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Apocalypse 5 v12-13b Jacques Gruber



Texte : Apocalypse 5/12-13b, puis 14b
Genre : Méditation
Auteur : Jacques GRUBER
Source : Brèves méditations — Courtes méditations rédigées sur les textes bibliques du « Messie » de Haendel et groupés dans l’ordre de l’année liturgique (pour la lecture personnelle, les cultes de groupes ou de communautés). Chez l’auteur, 1971 (p. 121-124).



« L'agneau qui a été immolé est digne de
recevoir la puissance, la richesse, la sagesse,
la force, l'honneur, la gloire, la louange...
A celui qui est assis sur le trône et à l'A-
gneau soient la louange, l'honneur, la gloire
et la force aux siècles des siècles ! »
(Apocalypse 5/12-13b)

L'Esprit de Dieu en nous est un esprit de reconnaissance. Celui qui nous sert à reconnaître que la force de Dieu s'exerce dans la faiblesse (2 Corinthiens 12/9), que l'Agneau qui se donne lui-même à la mort devient le maître de cette dernière et le libérateur de tous ceux qu'elle tient en son pouvoir. Reconnaître cela, c'est en même temps exprimer sa reconnaissance, sa gratitude à Dieu.

Nous nous targuons d'appeler « un chat, un chat », mais Dieu, nous n'osons plus l'appeler par son nom. Il faut vraiment une action bien puissante dans le cœur de l'homme pour qu'il apprenne le nom de Dieu et pour qu'il ait le courage de le confesser des lèvres et du cœur. Ce nom est Jésus-Christ, l'Agneau immolé et non le Héros tout puissant de l'humanité. En lui, Dieu consacre la puissance, la richesse, la sagesse, la force, l'honneur, la gloire, la louange, montrant combien nous nous étions trompés à son sujet.

Le Saint-Esprit est un esprit qui ne pousse pas seulement aux paroles, mais tout autant aux actes. La liturgie de l'Eglise n'est pas essentiellement sermons, rites et cérémonies, mais vies consacrées, vies données, à l'image du ministère terrestre du Christ. Alors, en vérité, nous rendons au Seigneur l'hommage qui lui est dû.



L'AMEN FINAL

« AMEN »
(Apocalypse 5/14b)

En hébreu, « amen » signifie : solide. Les Israélites avaient l'habitude de dire, après avoir prononcé une prière : Amen, « c'est solide ». La traduction : « ainsi soit-il », est une paraphrase sans nerf. Luther, dans sa confession de foi, dit : « C'est ce que je crois fermement » ; nous sommes plus proches de la vérité.

La création elle-même, qui « soupire et souffre les douleurs de l'enfantement » (enfantement du Royaume de Dieu, Romains 8/22), a sa manière de dire « Amen ». Elle le fait chaque année lorsque reviennent la saison des blés puis celle des vergers. Chaque année, les moissons qui parviennent à maturité, les récoltes qui portent leurs fruits nous disent : « La création est solide ». Malgré les tremblements de terre, les raz-de-marée, les sécheresses et les inondations, en dépit de la foudre et de la grêle, des invasions d'insectes, la création conserve ce signe et cette marque qu'elle est l'œuvre de Dieu : elle fructifie. Elle montre par là à nos esprits prosaïques, à nos cœurs endurcis, que Dieu fait du solide par sa Parole.

Et les animaux mettent bas leurs petits, régulièrement en leur saison, et l’homme voit naître les enfants de sa race, éprouvant la fidélité de Dieu à son égard. De tous, il est le seul à pouvoir prononcer ce que le reste de la création ne peut exprimer que par signes ou dans un langage inarticulé : AMEN !




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