|
|
Accueil |
Envoyer à un ami |
Version imprimable |
Augmenter la taille du texte |
Diminuer la taille du texte
Apocalypse 22 v 12-20 Didier Fievet
Texte : Apocalypse 22/12-20
Genre : Prédication Auteur : Didier FIEVET Source : Prédication pour le 27.05.2001, coordination nationale ERF "Edifier-Former". La Nouvelle Jérusalem frappe à la porte ! Que dis-je ? Elle est déjà là ! Voilée par un écran opaque. Mais déjà là. Totalement incompatible avec la réalité présente, sans continuité aucune, mais elle est déjà là ! Voilà, à grands traits, ce que nous dit Jean dans son Apocalypse : dévoilement du caché. Il arrive au dernier instant de sa prédication. Car vous avez bien compris que l'Apocalypse n'est pas un livre de prédiction, mais bien de prédication : non pas annoncer l'avenir, mais édifier un être croyant au sein de l'empire idolâtre. Comment croire au milieu de cet empire où le chef suprême, l'empereur se fait adorer comme un dieu ? Les chrétiens vont-ils fléchir le genou, se ranger dans l'ordre impérial ? Vont-ils devenir des résistants violents ? Ou des citoyens clandestins ? Comment croire, dans la collaboration, dans la semi-collaboration, dans l'opposition ouverte ? Aujourd'hui, comment croire ? En suivant la voie du progrès, scientifique, politique, éthique ? En épousant les cause nobles et justes ? En se retranchant du monde : je ne mange pas de ce pain-là ? En se réfugiant au fond des monastères ? En pourfendant le monde, en le diabolisant ? Toutes ces questions se posent à Rome. Toutes ces questions se posent à nous. Le royaume de Dieu sera-t-il l'aboutissement des progrès humains, ou bien le monde est-il perdu ? Les chrétiens sont-ils ceux qui doivent le sauver, ou doivent-ils s'en détacher et le regarder s'enfoncer dans sa perdition ? Il semble que, pour Jean, la réponse puisse tenir en ces quelques affirmations : - le monde promis est radicalement incompatible avec le monde actuel. En aucun cas, il n'en est le prolongement. - le monde promis est déjà réalisé, mais il est encore voilé à nos yeux. - le jugement est une bonne nouvelle parce qu'il est le lieu du dévoilement. La lecture du livre de l'Apocalypse est difficile. Littérature de crise, elle emploie un langage symbolique, codé, à usage interne. De sorte que les condamnations proférées ne doivent pas être comprises comme condamnations des personnes hors de la foi. La vision apocalyptique n'apporte aucun savoir sur le devenir des autres. Elle n'apporte qu'une certitude sur la mission de l'Eglise, sur la nature de son témoignage. Littérature de crise. Littérature de jugement. En grec, le jugement se dit crisis. Le jugement ouvre une porte, le lieu d'un choix : d'un coté, l'idolâtrie et de l'autre laver sa robe. Vous remarquerez, tout d'abord, qu'il est simplement dit : "Dehors, les chiens, les magiciens, les idolâtres... !". Ils n'ont pas leur place dans la nouvelle Jérusalem... La voudraient-ils ? Placer son espoir dans la cité nouvelle, cachée, donnée sans qu'on n'y soit pour rien... Est-ce que le monde a envie d'intégrer cette cité-là ? Le monde a envie de se glorifier lui-même de ses succès. Même si ces succès le conduisent à la perte. Le monde a envie d'y voir autant de challenges... Le monde n'a absolument pas envie de rallier un autre monde dont il ne pourrait lui-même s'attribuer les mérites... Le monde veut y arriver. Tout seul. Comme un grand ! Plutôt tomber seul que de marcher avec l'aide d'un autre. Tous ceux qui se réclament de l'ancien monde, du monde impérial, tous ceux qui ne jurent que par le progrès, intellectuel, économique, social ou religieux, tous ceux-là n'ont aucune envie d'intégrer le monde caché, mais déjà donné. Dehors ! Evidemment dehors, puisque tu ne veux pas entrer ! Vous remarquerez qu'il n'y a là ni malédictions ni promesses sombres ! Simplement, dehors ! Et puis vous remarquerez aussi combien, au contraire, il y a de promesses incitatives à entrer. Le jugement ne veut pas être un tri pour quelques élus. Il veut être l'occasion pour chacun d'entendre une vraie promesse. D'abandonner ses rêves non aux chimères de son propre faire, mais à la promesse de l'Agneau... C'est là toute la différence. Il ne s'agit pas d'abandonner toute idée d'amélioration de l'aujourd'hui. Il s'agit de ne pas l'entreprendre comme si c'était l'édification d'un nouveau royaume de Dieu. Le jugement dit non ! Un non total ! Un non salutaire ! Salutaire, car, quand les hommes rendent leurs combats sacrés, alors leurs guerres sont d'une infinie cruauté ! Voyez ce siècle, partout où il saigne ! Et l'hémorragie a été cataclysmique ! C'est toujours au nom d'idéaux, d'égalité pour certains, de pureté pour d'autres. Toujours au nom de valeurs absolutisées. Idolâtrées. Le jugement dit : non ! Ton combat d'aujourd'hui ne doit pas être celui d'une valeur. Ton combat d'aujourd'hui, c'est de témoigner d'une réalité au sein de la réalité, voilée, mais déjà présente : Dieu a déjà réconcilié l'humanité avec lui et avec elle-même. En Jésus-Christ, celui que l'Apocalypse appelle l'Agneau. Celui qui est porteur de la promesse. Ton vrai combat, aujourd'hui, c'est de résister contre toutes les idoles du temps : aussi bien celles du tout économique que celle du retour à une nature idéalisée. Et appelée pour le coup Création. Eh bien non, cette création-là est condamnée : c'est une nouvelle création qui est déjà-là qui doit prendre sa place... Vous comprenez bien qu'il s'agit d'une façon de parler. Vous comprenez bien que, dans l'Apocalypse, le temps et l'espace ne se donnent pas comme nous pouvons les comprendre. Le livre cherche à dire une réalité, hors de la réalité, et pourtant bien réelle ! Difficile, certes. Mais finalement, assez simple aussi. Quelque chose comme une invitation : abandonne-toi, ne serait-ce qu'un instant, à la promesse qu'un autre monde t'a déjà été donné. Refuse d'accorder crédit aux bruits de bottes, comme aux rumeurs de peur, comme aux déclarations triomphantes... Laisse-les, au moins pour un instant, être ce qu'ils sont : du bruit... Ferme-les yeux, et écoute la promesse de l'Evangile : un autre a tout vécu de ton humanité. La joie et la peur, la vie, la séparation, la trahison, l'amitié, la mort... Tout cela, il l'a vécu pour toi. C'était la même réalité que la tienne. Mais il l'a vécue autrement, toujours dans la confiance à son Dieu, son Père. Même au plus profond de l'abandon... Et sa parole est venue jusqu'à toi. Des milliers d'années après. Contre toute attente. Et sa parole demeure, vivante. Bien qu'il soit mort. Et tout cela, pour toi. Pour que tu n'aies plus peur d'être humain. Et tu dirais qu'il n'y a pas un nouveau monde déjà ouvert pour toi ? Un instant, au moins un instant, laisse le monde s'agiter. Regarde-le avec le même amour que Jésus. Regarde-le avec le même recul. Et alors, comme par une brèche, comme dans un instant de grâce, une fissure déchirera le voile opaque qui masque la nouvelle Jérusalem. Tu verras, rien qu'un instant, qu'elle est là. Et le monde d'aujourd'hui, ton monde, ne sera plus jamais le même ! Amen ! Lectures : Actes 7/55-60 Jean 17/20-26 Autres textes de la même catégorie
|
Inscription à la newsletter
|
Cultes contemporains
6e Dim. a. Pâques - Jean 14,15-19