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Colossiens 1 v 24 Jules-Marcel NICOLE
Texte : Colossiens 1/24
Genre : Commentaire biblique Auteur : Jules-Marcel NICOLE Source : « Ainsi répond le théologien de service… », in : Ichthus, n° 115, mai 1983 (p. 32-33). « Je supplée dans ma chair à ce qui manque aux souffrances du Christ pour son corps qui est l'Eglise » (Colossiens 1/24) Lors d'une conférence contradictoire, j'ai entendu un théologien catholique romain s'appuyer sur ce texte pour soutenir que nos souffrances pouvaient avoir une valeur expiatoire en vue d'effacer nos fautes ou celles des autres. C'est une interprétation que nous devons récuser avec énergie ; cependant, des chrétiens évangéliques sont parfois déconcertés par cette affirmation de Paul et ne savent pas trop comment l'expliquer. Pour clarifier le problème, il convient d'examiner « ce qui manque aux souffrances du Christ ». Assurément, rien au point de vue de leur valeur expiatoire. Lui-même, en rendant le dernier soupir, a poussé ce cri de victoire : « Tout est accompli » (Jean 19/30). L'auteur de l'épître aux Hébreux insiste massivement sur l'efficacité définitive, absolue, du sacrifice offert à la croix : « Nous sommes sanctifiés par l'offrande du corps de Jésus, une fois pour toutes... Par une seule offrande, il a rendu parfaits à perpétuité ceux qui sont sanctifiés... Là où il y a pardon des péchés, il n'y a plus d'offrande pour le péché » (Hébreux 10/10, 14, 18). Alors que manque-t-il aux souffrances du Christ ? C'est d'être connues de ceux qui sont appelés à en profiter. Nous ne sommes pas sauvés à notre insu, automatiquement, sans la repentance et sans la foi. « Quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé. Comment donc invoqueront-ils celui en qui ils n'ont pas cru ? Et comment croiront-ils en celui dont ils n'ont pas entendu parler ? Et comment entendront-ils parler de lui sans prédicateurs ? » (Romains 10/13-14). Or, pour prêcher l'Evangile, il faut accepter les afflictions inévitables que comporte ce ministère : « Souffre avec moi comme un bon soldat de Jésus-Christ », écrivait Paul à Timothée (2 Timothée 2/3). Selon les cas, ces épreuves peuvent être plus ou moins vives. En ce qui concerne l'apôtre lui-même, elles ont été impressionnantes. Il suffit de lire la liste qu'il en donne dans sa seconde épître aux Corinthiens, alors qu'il n'en était qu'à la moitié de sa carrière, et encore la moitié la moins douloureuse (2 Corinthiens 11/23-29) ! Quand il écrivait l'épître aux Colossiens, il aurait pu allonger de beaucoup l'énumération de ses tribulations. Or, elles étaient toutes destinées à permettre l'annonce de l'Evangile, comme d'ailleurs il le dit dans la suite du passage (Colossiens 1/25, 28-29). Ainsi, sans avoir la moindre valeur expiatoire pour quiconque, les souffrances de l'apôtre étaient nécessaires pour que le message du Christ soit proclamé, et que, de la sorte, des hommes et des femmes soient délivrés du pouvoir des ténèbres et transportés dans le royaume du Fils bien-aimé (Colossiens 1/13). |
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