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Colossiens 2 v 11 - 15 Alphonse Maillot
Texte : Colossiens 2/11-15
Genre : Notes homilétiques Auteur : Alphonse MAILLOT Source : Qui est mon prochain ? — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année C [juillet-août]. Mission Intérieure de l’Eglise Evangélique Luthérienne, 1992 (p. 59-61). 7° dimanche après la Pentecôte ou 17° dimanche ordinaire Colossiens 2/ (11)12 - 14(15) Je regrette que la liste des lectures ne nous permette pas d'écouter l'avertissement du v. 8, seul passage de la Bible où soit employé le mot "philosophie", pour nous exhorter à ne pas nous laisser "ficeler", piéger par elle, car elle est "une creuse duperie". S'il est vrai que, bien entendu, ceci ne peut concerner nos "grands" penseurs contemporains, il ne faudrait quand même pas oublier que l'auteur devait avoir au moins entendu parler de gens comme Platon, Aristote et quelques autres (comme le dénommé Philon), dont pas mal de Pères de l'Eglise firent leur pâture, parfois même avant de goûter vraiment l'Ecriture ; en tout cas, ce passage avait au moins pour avantage de montrer qu'on peut être chrétien sans être philosophe. Le dépouillement "du corps charnel" (expression ô combien malheureuse !) fait allusion au baptême qui, sur ce point, ressemble à la circoncision. Celle-ci faisait d'un goy, un Juif. Le baptême est censé faire d'un homme "adamique", un homme "christique" ; d'un homme préoccupé de lui-même, un homme désormais ouvert à Dieu et aux autres. L'homme introverti a été noyé, et des eaux du baptême est sorti un homme tourné vers l'extérieur. A ceci près que si le baptême, comme la circoncision, a lieu une fois pour toutes, le noyé ne l'est pas une fois pour toutes, et l'homme ouvert rencontre mille occasions de se refermer. Mais il n'empêche que notre vraie mort (la seule à craindre ? ?) est derrière nous, et l'auteur transpose tout cela pour notre vie ; tout ce qui deviendra, dans le Credo futur, l'histoire salutaire du Christ (et nous montre ainsi que toute la deuxième partie du Credo doit aussi nous être appliquée), c'est ce qui, en et par Jésus-Christ, nous est arrivé. Comme l'épître aux Ephésiens (2/6, étudiée il y a quelque temps), l'auteur des Colossiens va jusqu'à voir dans notre résurrection (à venir) un acte déjà réalisé en communion avec celle du Christ (v. 12) ; alors que Paul, pour éviter tout quiétisme (tout en sachant que tout s'était accompli en Christ), disait seulement, en Romains 6/7 : "Si nous sommes (déjà) morts (lors du baptême-actualisation-de-la-croix) avec Christ, nous croyons (notez ce verbe à opposer au passif du début) que nous vivrons (futur) avec lui", après qu'il eut écrit (Romains 6/4) : "Par le baptême, nous avons été ensevelis avec Jésus-Christ, afin que... nous menions une vie nouvelle" ; et v. 5 : "...unis à sa mort... nous le serons (futur)... à sa résurrection". Ceci afin d'éviter un quiétisme paresseux qui ne comprendrait pas que mort et résurrection du Christ sont des vérités dynamiques, qui changent notre comportement présent. Ici, le quiétisme (que certains crurent possible) est évité par les exhortations du chapitre 3 en particulier et, curieusement ici, par une exhortation à ne pas retrouver les routes des esclavages ascétiques et méritoires, et même les sabbats (5/16-18), mais à vivre en vrais libérés : a) de notre passé fautif et mortel (v. 13) et de ses culpabilités ; b) des accusations normales que Dieu (ou le Ciel ! ou tout ce qu'on peut imaginer...) pourraient porter contre nous. Et en particulier celles que la Torah formulait contre les goyim et tous ceux des Juifs qui l'avaient transgressée. Ici, dans une image audacieuse, l'auteur compare l'éventuel billet où seraient comptabilisées nos fautes, au Christ mis en croix, qui à la fois montre notre dette et crie notre pardon. Notre "facture" est crucifiée. On pourra même songer au I.N.R.I. (le titre mis sur la croix !). c) des autorités, des puissances et des pouvoirs, qui avaient l'habitude, en revenant du combat, de traîner derrière leurs chars victorieux, trophées et dépouilles des vaincus, sous les yeux de la foule. Désormais, le char victorieux, c'est la croix, et les trophées piteux, ce sont les autorités et puissances (peut-être même célestes) = le chrétien n'a plus à les craindre (cf. Romains 8/38). |
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