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Apocalypse 7v 9 + 14-17 Alphonse Maillot



Texte : Apocalypse 7/9 + 14-17
Genre : Notes homilétiques
Auteur : Alphonse MAILLOT
Source : Je suis qui je serai — Notes homilétiques sur les trois lectures dominicales pour les dimanches et fêtes de l’année C [Carême – Semaine sainte – Temps de Pâques – Ascension – Pentecôte – Trinité (18 dimanches et fêtes)]. Mission Intérieure de l’Eglise Evangélique Luthérienne, 1991 (p. 106-108).



3° dimanche après Pâques
ou 4° dimanche de Pâques

Apocalypse 7/9 & 14-17

On peut regretter (encore !) que notre texte ne remonte pas au verset 4 ; en effet, celui-ci évoque les 144 000 (marqués du sceau : du baptême et du salut) serviteurs de Dieu et venant de toutes les tribus. Ce nombre est celui de l'universalité la plus totale (12 x 12 x 1 000).

Le verset 9 va renforcer cette universalité innombrable de ceux à qui Dieu veut faire partager son Royaume. C'est important de le relever car, en commettant un contresens total, certaines sectes turbulentes se servent de ce nombre et de ce passage pour limiter les entrées du Royaume à leurs seuls adhérents (et parfois même, seulement à quelques-uns de leurs propres adhérents — les « purs » trouvent toujours de plus purs pour les épurer).

De plus, en cette époque de racisme et d'exclusions faciles, le v. 9 nous oblige à insister sur « toutes » nations, « toutes » races... etc., en rappelant par exemple :
1) l'antisémitisme fréquent de l'Eglise ;
2) et qu'elle a pensé parfois que les Noirs ou les Indiens ne pouvaient pas avoir d'âme... tout comme celle-ci fut parfois refusée à la femme. Nous n'avons certes pas à nous défausser de nos erreurs en multipliant celles de nos ancêtres, mais à l'aide de ces dernières (qui aujourd'hui nous scandalisent) à mieux apercevoir les nôtres et balayer devant notre porte.

Les robes blanches, qui nous obligent à penser, sans hésitation, au baptême, doivent leur blancheur au seul sacrifice de l'Agneau (v. 14), et apportent ainsi une confirmation du caractère non répétable du baptême.

Quant aux palmes, comme la TOB l'a bien vu, elles font allusion à la fête des Tabernacles, et donc à la fête des Rameaux. Et c'est à juste titre qu'elle songe au Psaume 118, à cause de la lecture traditionnelle du verset 27b de ce Psaume. Mais elle oublie deux remarques :

1) c'est que ce verset 27b a reçu aussi une autre traduction : « Liez la victime (rameaux en main) pour l'amener jusqu'à l'autel ». On retrouve aussi de manière indirecte l'Agneau, et certainement le sacrifice célébré lors de cette fête des Tabernacles (Lévitique 23/40ss ; Zacharie 14/16) qui donne une teinte eschatologique à cette fête ;

2) que le verbe « habiter » dans ce passage (v. 15 in fine) est le même qu'en Jean 1/14 : ce qui signifie peut-être que c'est à la fête des Tabernacles que Jésus est né (en tout cas pour Jean) ; ce verbe comporte (en grec) trois consonnes : s.k.n., consonnes qu'on retrouve curieusement dans l'hébreu « rester sous la tente » (sh.k.n.) et dans la fameuse « Shekînah » qui, tout en évoquant le Tabernacle, compagnon d'Israël dans le désert, évoquait plus encore la mystérieuse présence perpétuelle et bienfaisante du SEIGNEUR sur son peuple.

Le verbe « (ils le) servent » (jour et nuit), insiste certainement sur la vocation liturgique de ce peuple innombrable qui est, ne l'oublions pas, un peuple de prêtres : 1/6 (le culte est un service !).

Une difficulté consiste dans l'allusion au « Temple » alors qu'il sera dit que le voyant du livre « ne voit plus de Temple » (en 21/22a). Cela signifie-t-il que la vision est « historique » (chronologique) et comporte plusieurs temps ? Ou plutôt que le Temple, étant désormais le SEIGNEUR et l'Agneau présents à tous (21/22b), c'est déjà de ce Temple qu'il s'agit ici ? Mais répétons qu'on ne peut demander notre logique à un homme en extase et qui aperçoit l'invisible.

Mais il ne faudrait pas manquer le paradoxe de l'Agneau qui soudain devient « Berger » (v. 17), qui rappelle :
1° Jean 10/2 et 11ss, avec cette curieuse affirmation : le Berger « place » (et non « donne ») sa vie pour ses brebis (à mon avis = propose, présente, remet sa vie à ses brebis ; on retrouve alors la notion de sacrifice) ;
2° le Psaume 23/1-2 : Psaume d'un pèlerin qui rentre chez lui après une longue fête au Temple (v. 6, où il faut respecter le texte massorétique ou T.M. [texte hébreu canonique] comme le fait la TOB) et qui sait « qu'il n'aura ni faim ni soif » (v. 1-2) ; à comparer ici au verset 16 — cf. aussi Psaume 121/5-6.

C'est alors la grande promesse que nous nous devons de bien mettre en valeur : « Dieu (lui-même) essuiera toute larme ».




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