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Colossiens 1 v 15-20 Alphonse Maillot
Texte : Colossiens 1/15-20
Genre : Notes homilétiques Auteur : Alphonse MAILLOT Source : Qui est mon prochain ? — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année C [Juillet-Août]. Mission Intérieure de l’Eglise Evangélique Luthérienne, 1992 (p. 37-39). 5° dimanche après la Pentecôte ou 15° dimanche ordinaire Colossiens 1/15-20 Petit à petit, l'Eglise primitive va essayer de mieux comprendre la mission et la personne du Christ ; elle va saisir que le Christ n'est pas un accident de l'histoire du salut et de l'histoire tout court ; mais qu'il est le "Projet de Dieu" dès avant la création du monde et de l'histoire. Et il ne faut pas songer seulement à des textes qu'on dit tardifs comme Jean 1/1ss ou 1 Pierre 1/19, mais tout d'abord et surtout à Romains 5/6-14 (où Paul nous montre que le péché d'Adam et des hommes, loin de décourager Dieu d'envoyer son Fils pour les hommes, n'a pu que l'amener à confirmer son amour envers nous ; le péché qui devait tout détruire du plan de Dieu, n'a réussi qu'à le rendre plus vaste, Romains 5/20). De même, en Romains 8/19ss, Paul nous a fait entrevoir les "dimensions" (!) cosmiques du salut du Christ. Cette intuition d'un plan de Dieu pour l'humanité, plan dont le Christ est le principe et l'aboutissement (et bien vue par les frères orientaux), s'épanouit dans l'épître aux Colossiens (et Ephésiens 1/8ss et 2/13-17, etc…). Il faut, en tout cas si on est paulinien (et johannique), en finir avec l'hérésie augustinienne de la "felix culpa", "l'heureuse faute !" (d'Adam) qui aurait amené Dieu à changer son plan (ou plutôt à en improviser un) et à envoyer son Fils (qui sans cette faute serait resté chez lui), pour réparer les dégâts commis par Adam ; Adam qui, pour Paul, n'était que "le prototype de celui qui (de toute manière) devait venir" (Romains 5/14). Il faut en finir avec cette "sotériologie-de-rattrapage", de colmatage de ce qu'on appelle (malencontreusement) "la chute" ou encore "le péché originel". Le Christ n'est donc pas le simple réparateur d'une faute, le recolleur de pots cassés, mais "l'image (non pas le reflet) incarnée de Dieu parmi nous" (Colossiens 1/15) ; en tête de toute la création (à laquelle il se destinait, cf. Proverbes 8/22ss). Toute la création et toutes les créatures ont leur secret en lui ; il est non seulement leur cause et leur but (Colossiens 1/16), mais "tout est maintenu par lui" (1/17). Et c'est pourquoi la création, si elle est le champ de la liberté de l'homme (Genèse 1) doit, à plus forte raison, être respectée par les chrétiens : elle est christique. Ce qui ne signifie pas, bêtement, sacrée et intouchable (cf. Marc 11/12-14 et 20-21), mais comme le lieu qu'offre le Christ, image de Dieu, à l'homme pour qu'il puisse y montrer comment, lui aussi, fait à l'image de Dieu, il y vivra cette image. Et curieusement (pour des protestants !) l'épître passe de la création entière, à l'Eglise dont le Christ est la tête, le Chef. L'Eglise n'est donc pas, elle non plus, une réponse de détresse au péché du monde, mais elle est, elle aussi (dès l'origine), dans le plan éternel de Dieu ; elle n'est pas l'îlot où se seraient réfugiés les quelques rescapés de la catastrophe adamique (comme trop souvent son allure frileuse et accablée en donne l'impression), mais le "modèle" de ce qui doit un jour concerner le monde entier : la plénitude du Christ dans la plénitude de l'univers (c'est le fameux plérôme du v. 19, plérôme à propos duquel il ne faut sans doute pas trop gloser ; la phrase : fin v. 18 et v. 19, n'est pas d'une clarté absolue). Tout ceci (ce plan de salut éternel et cosmique) ne relègue pas la Croix du Christ (idem en Romains 5) à un plan secondaire, car il est vrai que les hommes ont essayé, justement pour servir leurs propres desseins, de détourner ce plan, et ils se sont fait les ennemis de Dieu. Mais Dieu a confirmé la pérennité de son dessein, en envoyant son Fils quand même ; simplement ce don du Fils sera le sacrifice de la Croix, où Dieu déclare la paix au monde, en laissant mettre son Fils à mort à la place des hommes. C'est la réconciliation dont nous avons déjà vu que le sens premier = échange. La Croix est la Paix et le signe de Paix entre Dieu et l'Univers... Il reste à songer avec tristesse à l'usage que les chrétiens ont parfois fait de ce signe. Autres textes de la même catégorie
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Cultes contemporains
Luc 23 v 35 - 43 Calonne