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Apocalypse 7 v 9-12 Jean-Daniel Wohlfahrt



Apocalypse 7/9-12 26/12/93
Nous voilà bien loin de la crèche et du petit enfant emmailloté et pourtant le lecteur attentif ne peut que relever des parallèles faciles à trouver: Là comme ici il est question d'anges, messagers du Tout-Puissant. Ici comme là des hommes manifestent leur joie par la louange et le chant, par la proclamation et le témoignage mais la parole des prophètes est devenue réalité: l'enfant couché dans la crèche est pleinement celui que les prophètes attendaient et annonçaient: le Messie, le Prince de la Paix, celui à qui reviennent honneur et gloire. La parole des prophètes a pris corps: l'enfant dans la crèche est Dieu maintenant, toutes les prophéties sont remplies puisque le voilà entouré de toutes ces nations dont il est juge, sur un trône de gloire, recevant d'elles honneur et gloire. Hier bergers et mages se bousculaient en une joyeuse pagaille autour de la crèche, aujourd'hui c'est une foule immense, tellement immense que nul ne peut la compter. Elle agite des palmes, elle est vêtue de blanc et elle chante la louange de Dieu et de l'Agneau. Entre les deux tableaux qui, par la volonté de notre calendrier, se succèdent d'un jour à l'autre, un temps infini, un temps indéfini: l'histoire de l'humanité, notre histoire avec ses pages sombres et ses pages de lumière, avec ses obéissances et ses errances, la souffrance des martyrs, la mort, la méchanceté des hommes, les guerres. Guerres de défenses, guerres de conquête, guerre .de religion, et même peut-être la guerre devenue religion.
Mais l'espoir qui est né dans le monde une nuit de Noël, cet espoir de paix et de réconciliation qui n'est encore partagé que par quelques hommes, quelques femmes, voilà qu'il devient réalité concrète: une foule immense, hommes et femmes confondus sûrement, de toutes nations, de toutes tribus, de toute langue, des gens qui auparavant ne se connaissaient pas, ne se côtoyaient pas, qui peut-être même se faisaient la guerre, deviennent foule immense réunie autour du trône de Dieu, de Dieu et de l'Agneau. de Dieu et du Christ, agneau . immolé le vendredi saint et ressuscité, d'entre les morts.
De la crèche au trône de gloire. Le texte de ce premier dimanche après Noël nous entraîne en un vol très rapide vers les jours derniers. Surprenant périple qui nous sort du sentimentalisme bon enfant, de l'émerveillement devant la fragilité d'un Dieu-enfant-dans-Ia-crèche à l'annonce visionnaire de la fin des temps. Pour l'Eglise des premiers siècles cette image-Ià remplissait l'attente des fidèles dont elle motivait l'attente. Qui sont ces homme et ces femmes ? Jean, le voyant, les dit hommes et femmes qui ont souffert le . martyre, "ils viennent de la grande épreuve." Comment ne pas évoquer aujourd'hui celui que la tradition de l'église adonné pour patron à ce lendemain de Noël, Etienne premier martyre pour la foi. Comment ne pas évoquer aujourd'hui encore ce massacre des innocents qui n'avait d'autre but que celui de garantir le trône d'Hérode et ces hommes et femmes innombrables dont nous ne saurons jamais le nombre que de la bouche de Dieu pour qui ils sont ceux et celles qui ont hérité de la couronne glorieuse.
A la lumière de ce texte et d'autres écrits dans ce style apocalyptique, on a dit, et il y a peu de temps de cela, que seuls seront admis à louer ceux qui auront souffert pour leur foi. Et d'évoquer, et d'espérer même les épreuves les plus dures, et d'envier les martyrs emprisonnés par les régimes totalitaires de toutes couleurs et de tous pays. .Non ce n'est pas ce qui nous est demandé. N'oublions pas que l'Apocalypse a été écrite en période de persécutions, qu'il fallait en ces temps difficiles redonner courage aux chrétiens, les armer pour qu'ils résistent à la tentation de renier leur baptême pour avoir la vie sauve. Le langage de l'Apocalypse est volontairement imagé pour accrocher l'attention, pour attirer l'adhésion et mobiliser celui qui entend la révélation. Mais aujourd'hui , rappelle à ceux qui rêvent d'une foi confortable que s'engager avec, s'engager pour le Christ peut nous confronter à des choix difficiles, la foi n'est pas de tout repos, beaucoup l'ont appris dans leur corps, dans leur chair. Je pense aux guerres de religion, celle de notre pays, dans les Cévennes ou ailleurs, celle de Madagascar où des centaines de chrétiens ont été massacrés avec une sauvagerie inouïe sur ordre de la reine. Mais je pense aussi à tous ces proscrits des pays de l'Est qui, à cause de leur foi n'ont pu se taire devant les exaction de toute nature et ont payé cher une prise de position au nom de l'Evangile. Mais le message de ce texte est ailleurs aussi, il nous dit avec une intensité remarquable que le Christ n'est pas resté petit enfant dans une crèche où nous le confinons si volontiers mais qu'il est le Messie, envoyé par Dieu pour unir tous ceux que des frontières, des barrières, des barbelés, des langages ou des habitudes de vie, séparent.
Espoir de vie, espoir d'unité, espoir de paix dans la louange ainsi sera accomplie la prophétie d'Esaïe: un enfant nous est né, un fils, nous est donné, la souveraineté est sur ses épaules: on proclame son nom: Merveilleux, Conseiller, Dieu fort, Père à jamais, Prince de la paix. Il aura une souveraineté étendue et une paix sans fin





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