions ne sont pas les seules à exiger un culte. Le pouvoir des états peut instituer une autre sorte de culte, le culte de la personne ou le culte des idées, aussi pernicieux l'un que l'autre. -o- Le livre de Daniel et la résistance des Juifs à la paganisation nous apprennent à résister, nous aussi, à toutes les formes de religions. Ils nous apprennent à refuser toutes les idéologies, tous les systèmes qui prétendraient prendre la place de Dieu, quelquefois même en prenant une allure chrétienne, pour mieux tromper le monde. Il en coûte de résister. Les Juifs en ont fait l'expérience. Quand Hitler les a massacrés dans les chambres à gaz, ils payaient le prix de leur fidélité au Seigneur. L'année dernière, la police a tué deux pasteurs en Iran, parce qu'ils étaient chrétiens. Cette année, on a arrêté des chrétiens en Chine, parce qu'ils faisaient partie d'églises qu'on appelle églises de maisons, parce qu'elles refusent de se faire légalement inscrire, ce qui les mettrait sous la dépendance du gouvernement. A travers le monde, deux cent cinquante chrétiens sont en prison à cause de leur foi. Surtout dans des pays musulmans, les plus intolérants et les plus féroces de tous les régimes, aussi féroces que celui de Nabukodonosor. Qu'est-ce qui se passerait, si dans notre pays s'installait un régime violent, qui nous interdirait d'être chrétiens ? Aurions-nous la force de lui résister, comme les chrétiens d'Allemagne ont su résister au régime nazi, au péril de leur vie ? La liberté de conscience n'existe pas dans tous les pays du monde et souvent des frères chrétiens sont en danger. Nous pouvons nous croire à l'abri pour le moment. Alors, prions pour ceux qui sont en danger ; demandons qu'ils aient la force de persister dans la foi, comme les trois compagnons mis en scène par Daniel. Persévérer dans la foi, c'est ce que Paul demande au Seigneur pour les chrétiens de Thessalonique, quand il leur écrit pour la deuxième fois. Ils ont reçu l'Evangile, ils se sont convertis. Mais ils vivent dans un monde païen, dans une ambiance païenne. La présence continuelle et inévitable de la religion autour d'eux est une tentation perpétuelle. Nous sommes comme eux. Le monde païen dans lequel nous sommes obligés de vivre est pour nous une incitation à abandonner la foi et à penser comme tout le monde. Les chrétiens du premier siècle et nous-mêmes, nous sommes sollicités par de mauvais exemples, des exemples d'absence de foi ou de foi déviée, des exemples de paganisme ou de repaganisation. L'exhortation de Paul reste valable pour nous. Paul nous invite à maintenir coûte que coûte la foi en Dieu. Il nous invite à résister à toutes les formes de paganisme et de religion, et à nous accrocher à la vérité unique de la Parole de Dieu. Elle seule est vraie, le Seigneur seul est le vrai Seigneur. Nous n'avons pas à en chercher un autre ailleurs, même si on nous fait les plus magnifiques promesses. L'exhortation de Paul est un appel à rester fidèles, comme sont restés fidèles les trois compagnons de Daniel. Amen ! Autre lecture : 2 Thessaloniciens 2/13 à 3/5 Cantiques : * Psaume 62/1, 2, 3, 5 En toi, mon Dieu ou Psautier Français 54/1 & 2 Par ton saint nom délivre-moi * NCTC 264/1, 3, 4 = ARC 245 Remplis d’amour ou ARC 537/1 à 3 Dieu fait de nous * NCTC 249/1 à 3 = ARC 522 Sur ton Eglise universelle ou LP 417/1, 3, 4 Debout, sainte cohorte |
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